Conakry : l’histoire pathétique de Sidighi Diallo, le jeune tué par balle à Hamdallaye…

Insécurité à Conakry

CONAKRY-Aboubacar Sidighi Diallo orphelin de mère depuis sa naissance et de père depuis un an est la nouvelle victime des violences politiques en Guinée. Originaire de Pita, Gongorè Maci, ce commerçant a été tué dans des circonstances pathétiques ce lundi 26 février 18 au quartier Dar es-Salam. Ses proches sont inconsolables.

Le défunt était parti en aventure pendant de longues années avant de rentrer en Guinée à cause du décès de son père. Alors qu’il était allé à Dar-es-salam pour dire au revoir à sa tante et à son maître Coranique avant de se rendre ce mardi au village, à Pita Gongorè Maci, pour faire un sacrifice à l’occasion de l’an un de la disparition de son défunt père, Aboubacar Siddighi Diallo a reçu une balle mortelle au niveau de sa poitrine. Sadjo Diallo petit frère du défunt, inconsolable revient sur les circonstances.

« Hier toute la journée on était tous à la maison ici, il nous a dit personne ne doit sortir dehors. C'est lui-même qui a fermé le portail de la cour. Il a lavé tous ses habits parce qu'il devait partir aujourd'hui au village à Pita pour le sacrifice de notre père. Aux environs de 16h, il est sorti de la maison. On lui a dit de se retourner. Il a insisté en nous disant qu’il va chez notre tante à Dar-es-salaam. Mais ma mère lui a dit il faut retourner. Il a encore insisté en disant qu’il faut qu’il parte voir la tante. Quand il est parti à Dar-es-salaam, il s’est rendu aussi là où il avait mémorisé le Coran. Il a demandé de l’eau à boire. On lui a indiqué la boutique et il est parti. Un gendarme l’a trouvé assis là-bas. Il l’a appelé, il a dit non moi je ne pars pas. C’est lorsqu’il se retournait que le gendarme a tiré sur lui à la poitrine. Il est mort sur place », explique le jeune en larmes.

Il précise que c’est sur les réseaux sociaux qu’il a appris la mort de son frère. « On est allé à l’hôpital, on a trouvé le corps de notre frère », a-t-il témoigné les larmes aux yeux.

Agé de 32 ans, Aboubacar Sidighi Diallo s’ajoute sur la liste longue de nombreuses personnes assassinées par balles à Conakry dans des manifestations politiques.

 

Oumar Bady Diallo

Pour africaguinee.com 

Créé le Mercredi 28 Février 2018 à 11:10