Meurtre de l’ambulancier de Labé: le récit déchirant d’un témoin des faits...

Violences meurtrières à Labé
L'ambulance que conduisait maître AlDiouma
L'ambulance que conduisait maître AlDiouma

LABE-Dans quelles circonstances maître Aldiouma Diallo, l’ambulancier de l’hôpital régional de Labé a-t-il trouvé la mort ce jeudi 23 janvier ? Alors que le choc et l’indignation ne retombent après ce crime, ce vendredi nous avons interrogé un témoin qui était avec la victime au moment des faits. Mamadou Alpha Diallo, lui aussi molesté par des agents, est sous le choc. Il nous expliqué les circonstances dans lesquelles l’ambulancier est mort.

«Je profite d’abord de cette occasion pour présenter mes condoléances à la famille de l’ambulancier tué hier. Pour revenir aux faits, après la prière de 16 heures à la grande mosquée, le grand-imam nous a envoyé vers l’hôpital afin qu’on nous envoie le corbillard pour transporter le corps déposé à la mosquée vers la morgue. Nous avons constitué une délégation de quelques membres dont Chérif Haydara, le muezzin Sally Alpha Tounkara. Nous sommes arrivés à l’hôpital, ensuite nous avons transmis le message de l’imam. Ils ont appelé le chauffeur pour venir avec nous.

Nous sommes sortis avec le corbillard pour aller à la mosquée. Nous nous marchions à pied, le corbillard roulait derrière nous. La situation était tendue en ce moment. Quelques mètres après l’hôpital, il y avait des barricades érigées par les enfants. Nous leur avons  expliqué, ils ont enlevé les barricades pour nous, nous sommes passés. Après les barricades, nous avons continué. En avançant, nous avons croisé un véhicule d’agents de sécurité. Un peu devant nous avons rencontré d’autres agents. Ils ont avancé vers nous. Nous leur avons dit que nous partons chercher un corps à la mosquée, on ne jette pas de pierres, ni rien. Mais ils étaient très hargneux. Certains ont tapé le pare-brise. On leur a expliqué, mais ils n’écoutaient pas. Ils ont cogné le corbillard avant de s’en prendre à nous.

Au moment où nous tentions d’expliquer aux forces de l’ordre pour les raisonner, il y avait une pagaille indescriptible. Les coups venaient de partout à notre direction et à l’endroit du véhicule. Ils étaient sur leurs nerfs. Du coup les enfants ont commencé à envoyer les pierres contre les agents pour nous défendre. Finalement on était pris entre deux feux. Alors que les agents continuaient à nous agresser, les enfants aussi jetaient des pierres contre eux. De l’autre côté, des agents étaient en accrochage avec Sally Tounkara, membre de la délégation. Ils étaient agrippés sur lui.

Entretemps, nous tournons  la tête pour dire au chauffeur de faire reculer le corbillard un peu en arrière en attendant que le calme revienne, nous avons constaté l’absence du chauffeur au volant du véhicule. Du coup, on s’est posé la question. Aussitôt, nous le voyons allongé par terre. On s’est demandé qu’est-ce qui lui est arrivé. Un jeune qui était parmi nous a pris la  direction du véhicule pour tourner. Les agents ont reculé, nous avons mis le chauffeur dans le véhicule pour le conduire à l’hôpital. Quelques minutes après, on nous dit qu’il est décédé.

Mais réellement je n’ai pas pu voir qui a bastonné le chauffeur de l’ambulance. Quand j’ai tourné ma tête, je l’ai vu  par terre. En ce moment, je recevais des coups comme tout le monde. Imaginez que d’un côté, les agents te rouent de coups et de l’autre, des pierres sont jetées sur toi. Chacun cherche à se sauver. C’est quand nous avons de décidé d’enlever le véhicule du champ de bataille que nous constatons l’absence du chauffeur au volant. Mais  je ne sais pas réellement qui lui a donné le coup fatal », a expliqué ce compagnon de maitre Aldiouma.

Interrogées par Africaguinee.com, des sources hospitalières ont confié que l’ambulancier a reçu deux coups au niveau du front et à la nuque. Des coups qui lui ont été fatals.

 

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 24 janvier 2020 à 17:45

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