Thierno Mamadou, "roi du Podha" : "Les artistes peulhs ne sont pas encadrés…"

Interview
L'artiste Thierno Mamadou Bah, roi du Pôdha
L'artiste Thierno Mamadou Bah, roi du Pôdha

CONAKRY- Il a révolutionné la musique pastorale guinéenne ces dernières années à travers un genre envoûtant. L’artiste Thierno Mamadou Bah  connu sous le nom de Thierno Mamadou fait  danser la jeunesse guinéenne à travers le ‘’Podha’’.  Ce jeune chanteur qui s’est confié à notre rédaction fait des révélations sur ses débuts dans la musique en 2003 dans la  préfecture de Dalada.

Musicien et compositeur, ce passionné  du piano qui vient de sortir son deuxième album en  ce début du mois de février raconte son parcours, ses difficultés, dans  cette interview accordée à une journaliste d’Africaguinee.com.

AFRICAGUINEE.COM : Qu’est-ce qui vous a poussé à chanter ?

THIERNO MAMADOU BAH : Je n’ai pas hérité la musique,  c’est le plaisir. J’ai aimé la musique à cause des artistes feu Saidou Sow et Mic Paraya. Au début ce n’était pas facile, avant j’étais avec un groupe dont le chef est Amadou Djouldé qui jouait vers Dalaba à Kankalabè. J’ai vu comment il jouait et chantait. Mon souhait était de jouer le piano. Il m’a appris à jouer du piano et chanter en même temps pendant 5 ans. C’était vers 2003-2004.

Quels sont les messages que vous véhiculez dans vos chansons ?

Je suis déjà le rénovateur du Podha crée par Mic Paraya.  C’était le seul artiste qui jouait avec le rythme du piano. Je suis  venu renouveler cela à travers mes chansons. Il y a beaucoup de messages  que je véhicule et surtout  ma musique parle de la vie actuelle des jeunes. La jeunesse si tu ne chantes pas l’amour difficilement ils vont écouter. 

Parlez-nous de vos moments de Succès  dans votre carrière musicale ?

Avant la sortie de mon premier  album en 2012, j’ai fait des singles enregistrés en concert  au Foutah et au Sénégal.   Ils ont lancé cela  sur les réseaux sociaux, dans les téléphones beaucoup se demandaient parce qu’ils ne connaissaient pas qui je suis il n’y avait pas d’image. C’est en ce moment que Mic Paraya  m’a pris à Labé pour m’envoyer à Conakry. Il m’a mis en contact avec des producteurs qui m’ont produit le premier Album intitulé ‘’ Saindaye Ko Sedataa’’  le 16 novembre 2012 au palais du peuple.  Depuis lors c’est le succès.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la musique ?

Lorsque j’étais  avec mon premier maitre Amadou Djouldé, même quand tu es le plus intelligent de tous les musiciens il y avait  la haine. Je les avais trouvés là-bas et appris à jouer le Piano mieux qu’eux. Partout on partait c’est moi qui jouais  et  les musiciens étaient jaloux. En ce temps nous n’avions pas de moyens de déplacements, nous transportons nos instruments sur la tête et marchons plus de 15 à 20 kilomètres pour aller jouer à notre concert. Tout ce qui est lourd, c’est moi qui prenais puisque j’étais le plus détesté et j’ai accepté. Malgré tout,  mon Maitre me dit Thierno ce n’est pas facile  et prend courage. J’ai supporté assez de difficultés, on marchait c’était vers  2006-2007.  Un jour on partageait de l’argent, nous les apprentis nous étions au nombre de 5. Mon maitre a mis l’argent  en 4 parties et a pris le piano et déposé à part.  Mes amis apprentis ont pris l’argent moi je suis allé prendre le piano.  C’était pour voir entre nous qui est venu juste pour l’argent et qui était venu pour apprendre le métier. Mon maitre a dit celui qui est venu chercher son métier il l’aura. Depuis lors, il m’obligeait de faire la répétition.  Quand on finit de jouer au concert à 3 heures ou 4 heures du matin il me donne le clavier pour apprendre jusqu’à 7 heures.  Aujourd’hui, il n’y a pas un pianiste en Guinée qui va m’effrayer  sauf mon maitre Silan Koutchi.

Pourquoi les jeunes s’intéressent au Podha?

Avant la  musique Hali-poular n’était pas consommée alors que notre culture est riche. On s’est dit pourquoi ne pas  valoriser cela. Les  artistes peulhs ne sont pas encadrés. Ils n’acceptent pas d’être encadrés. Mais quand  tu veux évoluer dans la musique il faut être structuré. C’est pourquoi je suis avec ma Maison de production dénommée Cherif production pour que je puisse atteindre le sommet.

Quelles sont vos projets pour la culture guinéenne ?

Mon projet c’est d’amener la culture guinéenne à l’international. La musique guinéenne  n’est pas trop consommée à l’étranger. C’est pourquoi je me bats et je vais continuer à me battre pour atteindre cet objectif.

Parlez-nous de votre nouvel album qui sortira le 10 février 2019?

Depuis 2012 je n’ai pas sortie d’album. C’est juste des singles mais je suis en train de perdre parce que quand les gens écoutent juste  mes singles, ça ne m’arrange pas. Je me suis dit qu’il faut  que je fasse un album digne de nom. La qualité du deuxième album est extraordinaire, les musiciens qui ont joués, les Youssouf Dioubaté, les Saidou Gouba, c’est formidable. L’album est composé de 15 titres et n’y a pas d’artistes peulh de notre génération qui a fait cela. Tous se limitent à 10 titres.  C’est pour montrer que c’est le travail qui paye et l’album là va m’amener loin.

Pourquoi cet album est intitulé Faalé ?

Faalé veut dire  désire. Tout ce que Dieu ta destinée forcement tu l’auras. Ne sois pas jaloux de quelqu’un parce qu’il a une villa ou une voiture. Reste toi-même parce que le destin est inévitable.

Interview  réalisée par  Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

Tél : (00224) 655 31 11 14

Créé le Dimanche 17 Février 2019 à 9:09

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