Laurent Simon : "J’ai vu des immigrés payés à 150 euros par mois en Occident…"

Immigration clandestine
Laurent Simon, ambassadeur de Plan International qui fait le tour du monde à vélo
Laurent Simon, ambassadeur de Plan International qui fait le tour du monde à vélo

NZEREKORE-Laurent Simon est un français de 43 ans qui veut faire le tour du monde à vélo pour récolter selon lui des fonds afin d’offrir notamment des fournitures scolaires aux enfants des pays qu’il traverse. Ambassadeur de Plan International, il a commencé sa tournée depuis mai 2012 à Vancouver au Canada.

Arrivé à Nzérékoré sur vélo ce lundi 27 mai 2019, Laurent a fait des témoignages pathétiques sur la vie des immigrés clandestins vivant en occident. Pour lui, mieux vaut vivre pauvre en Guinée avec sa famille que de  vivre au nord dans l’esclavage.

« On vous fait miroiter que l’Europe c’est l’eldorado, que l’Amérique c’est l’eldorado, c’est faux. Peut-être que c’est 1 sur 1000 qui va réussir parce qu’il a rencontré la bonne personne. En plus il y a combien qui sont morts en traversant la méditerranée ? Il y en a combien qui sont morts sur les côtes de d’Afrique pour rejoindre les îles ? Moi j’ai vu le corps d’un africain sur les côtes parce que je vis près de la mer face à l’Angleterre », témoigne Laurent Simon.

Il ajoute que plusieurs immigrés vivent du quotidien. Ils sont mal payés et passent toute leur vie à souffrir avec le statut de sans-papiers. Ce qui fait que certains ne se retournent plus au pays, témoigne-t-il.

‘’J’ai rencontré des immigrés qui venaient de Népalo pour travailler au Portugal dans des plantations. Vous savez combien ils gagnent ? 150 euros par mois. Ils travaillent 12 heures par jour. Je leur ai demandé ça fait combien de temps vous n’avez pas vu votre famille, ils me répondent 4 ans. Et si tu leur demandes : vous ferez encore combien de temps sans les revoir ? Certains te répondent : peut-être je ne les révérai plus parce qu’on a retiré leurs passeports, leurs papiers...Vivre la haut comme des esclaves, ça ne sert à rien. Moi je préfère être pauvre ici en Guinée et vivre heureux avec ma famille’’, dira-t-il, lançant ensuite un appel à tous les candidats à l’immigration clandestine.

Selon lui, la chance est très petite pour un immigré clandestin de survivre en occident. « Ce que je vais dire à tous ceux qui veulent migrer vers le nord, dites au-revoir à vos pères et mères, regardez-les bien dans les yeux avant de partir parce que peut-être vous ne les révérez plus jamais », a averti l’ambassadeur de Plan international.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré

Tél: (00224) 628 80 17 43

Créé le Jeudi 30 mai 2019 à 8:15