Troubles à Fria: un bilan très lourd...

Manifestation à Fria
Violences à Fria
Violences à Fria

FRIA- Des véhicules incendiés, des pneus brûlés sur la chaussée, des rues désertes… une dizaine de blessés dont un par balle, des femmes bastonnées mais plus que jamais déterminées, Fria présente l’image d’une ville fantôme au lendemain des troubles qui l’ont secoué la nuit dernière. Cette petite ville industrielle est paralysée depuis  le lundi 13 mai par un soulèvement de femmes contre l’autorité préfectorale.

Des femmes qui réclament le départ sans condition de la première responsable de la préfecture, madame Nialen Condé ont été violemment dispersées par les forces de l’ordre alors qu’elles avaient assiégé la préfecture. Ces femmes ont été délogées de force, entraînant des heurts nocturnes partout dans la ville. Ce matin, un calme précaire règne dans la cité mais les tensions sont encore perceptibles.

« La situation est toujours tendue. Il n’y a pas eu de violences ce matin mais la circulation est perturbée, les commerces sont fermés. Je ne sais pas s’il y a eu des blessés ou des interpellations, mais je sais que la nuit dernière c’était vraiment chaud entre les jeunes et les forces de l’ordre. La pagaille était totale, les rues sont jonchées de débris,  traces des violences survenues la nuit dernière. Nous ne savons pas  ce qui va arriver après, mais les tensions sont encore perceptibles dans la ville » a confié Alpha Ibrahima Diallo, un habitant du quartier plateau.

Interrogé, le maire Lansana Boffa Camara a décrit une situation triste ce matin à Fria : « le calme est revenu momentanément mais c’est une situation très triste qui prévaut sur le terrain, les dégâts sont énormes ici à travers la ville. L’artère qui part de la mairie à la gare routière est jonchée de pierres, de pneus brulés et d’épaves de véhicules. Du côté de Sabendè aussi tout est barricadé,  ça c’est suite aux affrontements de la nuit dernière. Nous avions demandé à ce qu’on n’envoie pas les forces de l’ordre afin qu’on règle ici le problème de manière pacifique, ils n’ont pas écouté. Et  voilà ce que ça a donné », a regretté le maire de Fria.

Madame le préfet Nialen Condé qui est au centre de cette crise n’a pas voulu répondre à nos questions, en dépit de notre insistance.

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 664 93 45 45

Créé le Mercredi 15 mai 2019 à 19:54

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