Deux enfants tués à Bomboli: les parents décident de "maudire" la police dans les mosquées...

Société
Des éléments de la police (CMIS) lors d'une opération de maintient d'ordre sur la route le Prince à Conakry
Des éléments de la police (CMIS) lors d'une opération de maintient d'ordre sur la route le Prince à Conakry

CONAKRY-Les parents de Kadiatou Barry âgée de 16 ans, élève en classe de 5ème année et El hadj Oury Bah, un enfant de 3 ans et 5 mois, ne digèrent pas la mort tragique de leurs enfants tués, selon des témoins, par un pick-up de la police à Bomboli le mercredi dernier. Il était 18 heures le lendemain de la fête de Tabaski lorsque ces deux enfants ont été mortellement percutés par un véhicule de la police qui roulait dans le sens interdit.

Les familles disent qu’elles n’ont pas porté plainte mais, elles assurent qu’elles ne vont jamais pardonner. Elles comptent d’ailleurs maudire ceux qui ont tué leurs enfants dans les mosquées de la capitale. Mamadou Diouhé Barry a passé toute la journée du mercredi 22 août 2018 avec les deux enfants. Il revient sur les circonstances de l’accident qui ont arraché ces deux innocents à l’affection de leurs parents.

« Kadiatou Barry c’est ma belle-sœur, elle était venu nous saluer après la fête. Vous savez c’est de coutume chez nous les Peulhs, dès après la fête, ils vont saluer les parents. Elle était venue, on a passé la journée chez moi et vers la soirée elle dit qu’elle veut retourner chez sa sœur à Dar-es-Salam. Après j’ai dit ok. Je l’ai accompagné jusqu’à un certain niveau et je me suis retourné à la maison. Elle est partie avec sa sœur jusqu’au carrefour Bomboly, sa sœur était en train de chercher un taxi pour eux, Kadiatou Barry et El hadj Oury Bah étaient derrière. C’est en ce moment que les policiers sont venus en troisième position, ils ont tapé les deux enfants et aucun d’eux n’a pu se réveiller (…). Après on les a pris pour les déposer à la morgue de Donka. Mais ce qui se passe à la morgue aussi ce n’est pas possible. Là où ils ont déposés les corps, même les fenêtres étaient ouvertes, ils n’ont pas touché les corps, même les habits que les enfants portaient ils n’ont pas enlevé. En plus, ils nous ont fait payer de l’argent pour récupérer les corps aussi. On m’a retiré 40 mille FG pour les deux corps », explique Mamadou Diouhé Barry.

Il confie qu’ils passeront dans les Mosquées pour maudire les responsables de cet accident qui a causé la mort des leurs enfants. Kadiatou Barry, 16 ans, élève en classe de 5ème année était une fille excellente à l’école coranique et à l’école française. Elle était tout le temps première de sa classe. Elhadj Oury Bah, 3 ans était l’unique fils de sa maman est restée longtemps sans concevoir. Le sentiment de savoir qu’ils n’obtiendront jamais justice augmente la colère et l’indignation des parents.  

« On n’a pas porté plainte, c’est la Guinée, même si on porte plainte ils ne vont rien faire surtout que c’est des policiers qui ont fait ça. Ceux qui protègent les gens ce sont eux qui les tuent. Il n’y a pas de justice. On est très touché, tout le monde est sous le choc. El hadj Oury Bah était l’unique fils de sa maman. Ça maman a fait plusieurs années sans concevoir un enfant. Et Kadiatou était une fille qui était excellente à l’école française et à l’école coranique. Elle était tout le temps première de sa classe. Ceux qui ont tué nos enfants on ne les pardonnera jamais, on ne va pas les pardonner jusqu’à devant Dieu. On les attend le jour du dernier jugement. Et si Dieu le veut le veut bien, on va partir dans les Mosquées pour maudire ceux qui ont fait ça. On va faire tout ce qu’on peut contre eux parce qu’on ne va jamais les pardonner. Ça, je ne cache pas », s’est engagé Mamadou Diouhé Barry, les larmes aux yeux.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

 
Créé le Mercredi 29 août 2018 à 13:33