Guinée : Comment lutter contre la radicalisation et l’extrémisme ?

Société
Lancement du projet Unis dans nos différences
Lancement du projet Unis dans nos différences

CONAKRY-La lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent préoccupent les autorités guinéennes. C’est dans ce cadre qu’un nouveau projet intitulé Unis dans nos différences vient d’être lancé. Il est financé à hauteur 2 millions trois cent mille euros par l’Union Européenne. Sa durée est de 18 mois.

L’objectif de ce projet est de soutenir les efforts de l’Etat guinéen et des acteurs locaux et communautaires à développer des actions concertées et inclusives de prévention de potentielles crises sécuritaires et sociales liées à l’émergence des violences à caractère religieux et s’écarter des mesures restrictives et stigmatisantes envers certaines communautés.

Lors du lancement de ce projet, le gouvernement guinéen était représenté par le secrétariat général aux affaires religieuses, le ministère de l’unité nationale et de la citoyenneté ainsi que certains responsables de sécurité. Ils sont accompagnés par Search for Common Ground et l’Union Européenne.

Oumarou Koala directeur pays de Search for Common Ground a expliqué à cette occasion que ce projet vise  à accompagner les acteurs communautaires et institutionnels à prévenir les risques d’extrémisme violent en Guinée.

« Ce projet vise trois objectifs clés : premièrement soutenir la formulation des réponses institutionnelles, inclusives et collaboratives aux défis liés à la radicalisation et à l’extrémisme violent. Deuxièmement, renforcer les capacités des acteurs locaux à prévenir les discours et attitudes basés sur l’exclusion et la violence. Et enfin, consolider la résilience communautaire aux appels à la violence à la promotion de la tolérance et de la cohésion sociale dans les zones les plus à risque » a déroulé M. Koala.

Nourdine Fadiga représentant du secrétariat général des affaires religieuses a invité pour sa part tout le monde à se donner la main pour barrer la route à cette forme de violence qui se trouve dans les pays limitrophes de la Guinée.

« La Guinée est un pays qui depuis toujours a connu une stabilité dans la pratique religieuse. Nous avons toujours connu une pratique religieuse pacifique, paisible, tolérante et ouverte. Mais ces derniers temps il y a eu l’apparition de quelques pratiques néfastes surtout dans les pays limitrophes qui nécessitent la conjugaison des efforts, se donner la main pour qu’ensemble nous puissions barrer la route à ces gens, pour qu’en Guinée qu’il ne puisse pas exister des violences, du radicalisme et d’extrémisme », a-t-il  lancé.

Dr Maramany Cissé ministre conseiller à la présidence de la république en charge de la réforme du secteur de la sécurité propose de se tourner vers les solutions d’ordre institutionnel pour faire face aux défis sécuritaires qui se posent dans le pays.

« Pour faire face à cette préoccupation, le gouvernement guinéen ne saura faire cavalier seul. C’est pour cela, avec le concours de nos partenaires nous avons mis en place un cadre de concertation permanent tel que ce projet sur la radicalisation sur l’intégrisme religieux. Regardez un peu en Côte d’Ivoire, le Mali, au Burkina, Niger, Nigéria, Somalie ce qui s’y passe et c’est le même phénomène de société, les mêmes religions que nous connaissons, si la Guinée ne prend pas les dispositions d’ordre législatives et institutionnelles ces phénomènes finiront par s’installer durablement dans notre pays », a prévenu M. Cissé.  

Oumar Bady Diallo

Pour africaguinée.com

 

Créé le Mercredi 06 juin 2018 à 13:56