L’histoire tragique de Aissatou Barry morte dans les eaux au Maroc…

Immigration clandestine vers l'Europe
Feue Aissatou Bobo Barry
Feue Aissatou Bobo Barry

Décrite par ses proches comme une femme battante pleine d’énergie, Aissatou Bobo Barry a connu un sort pathétique. Cette mère de deux enfants a laissé les siens il y a cinq  mois dans le but de rejoindre l’Europe, via le Maroc. Mais elle a croisé le destin loin de sa famille qu’elle chérissait et voulant tant aider. Son histoire sort de l’ordinaire.

Aissatou Bobo Barry, 35 ans, est mariée et mère de 2 enfants. Elle résidait à Matoto. Cette femme se débrouillait pourtant pas mal en Guinée et supportait les charges de sa famille. Mais elle a été tentée par l’aventure laissant derrière son mari et ses deux enfants, sans penser qu’elle allait croiser son destin loin des siens. Sa famille restée à Conakry est inconsolable. Entourée par des parents, amis et connaissance venus la réconforter au domicile familial à Matoto, Mme Fatoumata Lamarana Diallo, mère de la victime parle avec beaucoup d’émotions de sa fille.

« Ça fait au moins 5 mois depuis qu’elle est partie au Maroc. Elle était mariée et mère de deux enfants. Elhadj Amadou, 12 ans fait la 6ème année, sa sœur Kadiatou Diallo est âgée de 10 ans. Son mari est en service dans la préfecture de Gaoual. Ma fille Aissatou Bobo Barry m’avait dit qu’elle partait chez les blancs, c’est avec ce motif qu’elle a quitté le pays il y a  5 mois maintenant. Je ne pouvais pas imaginer que c’est pour mourir. Elle partait pour mieux aider la famille encore comme elle l’a toujours fait. Chaque fois on parlait, elle me rassurait, c’est subitement que nous avons eu la nouvelle de sa mort. Elle a quitté ici avec ses propres moyens  parce que c’est une dame brave, elle faisait le commerce  à Madina,  parfois elle faisait la navette entre Conakry et Dakar pour fructifier son commerce. Elle avait le courage de vivre de son effort. La nouvelle de son décès laisse la famille dans une situation d’incertitude. Nous sommes frappés de plein fouet par cette triste réalité. C’estun pilier de la famille qui s’effondre », a relaté la mère de la victime Fatoumata Lamarana Diallo avant de fondre en larmes.

A.M.D, frère cousin de la victime Aissatou Bobo témoigne qu’il était informé du projet de voyage de sa cousine qui a quitté  la famille avec une autre sœur qui est déjà arrivée depuis le mois de Mars en Europe. Il raconte : «  Je savais que ma cousine Aissatou Bobo partait, elle a quitté la Guinée le 19 novembre 2018, elle était en compagnie de ma jeune sœur de lait Kadiatou Diallo jusqu’au Maroc. Mais ma sœur a réussi à atteindre les côtes européennes depuis le mois de Mars 2019. Celle qui est décédée est restée au Maroc dans l’espoir de toujours partir aussi. A chaque fois on parlait, elle me disait cousin,  le moment n’est pas propice à voyager d’abord, il y a trop de contrôle et de surveillance au niveau des eaux marocaines, la police reste vigilante. Elle m’avait dit qu’elle avait tenté une première fois avec un groupe, elle fut arrêtée par la garde côtes avec d’autres compagnons. Ils ont été abandonnés quelques part dans le désert marocain, elle est  repartie encore vers les lieux de l’embarcation. Cela est arrivé il y a un peu plus d’un mois. La dernière conversation entre elle et moi fera bientôt un mois, c’était le 29 Avril dernier, mais elle continuait à parler avec la famille. Je la voyais en ligne finalement j’évitais de parler avec elle sachant qu’elle est toujours bloquée de peur de créer de l’émotion à son niveau. C’est comme si je n’avais plus de mots pour la réconforter », a expliqué A.M.D avant de revenir sur les circonstances dans lesquelles la famille a reçu la triste nouvelle.

« C’est juste avant-hier mercredi soir aux environs de 21 heures qu’un frère m’a annoncé la nouvelle. J’ai cherché à savoir c’est par le biais de qui la nouvelle est tombée. En fait c’était le passeur qui est du même quartier que nous ici. Le passeur est au Maroc, c’est de là-bas il a passé le message à certains contacts du quartier jusqu’à ce que la nouvelle parvienne à la famille. J’ai trouvé le contact du passeur pour le joindre. Bref pour revenir sur les circonstances de la mort d’Aissatou Bobo, le passeur m’a dit qu’elle est morte dans les eaux, qu’elle s’est embarquée avec un groupe. Selon lui, c’était dans la zone espagnole qu’ils ont perdu le contrôle de la pirogue. Il a dit que ce n’était pas une noyade mais les 3 filles sont mortes dans la pirogue »,  a confié le jeune A.M.D.

 

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

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Créé le Vendredi 24 mai 2019 à 13:49