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Abdoul Diallo, parrain de Mohamed Barrak : « ce que les autorités britanniques ont fait… »

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Diapora
Abdoul Diallo, parrain de Mohamed Barrak Diallo
Abdoul Diallo, parrain de Mohamed Barrak Diallo

LEEDS- L’histoire du petit Mohamed Barrak Diallo, 6 ans est toute singulière ! Parti en vacances à Bruxelles l’enfant d’origine guinéenne a été empêché  de rentrer à Leeds retrouver sa maman sous prétexte que son passeport britannique a été révoqué. Son parrain, Abdoul Diallo, chez lequel était en vacances revient dans cet entretien  sur cette affaire. Lisez !

AFRICAGUINEE.COM : Mohamed Barrack Diallo, un enfant de six ans que vous avez accueilli en vacances chez vous à Bruxelles a été empêché de rentrer en Angleterre par les autorités britanniques  sous prétexte que son passeport a été révoqué. Dites-nous comment avez-vous vécu ces moments avec le jeune garçon ?

ABDOUL DIALLO : C’était assez compliqué pour nous parce que l’enfant est britannique, il le restera. La question ne se posait même pas pour qu’il puisse rentrer en Angleterre. J’ai été abasourdi à l’aéroport lorsqu’on m’a dit, après avoir passé tout le contrôle de police, qu’il ne peut pas monter à bord de l’avion. Pendant deux semaines, c’était le stress total. On passait d’autorité à autorité, ambassade, coup de fil entre députés, avec le ministre des questions au parlement britannique par rapport au petit.

Mais finalement Dieu nous aidé. Le Gouvernement britannique était obligé de vite réagir parce qu’il s’agissait surtout de la violation des droits fondamentaux d’un enfant. Ce qui est en contraction avec les conventions internationales auxquelles la Grande Bretagne a souscrit. Ils ont fait une grosse gaffe, mais ils ont été prompts aussi à rétablir la situation.

Avant son départ en Angleterre, est-ce que vous étiez informés d’une histoire comme quoi que sa nationalité représentait un souci ?

Non ! C’était du pipeau. C’est une ligne de défense du Gouvernement Britannique parce qu’ils savaient qu’ils ont fait une grosse faute en violant les droits d’un enfant, ils n’ont pas respecté les conventions internationales, ils ont violé la charte européenne des droits de l’homme qu’ils ont signé. Donc, il leur fallait trouver un angle de défense. La notification n’a jamais été faite. Parce que si elle avait faite, imaginez, si vous êtes signalés par les autorités d’un pays, mais dès que vous arrivé à l’aéroport, on vous arrête ou on vous le notifie. Comment est-ce qu’un enfant peut sortir de la Grande Bretagne si son passeport a été révoqué et qu’il rentre en France si son passeport est révoqué ? Si l’information avait été communiquée, il n’aurait pas pu sortir. Donc s’il a pu sortir, c’est le passeport n’avait pas été révoqué au moment de sa sortie.

 Par conséquent, la maman n’était pas au courant.  Imaginez-vous une mère qui savait que le passeport de son enfant a été révoqué, elle veut protéger sa vie privée, elle n’aurait jamais pris un risque pour faire sortir son enfant. Vous savez, nous les guinéens, on est des gens pudiques, ce qui se passe en famille ça reste en famille, ce n’est pas pour l’espace public. Donc, c’était juste un angle de défense des autorités britanniques. Sa maman n’était pas au courant. On a su il y a à peine deux semaines.

Dites-nous comment l’enfant a vécu ces moments lorsqu’il a été refoulé à l’aéroport ?

Imaginez-vous un enfant de six ans qui parle à peine, qui arrive…c’était violent pour l’enfant. On lui a fait de la violence gratuite. Mais mentalement, il est très fort. Il a su résister à la tempête.

Après cet épisode, ce lundi 10 septembre 18 vous êtes rentrés avec l’enfant en Angleterre. Il s’est vu  avec sa maman, parlez-nous en !

Ça s’est très bien passé. Il était très content. La première chose, c’était évidemment de sauter dans les bras de sa maman dès qu’on est sorti de l’aéroport de Manchester. J’ai 39 ans, mais même à cet âge quand je vois ma maman, je saute (rires). Donc imaginez-vous un enfant de six ans qui revoit sa maman.

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Mardi 11 septembre 2018 à 20:57

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