Guinée : les risques de coup d’Etat contre Alpha Condé sont-ils réels ?

Affaire référendum Constitutionnel
Alpha Condé, Président de la République de Guinée et le Général Namory Traoré, chef d'Etat-major général des Armées
Alpha Condé, Président de la République de Guinée et le Général Namory Traoré, chef d'Etat-major général des Armées

CONAKRY-Engluée dans une crise liée au projet de changement constitutionnel voulu par Alpha Condé appuyé par son parti, la Guinée risque-t-elle de replonger dans une transition ? Les supputations vont train depuis la sortie du député Mohamed Lamine Kamissoko qui a ouvert la  boîte de pandore ce week-end. Cet élu du RPG arc-en-ciel a accusé les opposants au projet de nouvelle Constitution d’être animés par des velléités subversives. Il prétend que le FNDC serait  en collusion avec un groupe de militaires pour renverser Alpha Condé dont le second et dernier mandat finit en décembre 2020, selon l’actuelle Constitution. La stratégie selon ce parlementaire viserait à créer un climat de chao dans le pays pour pousser l’armée à opérer un coup d’Etat.

Interrogé ce mardi 18 juin 2019 par Africaguinee.com, M. Kamissoko s’est dédit en niant avoir parlé de coup d’Etat. Alors que sa sortie au siège du RPG a suscité un grand tollé, il indique que ses propos auraient été déformés.

 « Je n’ai pas prononcé le mot coup d’Etat. Par contre j’ai dit que les gens qui incitent, qui créent des structures du Front National sur toute l’étendue du territoire et qui demandent à leurs partisans de se soulever un jour, mais se soulever contre qui ? Contre un pouvoir? Se soulever contre un pouvoir à cause d’un problème de démocratie ou tu as la possibilité de dire oui ou non  à travers un référendum est antidémocratique. Ce qui s’est passé à N’zérékoré tout récemment, ça vaut le coup d’un problème de référendum ? Mais les gens diabolisent les déclarations des gens. Or, ce qu’ils disent et ce qu’ils font en longueur de journée est purement et simplement de la subversion. Mais le pouvoir actuel donne l’occasion à chacun de s’exprimer, de dire ce qu’il veut sinon au nom de Dieu ce que les gens font, fouillez partout en Afrique vous ne trouverez jamais des comportements de ce genre. Mais trop c’est trop. On ne peut pas tout le temps mettre les gens dans la rue et les tuer pour rien. Ce qu’ils sont en train de faire c’est une violation flagrante des dispositions de la démocratie », hurle le député Mohamed Lamine Kamissoko.

Ce député du parti au pouvoir lance un défi au front.  « Ce que nous demandons, si le front national est sûr de sa popularité, ses membres n’ont qu’à attendre le jour du référendum pour aller voter contre et si c’est le NON gagne il n’y aura pas de changement de constitution. Mais que chacun se conforme à cela  parce que ce n’est pas un crime », a-t-il lancé, avant de titiller le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo.

 « Pour quelqu’un qui veut diriger ce pays-là demain et qui dit que l’armée guinéenne n’a qu’à prendre l’exemple sur l’armée algérienne et soudanaise, qu’est-ce que tout ça veut dire ? Sachez que le pays-là est notre propriété commune. Si les gens s’acharnent à cultiver les germes de la violence par-ci et par-là en pensant qu’ils vont s’en sortir quand il y a aura la violence, nul ne sait où ça s’arrête », a-t-il averti.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 18 juin 2019 à 18:21