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A la rencontre d’Anas, ce jeune marocain qui fait le tour de l’Afrique à vélo (interview)

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Cyclisme
De droite à gauche, le jeune Anas et notre reporter Alpha Ousmane Bah
De droite à gauche, le jeune Anas et notre reporter Alpha Ousmane Bah

LABE- A 26 ans, Anas Rgagna, marocain originaire de Casablanca compte inscrire son nom dans les annales de l’histoire de l’Afrique à travers son projet de tour du contient à vélo (Maroc-Afrique du Sud). Il a entamé son périple il y a plus 2 mois. Le jeune marocain a déjà traversé le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau puis la Guinée Conakry. Il lui reste 13 pays autres pays à traverser pour atteindre le cap en Afrique du Sud.  En escale dans la ville de Labé, nous l’avons rencontré pour un entretien exclusif sur cette tournée.

AFRICAGUINEE.COM : Vous avez quitté le Maroc et vous comptez atteindre l’Afrique Sud comme pays de destination finale. Le départ a eu lieu quand ?

Je suis  Anas Rgagna, j’ai 26 ans, je suis marocain de Casablanca, je fais le tour de l’Afrique à Vélo. Je suis sorti de chez moi pendant le mois ramadan, aujourd’hui je me retrouve sur le territoire guinéen. Ça fait au moins 2 mois 20 jours depuis que j’ai bougé à Casablanca. Pour le moment les pays traversés sont le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, après la Gambie je suis ressorti vers la Casamance, j’ai fait la Guinée Bissau et aujourd’hui je suis en Guinée Conakry (Labé). Je dois continuer vers la Côte d’Ivoire, le Ghana, Togo, Benin, Nigeria, Cameroun, Congo, Gabon, Angola, la Namibie, la Zambie, le Zimbabwe, la Mozambique pour arriver enfin en l’Afrique du sud pays de destination.

Planifier un voyage à vélo du Maroc en l’Afrique du Sud est un travail difficile. Dites-nous qu’est-ce qui vous a motivé à faire le tour du continent en sprint?

L’idée c’est juste l’aventure, j’avais envie de le faire depuis longtemps. En fait c’est l’expérience et aussi l’aventure. On parle toujours de l’Afrique et certains pays, on dit que c’est dangereux, ce n’est pas comme le Maroc ou encore l’Europe. Pourtant depuis que j’ai quitté le Maroc je n’ai rencontré aucun problème, que ça soit au niveau des services de sécurité ou des simples citoyens que je rencontre. J’ai réussi à faire des campings sauvages n’importe où, j’ai dormi chez des personnes que je viens de connaitre. Ce voyage me permet de montrer si l’Afrique est dangereuse ou pas.

Cette tournée demande aussi des moyens. Avez-vous une équipe de cyclisme ou de bailleurs de fond qui vous soutiennent dans votre projet ?

Non je n’ai pas une équipe derrière moi, je suis tout seul, c’est un budget personnel. Je n’ai pas de sponsor et puis je n’ai pas demandé, je voulais juste le faire simplement par plaisir. Prendre mon vélo avec mes bagages et faire le tour. Pour l’instant il n’y a pas de difficultés sauf peut-être la route avec des pistes qui sont très mauvaises mais ça fait partie de l’aventure.

Combien avez-vous préparé pour le voyage ?

Oui normalement pour n’importe quel voyage, que ça voit à vélo ou par d’autres moyens, nous avons besoin de beaucoup d’argent. Pour ce voyage pour être précis j’ai commencé par 400 euros sans bien sûr le matériel que j’avais déjà préparé auparavant. Les préparatifs ont duré presqu’un an. Je me suis bien équipé. Pour ce qui est de l’argent de poche j’ai prévu juste 400 euros. En cours de route c’est le terrain qui commande, tout dépend de ce que je vais rencontrer sur mon chemin. Par exemple à Labé ici je suis avec Mouctar qui m’a accueilli, ça fait 3 jours  que je suis chez lui, demain je ne sais pas où je vais dormir.

En dehors des campings que vous faites en brousse, aviez-vous des correspondants dans les villes traversées avant votre départ du Maroc ?

Avant le départ je ne connaissais personne, j’établis moi-même les contacts en cours de route avec les personnes ouvertes que je croise, je vous rassure que je ne connais personne en Guinée à part Mouctar et je ne connais personne d’autres en Côte d’ivoire au Ghana encore moins en Afrique du Sud. Mais on verra où ça va mener tout ça. Je vis chaque jour avec ses réalités ça me permet aussi d’évaluer la générosité de l’Afrique. C’est la même chose au Maroc je peux retrouver une personne qui a un vélo ou pas à vélo qui a besoin d’hébergement d’un ou deux jours, je le laisserai pas tomber. Je l’aide à la hauteur de mes moyens. C’est ça l’Afrique.

Avez-vous dans le temps envie de participer à une compétition africaine ou mondiale de cyclisme ?

Pourquoi pas ? Mais le plan initial que je maintiens jusque-là une fois, il faut que je termine ma tournée, je rentre au Maroc pour continuer ma carrière parce que j’ai fait des études j’ai terminé. J’avais même travaillé une année pour financer tout ça. Je rentre continuer mon travail. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Pourquoi pas une compétition internationale ou un tour d’Asie ou d’Europe ?

En quittant votre pays aviez-vous mesuré les risques en cours de route liés à l’insécurité avec les bandes armées, les menaces djihadistes dans certains pays ?

Oui j’avais mesuré tous ces risques avant de bouger, c’est pourquoi dans mon trajet j’ai évité les pays où il y a des risques que vous avez cités. Comme le Tchad, le Niger, le Mali, la Centrafrique. En élaborant le programme, j’ai évité au maximum les pays où il y a des risques. Ce n’est pas seulement les pays en conflit, j’ai pris également des mesures préventives par rapport aux maladies en cours de route.

Dans chaque localité vous faites combien de jours d’escale avant de continuer ?

 Là rien n’est déterminé, tout dépend de la réalité que je trouve dans chaque endroit. Mais je préfère passer un bon moment dans les petites villes ou localités où je profite du calme pour bien me reposer. Je traverse des capitales mais je suis beaucoup plus passionné par les villages.

Merci Anas Rgagna et bon voyage à vous !

Merci à vous aussi, je suis heureux de vous avoir connu pendant mon trajet !

Interview réalisée par Alpha Ousmane Bah

Pour AfricaguinEe.com

Tel : (00224) 664 93 45 45

 

Créé le Lundi 20 août 2018 à 16:31

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