Elections en Afrique : Des activistes des droits de l’Homme prône un second sommet de la Baule…

Société

GENEVE- En marge de la 26eme session du Conseil des Doits de l'Homme de l'Organisation des Nations Unies (ONU), l’ONG Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO) a organisé une conférence ce mardi au Palais des Nations à Genève, a appris Africaguinee.com.

Cette rencontre a été une occasion pour les conférenciers d’aborder des  questions liées aux élections en Afrique. Au cours de cette conférence, les intervenants sont restés unanimes sur la nécessité d'organiser un deuxième sommet de la BAULE, vu le comportement des chefs d'Etats Africains en matière de succession au pouvoir. Une autre rencontre sur la démocratie et la sécurité  serait aussi  nécessaire, soutiennent-ils.

Après la présentation des intervenants et une brève introduction sur le thème général, par Bokar Biro Diawara, chargé de programme de la RADDHO, d'éminentes personnalités africaines ont développé des thèmes spécifiques sur la question.

C'est le cas de l'Ambassadeur Yvette Steves, représentante Permanente de la République de Sierra-Léone auprès des Nations unies à Genève. Mme Steves a exposé sur l'expérience de son pays sur le rôle des élections transparentes dans le renforcement de la démocratie, la bonne gouvernance et la paix civile.

 Selon elle, "l'implication de tous les prétendants à la direction des affaires publiques d'un pays et leur égal traitement par l'organe chargé de l'organisation et de la supervision des élections sont un gage de confiance, de d'apaisement et de paix dans nos pays. Cette attitude doit être de mise durant tout le processus électoral, d'amont en aval", a-t-elle soutenu.

 Pour Maître Massengo, président de la Radio Télévision des droits de l'Homme à Brazzaville, les Etats africains ont du mal à respecter les normes juridiques relatives aux élections, aux droits humains et à la bonne gouvernance qu'ils ont le plus souvent ratifiées.Il dénonce une volonté de succession dynastique dans la plupart des régimes africains. Il citera dans le cadre du non respect des normes ratifiées, le cas du Burkina Faso qui, malgré la ratification de la CHARTE DES DROITS DE L'HOMME, DES ELECTIONS ET DE LA BONNE GOUVERNANCE par ce pays, tente par tous les moyens à modifier l'article 37 de sa constitution pour permettre, dit-il,  à M. Blaise COMPAORE à se succéder à lui-même.

Parlant de la médiation dans le contexte électoral, M. Oumar Baldé insistera quant à lui, sur l'expérience guinéenne en 2010, avant de présenter la matrice du cycle électoral.

Pour lui, une élection ne peut s'observer en une journée. C'est un processus voir même tout un cycle avec des étapes bien définies qui part du cadre légal et institutionnel jusqu'à la vérification des résultats en passant par d'autres étapes comme la planification, la formation, l'enrôlement des électeurs, le déroulement de la campagne et les opérations de vote le jour du scrutin, détaille M. Baldé, qui déplore que les observateurs internationaux ne mettent en évidence qu'une seule étape (opérations de vote le jour du scrutin) de tout le processus. Cela, note-t-il, ne peuvent ‘’nous garantir des élections libres et transparentes sur le continent’’ 

Le président de la RADDHO, Alioune TINE a insisté sur le rôle de la société civile dans le processus électoral en Afrique.

Selon M. Tine, la surveillance des élections doit commencer en amont. ‘’Il faut contrer tout acte institutionnel qui viserait à compromettre le processus normal’’. Il citera l'exemple du Sénégal quand le mouvement M23 naquit sur impulsion de la RADDHO afin contrer la volonté dynastique de Maître Abdoulaye Wade.

Pour finir M. Guissé de la RADDHO dira que la fonction présidentielle doit être repensée car dit-il" à chaque fois que les institutions s'effondrent par la faute de l'homme d’autres forces anticonstitutionnelles émergent".

 

Abdoul Ghoudoussy Baldé

Chef du Bureau d'Africaguinee.com

Genève-Suisse

 

Créé le Jeudi 26 juin 2014 à 11:29