Les révélations de la fille de feu Kélèfa Sall : ‘’Depuis la mort de mon père…"

Interview
Khaité Sall, fille aînée de feu Kélèfa Sall
Khaité Sall, fille aînée de feu Kélèfa Sall

CONAKRY- C’est dans l’émoi  que la famille de Kelefa Sall, nous a ouvert ses portes. Plus de quatre mois après la disparition de l’ancien président de la cour constitutionnelle, sa fille ainée se confie à Africaguinee.com.

Dans cet entretien, Khaité Sall nous raconte les derniers moments vécus avec son défunt père et les souvenirs partagés avec lui. Au cours de cet aparté,  notre interlocutrice parle aussi de l’apport de certaines bonnes volontés et des difficultés auxquelles la famille est confrontée depuis le décès de leur père. Exclusif !

AFRICAGUINEE.COM : Votre père est devenu une icône dans la lutte pour la sauvegarde de la constitution en Guinée. Comment accueillez-vous cela ?

KHAITE SALL : Je suis très fière de lui et l’ensemble de ma famille aussi. Mon père a laissé un grand héritage pour nous, celui de l’honneur  et on le ressent partout où nous sommes.

Plus de quatre mois après sa disparition, il y a sûrement un vide qui pèse sur la famille. Comment le ressentez-vous ?

Au début, nous avions eu un support énorme et nous continuons à l’avoir. On suppose que les choses vont se normaliser un peu. Pour nous, il nous a quittés physiquement mais il demeure dans nos cœurs. Quand les gens nous regardent, ils nous encouragent à être plus forts. Tout ce que nous faisons dorénavant, c’est  pour l’honorer et de respecter le bon père qu’il a été pour nous et l’homme exemplaire qu’il était pour le pays.

De son vivant Kelefa Sall avait plusieurs courtisans et amis. Ces personnes continuent-elles toujours à venir rendre  visite à la famille ?

Oui quelque fois  (…), nous avons le support de la majorité du corps judiciaire. Ses amis personnels et ses collègues nous rende visite ou nous appelle. C’est quand-même réconfortant.

Est-ce que la famille bénéficie d’un quelconque soutien financier de la part du gouvernement guinéen depuis son décès ?

Financier, NON ! Mais psychologiquement ils étaient là. A titre personnels certains viennent par moment mais ça s’arrête là.

En lui, vous ressentez le papa ‘’poule’’ ou papa exigeant ?

C’est le juste milieu (…), il était trop de mèche avec sa famille, une fois dans la famille Sall il n’y a avait pas de distance entre lui et ses enfants. Tout le monde peut attester cela, il était ce père facile d’accès et surtout d’une humilité sans égal.

Nous avions appris que le salaire de votre papa avait été coupé  depuis avant son décès. Est-ce que vous confirmez cela ?

Avant son décès, je n’ai pas eu de discussion particulière avec lui concernant son salaire. Donc franchement je ne puis pas confirmer oui ou non si son salaire a été gelé. Ce que je sais pour le moment il y a un travail en cours d’exécution. Quelques-uns de ses amis nous ont quand-même avoué qu’il est censé recevoir un salaire et qu’ils sont en train de faire un effort pour qu’on le perçoive (…), mais jusqu’à nos jours nous n’avons rien reçu. Nous n’avons reçu aucun donc de la part des autorités.

Que-ce que vous avez à dire face à cet état de fait alors ?

Ils n’ont qu’à faire ce qui est juste, ce qui est légal et ce qui est normal. Mon père de son vivant a toujours valorisé l’intégrité, la morale et la justice. Donc à leur tour je leur demande d’honorer sa mémoire.

Par contre il se dit qu’à son décès, la famille a rejeté toute aide venant de l’Etat. Est-ce une vérité ?

Non, ce n’est pas vrai ! Par contre je voudrais que tous les guinéens respectent son combat. C’est pour le peuple de Guinée qu’il s’est battu pour la sauvegarde de la démocratie. Il faut qu’on suive les textes qui sont là puisque ce sont des textes qui sont bien rédigés. Je demande une fois de plus qu’il soit honoré.

Quels sont les derniers souvenirs que vous gardez de votre défunt père ?

Nous avons communiqué la veille de son décès, c’est-à-dire le vendredi au soir. Il m’a dit maman, puisque mon fils porte son nom,  qu’il était fier de ses filles. Je lui ai dit que c’était réciproque (…), c’était vraiment pour booster son moral. On disait qu’en dépit de tout ce qui s’est passé qu’on était fiers de lui. Il m’a répondu en disant qu’il n’a que des filles et qu’elles doivent être fières de porter le nom SALL. Nous lui rappelions mes sœurs et moi à chaque fois qu’on réussissait quelque chose on lui disait comment on était dignes de porter ce nom.

Le lendemain vous apprenez son décès. Comment l’aviez-vous ressentie ?

Tragique ! C’était vraiment un choc (…), à minuit tu parles avec quelqu’un et le lendemain à 08 heures on te dit qu’il est parti à jamais. C’est un choc terrible. Je n’y croyais pas. Mais ce qui me réconforte aujourd’hui, c’est de savoir qu’il a été droit et juste. Et de savoir que le peuple entier est derrière lui. Partout on parle de lui comme une icône et un agent vecteur du changement. C’est ce que j’ai voulu et Dieu merci !

Interview réalisée par

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 13

Créé le Mercredi 18 décembre 2019 à 10:18