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Mamadou Sylla : « Kassory Fofana est venu me dire… » (Interview)

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Interview
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG

CONAKRY- Entre Cellou Dalein Diallo et El hadj Mamadou Sylla, l’accord ne tient qu’à un bout de fil ! Ce dernier qui a reçu ce samedi 18 août 2018 une forte délégation du parti au pouvoir dirigée par le Premier Ministre Kassory Fofana, n’exclue pas un divorce avec l’Union des Forces Démocratiques de Guinée. Le leader de l’Union Démocratique de Guinée veut contrôler la mairie de Dixinn. 

Dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, El hadj Mamadou Sylla revient sur les sujets évoqués avec le Premier Ministre Kassory Fofana, les tractations en cour avec Alpha Condé, mais aussi des conditions de poursuite de son alliance avec Cellou Dalein Diallo.

 

AFRICAGUINEE.COM : Vous avez reçu la visite du Premier Ministre Kassory Fofana. Dans quel cadre se situait cette rencontre ? 

ELHADJ MAMADOU SYLLA :Il est venu en tant qu’ami. Lui et moi nous sommes des amis depuis longtemps. On était même allié politiquement entre les deux tours de la présidentielle de 2010 qui a porté le Président actuel au Pouvoir. Récemment il a été nommé Premier ministre, comme je n’étais pas là, quand je suis revenu, on a parlé au téléphone. Il m’a dit si je suis là, il va passer me voir samedi. Donc, il est amicalement venu. On s’est dit beaucoup de choses.

De l’autre côté, il faut le dire, tout le directoire du RPG arc-en-ciel de Dixinn ainsi que les quatorze conseillers, honorable Soumah y compris, étaient tous là pour serrer la main au premier ministre. En même temps, ils ont fait une plaidoirie pour que je puisse les aider à avoir la commune de Dixinn. Soumah est candidat, donc, ils ont demandé de les aider à avoir nos voix pour qu’il puisse être élu maire. 

Quelle a été votre réponse ? 

Je n’ai pas donné de réponse pour le moment. Quand on est en négociation, tu écoutes toutes les parties. Un de mes vice-présidents ainsi qu’un des vice-présidents d’El hadj Cellou se sont vus ici. C’est pour dire qu’il y a des tractations. On est en train de peser toutes les propositions et puis prendre une décision finale. 

Sauf que votre fils également veut être à la tête de la mairie. Comment allez-vous gérer tout ça ? 

Ecoutez bien, mon fils a fait sa liste. Il a fait sa campagne dans le but d’être maire. C’est cette liste qui est partie avant les élections à la CENI. Ce qui est sûr, il veut être maire. Dès au départ, il a fait campagne pour ça. 

Ce qui voudrait dire que lui aussi a besoin d’être soutenu dans cette bataille… 

Nous on pensait que nos alliés naturels pourraient accepter au moins qu’on ait, une commune à Conakry. Surtout qu’aujourd’hui, après les calculs, on dit qu’ils sont à 175 communes. Donc c’est à peu près la moitié dans le pays.  

A qui faites-vous allusion ?

A l’UFDG. J’ai appris que l’UFR devait signer avec l’UFDG 24h avant lorsque le président Alpha est parti prendre Sidya. Ils ont signé l’accord. L’UFR était très loin avec l’UFDG, mais je crois qu’avec le retard de l’UFDG, Alpha a été plus rapide, il est venu, après ils ont signé. Même si c’est de contre-nature. Nous tous, on était en train de réfléchir pour voir comment l’UFDG pourrait gagner là-bas. Mais à partir du moment où le RPG et l’UFR se sont mis d’accord, ça devient compliqué, même si ce n’est pas de facto que l’UFR va gagner là-bas, il y a les élections qui sont attendues. Personne n’est automatiquement élu à travers une alliance. Le vote est secret. Tu peux dire à ton gars vote par-ci, mais s’il vote par là, tu ne peux rien faire. Tu ne peux pas savoir qui a voté pour qui. Partout il peut y avoir des surprises sauf peut-être en haute Guinée et au Foutah.

Si vous n’avez pas le soutien de votre allié, qui est l’UFDG, qu’est-ce qui pourrait se passer ?

Si l’UFDG ne nous soutient pas, on va être candidat. Au vote, les élus vont départager. Malheureusement, peut-être nous deux, on perdra. Si on ne s’entend pas, c’est possible qu’on perde tous. Je pense que l’UFDG qui a le plus grand score, même avec le soutien des indépendants, ce n’est pas sûr d’avoir tout le monde sans défection. 

Lire aussi : Kassory chez Mamadou Sylla : Alpha va-t-il ''débaucher'' le leader de l'UDG à Cellou?…

Au plus haut lieu, j’ai discuté avec le chef de l’UFDG. On s’est vu plus de six fois après la signature de l’alliance. L’accord était donné de sa part de nous soutenir. C’est après les résultats que j’ai entendu tout ce bruit. Mais bientôt, je crois qu’ils vont appeler aux élections des mairies. Les gens s’agitent, mais je n’aimerais pas qu’on perde tous. Mais si on ne s’entend pas, on risque de perdre tous. 

Nous avons appris que le RPG serait même prêt à mettre sur la table l’affaire des 20 millions de dollars que l’Etat vous doit pour obtenir votre soutien. Qu’en est-il ? 

Il y a beaucoup de propositions. On est en négociation. Je crois que dans un bref délai, ça va avancer plus vite. Je n’ai pas de problème avec le RPG, mon problème c’est avec le Président. S’il décide de faire quelque chose, il le fera. Ce qui est fort possible, s’il revient, c’est possible qu’on se rencontre. Peut-être qu’on va évoquer beaucoup de choses. 

Vous ne niez pas que cela a donc été proposé ? 

Dans les négociations, il y a beaucoup de choses qu’on propose. Ce n’est pas interdit de le poser. C’est à lui de répondre. Mais ce n’est pas tabou. C’est possible qu’on en parle.

Que pensez-vous du bail pour une durée de 30 ans du quai du port de Conakry ?

Il y a beaucoup de bruit autour, mais moi je n’ai pas encore tous les contours de ce contrat. L’affaire Bolloré que je connaissais, tout le monde m’a entendu. Mais par rapport à ce sujet je ne sais exactement qu’est-ce qui s’est passé. 

L’imam Ratib de Kindia aurait affirmé qu’un fils venu d’ailleurs n’a pas le droit de diriger la mairie de Kindia. Qu’en dites-vous ? 

 Je rappelle qu’on a parlé d’élections communales et communautaires. En tant que leader politique, tous les guinéens sont égaux partout où ils se trouvent sur le territoire national. Comme j’ai dit que ce n’est pas gagné d’avance, ils n’ont qu’à préparer un autre candidat qui est guinéen kindianais contre le monsieur qu’il reprouve. Je pense que si on ne veut pas de lui, démocratiquement on le bat. Je pense que ce ne sont pas les mots déplacés qui peuvent faire gagner quelqu’un.

 

Interview réalisée par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112    

Créé le Lundi 20 août 2018 à 11:13