Le veuf de Ramatoulaye témoigne : « ce que ma femme m’a dit la veille de son assassinat… »

Assassinat de Ramatoulaye à Boffa

BOFFA- C’est un veuf complètement éprouvé par l’assassinat de sa femme Ramatoulaye Diallo à Boffa qui est arrivé en Guinée. La jeune élève de 17 ans a été assassinée dans des circonstances qui n’ont pas encore fini d’être élucidées.  Son mari, Abdoul Aziz Diallo, âgé de 35 ans, a encore du mal à croire en la triste nouvelle. Frappé par l’émotion, il se souvient des derniers mots échangés avec son épouse. Le veuf se remet difficilement de ce choc. Il demande que toute la lumière soit faite sur le meurtre de sa femme. Il s’est confié en toute exclusivité à Africaguinee.com.

 

AFRICAGUINEE.COM :Vous êtes le veuf de la jeune Ramatoulaye Diallo tuée le 26 Avril à Koba dans Boffa. Dites-nous comment avez-vous accueilli la nouvelle de l’assassinat de votre femme qui vous attendait déjà ?

ABDOUL AZIZ DIALLO : Dans ma vie, je ne peux pas avoir un fait aussi triste que l’annonce de la mort soudaine de ma femme. J’ai passé des heures sans même croire, mais la réalité reste la réalité quoiqu’il arrive. Il y a juste un an depuis que nous sommes mariés. Quand j’ai appris que la femme de ma vie est décédée alors qu’elle n’attendait que moi, ça été un choc dur pour moi. Je ne pouvais jamais imaginer que cela pouvait arriver de cette façon brutale.

A quand remonte la dernière conversation avec votre femme ?

Je pense bien que c’est à la veille de son assassinat que nous avons communiqué pour la dernière fois. C’était le jeudi 25 Avril 2019, nous avions parlé le soir. Le vendredi (jour de son assassinat, Ndlr) nous n’avons pas échangé. C’est le samedi matin qu’on m’a annoncé la triste nouvelle. Comme personne ne connait le secret de Dieu, nous n’avons pas su que c’était notre dernier entretien. 

Vous rappelez-vous des derniers mots que vous avez échangés avec elle ?

Bon, (sanglot !!!), je lui avais demandé l’état d’avancement de ses cours à l’école. Ensuite je lui ai demandé de se préparer très bien parce que je suis dans les préparatifs du voyage. J’ai chahuté en disant : « à mon arrivée nous serons ensemble en classe, parce que nous n’allons pas nous séparer ». De son côté, ses derniers mots à mon endroit retentissent encore dans mes oreilles, c’est comme si elle venait de prononcer les mots. Avant que je ne raccroche le téléphone, elle m’avait dit : « je t’aime chéri, je t’attends avec toute la joie du monde ». Elle m’appelait chéri, bébé d’amour, parfois même frère, elle m’a toujours vouvoyé. Si je pense trop à ça, je ne me contrôle pas. Tous nos échanges me reviennent à l’esprit y compris le projet que j’avais pour notre petite famille qu’on devrait fonder. Parfois même je m’interroge si c’est vrai que Rama est partie. Je vous dit j’ai eu du mal et j’ai encore du mal à croire en cette triste nouvelle. 

Vous aviez eu l’occasion de rencontrer votre femme avant le mariage ?

J’ai connu Rama avant notre mariage. J’étais venu la voir avant de retourner, mais le mariage a eu lieu en mon absence. On avait fait tout le nécessaire, c’est juste le mariage qui restait à célébrer. Quelques mois après mon retour en Europe, les parents m’ont annoncé que le mariage doit être célébré maintenant. J’ai demandé à ce qu’on attende mon retour au pays, ils ont insisté finalement j’ai accepté, le mariage a été célébré. Nous sommes le 10 Mai aujourd’hui, j’avais promis de venir le 12 Mai 2019 pour passer un moment avec ma femme. Mais le destin en a décidé autrement, c’est pourquoi j’ai précipité mon voyage. Donc c’est pour vous dire que rencontrer ma femme était capital, ce n’est pas à cause de son décès que je suis venu, le programme était planifié dans ce sens. C’est à cause du décès que je suis venu avant le 12 mai 2019.

Que comptez-vous faire après à présent ? 

J’accepte la volonté de Dieu pour ce qui est du décès de ma femme, parce que nous sommes tous mortels et nous attendons tous notre jour. Mais je demande l’action publique du côté judiciaire pour faire toute lumière dans cette affaire. Un procès de taille doit se tenir pour rétablir les innocents et condamner les auteurs de l’acte. Sinon un crime de ce genre pourrait être commis encore ailleurs faute de justice. Les mêmes auteurs pourront commettre un autre crime s’ils ne sont pas sanctionnés. Je me console pour la disparition de ma femme à cause de Dieu et de son prophète. C’est Dieu qui m’a donné cette femme et c’est lui qui me l’a retirée, la volonté de Dieu se fera quoiqu’il arrive. Mais au-delà de ça, il faut que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur contre les auteurs conformément aux peines prévues pour un assassinat. Je me lèverai pour la justice jusqu’au bout.  

Quel est votre dernier message ?

Je remercie tout le monde de m’avoir remonté moralement en partageant cette douleur avec moi en cette période difficile que je traverse avec la famille. Que chacun pardonne la défunte de son côté. Je prie le bon Dieu de faire en sorte que l’insécurité cesse en Guinée, que la justice soit un recours crédible afin que les guinéens puissent lever la tête partout dans le monde. Regardez aujourd’hui notre Guinée, nous devons avoir une bonne position.

Je suis vraiment affecté par cette mauvaise nouvelle, qu’on n’accuse personne mais la justice doit agir dans le bon sens avec toute la responsabilité. Ce n’est pas pour ma femme uniquement que je demande justice, c’est plutôt pour éviter qu’il y ait d’autres victimes un autre jour. 

 

Interview réalisée par Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 664 93 45 45

Créé le Dimanche 19 mai 2019 à 17:16

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