Cellou Dalein Diallo:"nous demandons à Alpha Condé d'arrêter de violer nos lois..."

Opposition

CONAKRY-Après le meeting du 7 janvier, quelle sera la stratégie de l'opposition? Cellou Dalein Diallo vient de lever un coin du voile sur les intentions de l'opposition face au régime du président Alpha Condé. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, le leader de l'Union des forces démocratiques de guinée (UFDG) explique les revendications de l'opposition, à quelques mois de la présidentielle de 2015.

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Cellou Dalein Diallo bonjour !

CELLOU DALEIN DIALLO : Oui bonjour !

Quel bilan tirez-vous du meeting du 7 janvier que l’opposition a tenu sur l’esplanade du  stade du 28 septembre ce mercredi ?

C’est un meeting réussi. Il y a eu une mobilisation massive de nos militants et sympathisants. Même si on a empêché ceux qui venaient de la colline de Bambéto-Cosa-Wanindara. Au niveau du siège du RPG (parti au pouvoir, Ndlr) on a coupé le cortège en jetant des gaz lacrymogènes et des cailloux sur les jeunes militants  qui venaient vers le stade. 

Pourquoi vous avez décidé de reprendre les manifestations de rue?

Lors du dialogue de juin 2013, on s’était engagé à suspendre nos manifestations pacifiques pour privilégier le dialogue et la concertation pour aplanir nos divergences avec le pouvoir. Malheureusement les résultats du dialogue de juin 2013, sanctionnés par l’accord politique ne sont pas respectés. Ensuite en juin 2014 on  avait obtenu au forceps un dialogue au cours duquel on a obtenu très facilement un consensus sur l’ensemble des questions qui étaient inscrites à l’ordre du jour. Les relevés de conclusion devraient être signés, mais malheureusement, M Alpha Condé n’était pas d’accord, alors qu’il était représenté lors de ce dialogue par au moins cinq de ses ministres et tout l’Etat-major du RPG.  

Alors qu’on s’était mis d’accord pour mettre en place un comité de suivi, un comité de veille sur la CENI (commission électorale nationale indépendante), on s’était mis d’accord pour que toutes les dispositions soient  prises pour que les élections communales se tiennent avant la fin de l’année 2014, on s’était mis d’accord que la CENI va solliciter un appui technique des partenaires techniques et financiers pour l’aider à préparer ces élections. Tout cela n’a pas été fait, elle a continué à travailler. On redemande l’ouverture du dialogue, malheureusement, on n’a pas obtenu l’accord du gouvernement pour se mettre autour de la table afin de faire le point sur la mise en  œuvre des engagements antérieurement pris. Et, qu’on ait une visibilité par rapport au calendrier électoral.

Nous voulons que les élections communales aient lieux. Le gouvernement s’est engagé deux fois à les réaliser sans respecter. Et aujourd’hui, la tendance c’est de faire l’économie des élections communales. Or pour nous, c’est inacceptable. Dans la mesure où les élus locaux qui sont nommés. Ils sont des points d’appuis pour le parti au pouvoir pour organiser la fraude lors de ces élections.

Le président Alpha Condé a pourtant assuré que les élections auront bien lieu en 2015. Vous ne croyez donc pas à ses déclarations ?

Je ne peux pas me prononcer sur la sincérité des déclarations de Monsieur Alpha Condé d’autant plus qu’il a fait beaucoup de déclarations qui n’ont pas été respectées. Ceci dit, nous voulons non seulement que les élections se tiennent à date, mais nous voulons aussi que ça soit de véritables élections où l’équité, la transparence, la crédibilité du scrutin seraient assurées. D’abord  par l’indépendance et la neutralité de la CENI, mais aussi la  sincérité du fichier électoral. Mais avant nous voulons avoir des élus locaux véritablement élus par la population, pour le respect de la démocratie locale, mais aussi par respect des lois de la République.  

A entendre vos différents discours, tenus au cours du meeting, vous n’excluez pas de demander le départ du président Alpha Condé avant même les élections. Pensez-vous au scenario Bukinabé en Guinée ?

Nous ne pensons à aucune situation. Nous pensons au respect de nos droits, de nos libertés. Nous avons des textes de lois que M. Alpha Condé est en train de violer. Nous lui demandons d’arrêter. Il y  a des engagements qu’il a pris qui n’ont pas été  respectés. Nous allons lui demander de  les respecter. Nous avons privilégié le dialogue, puisque comme vous le savez, il y a plus d’un an et demi qu’on n’a pas fait de manifestations.  Mais il se trouve que le gouvernement n’est pas de bonne foi. Le gouvernement ne respecte pas ses engagements. Aujourd’hui, la CENI n’associent nullement les partis politiques à toutes les actions qu’elle mène dans le cadre de la préparation des élections. La transparence des élections, ce n’est pas le jour du scrutin seulement. C’est aussi pendant la préparation. Qu’est-ce qui coûterait à la CENI d’informer les partis politiques qu’elle envoie des missions à l’intérieur pour procéder à la correction des anomalies constatées lors des élections législatives ? On n’est au courant de rien. Et, aujourd’hui, le président de la CENI est en train de narguer l’opposition. Il va prendre des instructions auprès d’Alpha Condé pour les mettre en œuvre sans jamais nous associer. On ne va pas l’accepter. La transparence des élections, c’est maintenant. Il faut qu’il y ait  une CENI compétente, neutre  et impartiale qui associe les partis politiques à ce qu’elle fait. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Nous ne voulons pas de cette CENI. Puisqu’elle n’est pas du tout légitime, elle n’est pas conforme à la loi. Nous voulons une CENI mixte, une administration électorale solide, formée, équipée avec un conseil d’administration qui sera constitué par des partis politiques issus de la mouvance et de l’opposition.

Est-ce que  vous avez fixé un délai au bout duquel si vos revendications ne sont pas satisfaites, vous mettrez à exécution vos menaces, à savoir de demander le départ du président élu ?

Nous n’avons pas fixé encore de délai.

Quelle va être la prochaine étape ?

Nous allons nous retrouver pour tirer les leçons de cette manifestation. Vous serez informés dans les jours qui viennent de la prochaine manifestation. Parce qu’on n’arrêtera pas. Mais on n’a pas encore défini les types de manifestation. Ça peut être des meetings, des marches pacifiques, des sit-in.

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 10 janvier 2015 à 14:37