Kankan : Alpha Condé a-t-il trahi ses promesses de campagne ?

Echo de nos régions
Alpha Condé, Président de la République de Guinée lors d'une visite à Kankan
Alpha Condé, Président de la République de Guinée lors d'une visite à Kankan

KANKAN- Le Président Alpha Condé a-t-il trahi ses promesses de campagne dans son principal bastion, Kankan la deuxième ville du pays ? Rien n’est moins sûr !

En effet, depuis plus d’un mois la population de Nabaya majoritairement favorable au pouvoir en place  est confrontée à un manque criard d’électricité et d’eau. Plusieurs quartiers de la commune urbaine sont privés de ces deux denrées. Les rares secteurs qui bénéficient de la desserte sont victimes des coupures intempestives  qui leur causent d’énormes dégâts.

Des militants même du RPG-arc-en ciel reconnaissent cette réalité et cris au secours. Amara Camara un jeune partisan du parti au pouvoir résidant au quartier Bordeaux entouré de ses amis au tour du thé précise qu’il est du RPG tous comme ses collègues mais la vérité est qu’ils n’ont ni courant ni eau.

« Le courant ne vient généralement pas. Si on bénéficie un jour, les trois jours suivants, nous ne voyons rien. Pourtant les citoyens ont des congélateurs pour rafraichir l’eau  qu’ils trouvent difficilement d’ailleurs pendant cette période de chaleur. La souffrance totale », se désole un citoyen de la ville.

Ce n’est pas tout. L’autre calvaire des populations de Kakan, c’est le manque d’eau. « Il n’y a pas d’eau surtout ici à Bordeaux. Il n’y a pas de forages, il n’y a presque pas de puits… » se plaint Amara Camara.

Aly Touré Agronome explique les mêmes difficultés et demande aux  autorités d’augmenter la puissance pour donner le courant à la population de façon pérenne. Pour sa part Mamady Koulibaly étudiant en linguistique à l’Université  de Kankan  nous fait un témoignage sur les dégâts causés par le courant dans sont quartier (Sogbe) à cause des coupures intempestives.

« Les coupures de courant nous fatiguent ici. L’autre fois, il y a eu une rupture qui a occasionné beaucoup de dégâts matériels. Chez  nous, dans la semaine on a le courant deux  fois et si  ça vient à 19 H, il s’en va à 20 H, franchement les va-et-vient nous fatiguent », déplore le jeune étudiant.

Même son de cloche chez Bangaly Diawara résidant à Mbalia. Il témoigne que le courant ne vient que deux fois par semaine dans son quartier, alors qu’au quartier Missira certains secteurs ne reçoivent pas du tout ce courant instable. Les agents de l’EDG ne fréquentent pas les lieux, confie Saidou Keita « Le mois passé on a reçu le courant normalement que 4 fois et depuis jusqu’présent le courant ne vient pas, même un signal », dit-il.

Pour lui, depuis qu’il y a eu un changement au niveau de la direction d’EDG de Kankan, la situation ne fait qu’empirer.

La commune urbaine de Kankan n’est la seule à être confrontée à ce déficit d’eau et d’’ectricité dans la région. Les villes de Kouroussa, Kerouané et surtout  Mandiana où des militants étaient récemment dans la rue pour faire la promotion du 3ème  mandat font face au même problème, voire pire.

Dans le Wassoulou, la population se ravitaille actuellement dans le fleuve Sankarani à travers des tricycles sous le chaud soleil, une eau qui est impropre à la consommation.  

A rappeler que lors de la dernière visite du président en décembre 2018 dans la région,  des militants du RPG avaient crié haut et fort « EDG-Zéro », en signe de protestation contre le manque de courant. Mais depuis la situation ne fait qu’empirer.

A propos de la crise actuelle, les responsables d’Edg ne se sont pas prêtés  à nos questions.

De Kankan, Amadou Oury Souaré

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 656 44 26 28

Créé le Vendredi 19 avril 2019 à 10:54