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France: Mélenchon tacle Macron, le croise et n'assume pas...

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Monde
Jean-Luc Mélenchon et le président Macron à Marseille
Jean-Luc Mélenchon et le président Macron à Marseille

Juste après un dîner avec la chancelière Angela Merkel non loin de là, le chef de l'État a décidé à l'improviste de sortir pour un bain de foule, à la plus grande joie des passants qui se pressaient autour de lui dans une atmosphère bon enfant. Multipliant les selfies, au milieu des cris de «Macron» ou «Manu» enthousiastes, il a argumenté une dizaine de minutes avec un jeune homme qui accusait les politiques de carriérisme et lui demandait de s'expliquer sur l'affaire Benalla.

«Moi je gagnais beaucoup mieux ma vie avant. Je ne le fais pas pour moi, président, mais parce que je crois dans mon pays». «Si je pensais avant tout à ma carrière je n'aurais pas fait ce que j'ai fait. Ce n'est pas le meilleur moyen de protéger ma famille, de mettre de l'argent de côté, de vivre tranquille et d'être considéré (...)», a répondu Emmanuel Macron. Pour défendre les politiques, il a cité en exemple son adversaire de la France Insoumise.

 

Benalla «n'a pas été protégé»

«Je ne partage pas les idées de Jean-Luc Mélenchon, mais il croit dans ce qu'il dit, il ne fait pas sa carrière. Il serait beaucoup plus tranquille s'il faisait autre chose». Ce jeune homme têtu lui a ensuite a demandé des comptes sur Alexandre Benalla, selon lui «protégé par l'Élysée» puisque «le ministre de l'Intérieur n'a pas saisi la justice» pour les violences commises par l'ancien collaborateur du président.

Ce qu'Emmanuel Macron a réfuté, avec énergie. «Il a été sanctionné par l'Élysée dès le lendemain. Il n'a pas été protégé», a-t-il assuré. «Au vu du contexte, il n'y avait pas matière à saisir la justice, car Alexandre Benalla était invité par la préfecture de police». «On n'a rien caché. Il n'y pas eu obstruction de la justice, je vous le dis les yeux dans les yeux», a plaidé le président, alors que la commission d'enquête du Sénat va auditionner mercredi son chef de cabinet.

«Les règlements de compte ne cesseront pas du jour au lendemain»

Au cours de sa déambulation, Emmanuel Macron a rencontré Jean-Luc Mélenchon avec qui il a bavardé quelques minutes en souriant. «J'ai toujours du plaisir à discuter avec Monsieur Mélenchon. On n'a pas souvent les mêmes idées»... «Pas souvent», a coupé le leader de la France Insoumise. «Mais c'est toujours respectueux et intéressant. On a des confrontations politiques mais ce n'est pas mon ennemi», a poursuivi le président.

Alors qu'il avait qualifié Macron de «plus grand xénophobe qu'on ait» lors d'un meeting dans l'après-midi, Mélenchon n'a pas semblé assumer ses propos lors de sa rencontre fortuite avec le président. «Non, non, peut-être une légère exagération marseillaise..», a-t-il ainsi éludé face aux caméras (voir ci-dessus).

 

«Je suis content que vous soyez dans ma circonscription», a conclu l'élu de Marseille. «Pourquoi n'avez-vous pas emmené Madame Merkel se promener un peu?» À un homme qui lui demandait comment faire cesser les règlements de compte dans la ville, après le meurtre d'un jeune homme vendredi soir, le chef de l'État a répondu que «les règlements de compte ne cesseront pas du jour au lendemain» mais qu'il fallait mettre des moyens pour la sécurité, démanteler les réseaux et déployer la police de sécurité du quotidien.

AFP

Créé le Dimanche 09 septembre 2018 à 9:36