Sadou Keita, Gouverneur de Labé : “ A Labé le RPG a obtenu six fois le résultat qu’il avait eu en 2010“ (Interview)

Interview
Gouverneur de Labé Sadou Keita
Gouverneur de Labé Sadou Keita

LABE- Comment se préparent les prochaines consultations électorales dans la région administrative de Labé ? A quoi pourrait t-on s’attendre dans cette région à l’occasion de la prochaine fête d’indépendance ? Voici autant de questions que nous avons abordées avec la première autorité de cette région administrative, Sadou Keita. Avec lui, nous avons aussi abordé d’autres sujets relatifs notamment à l’insécurité. Exclusif !

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur le Gouverneur bonjour !

SADOU KEITA : Oui bonjour Mademoiselle Bah !

-Que pensez-vous du choix de la ville de Mamou pour abrier la célébration du 56ème anniversaire de  l’indépendance de notre pays ?

-Gouverneur  Sadou Keita : Cette organisation est très salutaire, vous n’êtes pas sans savoir que l’organisation des festivités  du 56ème anniversaires  à Mamou répond  à la volonté du chef de l’Etat d’aller  très vite dans le développement du pays.  Et le 02 octobre dernier, il avait annoncé qu’il organiserait les festivités au Foutah. Tout dernièrement, il a annoncé que c’est à Mamou. Mamou c’est le Foutah et je crois qu’il a respecté ses engagements.  C’est pourquoi nous en réjouissons à plus d’un titre.  Et nous avons salué ça, à Labé. Dernièrement quand Mamou a organisé des manifestations de réjouissance, moi j’ai conduit la délégation de Labé. 

-Quel est le message que vous avez véhiculé aux populations de votre région durant votre séjour à Mamou ?

-Il faut être fidèle au moins en  sa foi,  quand Dieu  même nous enseigne quand je vous donne,  il faut un remerciement. C’est  à l’image de ça que Mamou s’est mobilisée pour remercier le chef de l’Etat.  Le chef de l’Etat a fait un acte magnanime et  historique parce que n’oubliez pas que la ville carrefour  était comme une ville  en guerre. Et tout s’est détérioré dans cette ville. On ne se reconnait pas à Mamou.  On ne croyait pas que c’est un passage obligé pour aller à  l’arrière pays. Donc ce qu’on a perdu pendant 55 ans, quand le président de la République offre ça à Mamou en un an, moi je crois que c’est un don considérable, et que tout le Foutah doit partager. Nous, nous sommes rendus et j’ai eu la chance de m’adresser aux frères et sœurs de Mamou. Ensuite j’ai conseillé  tout le monde à rentrer dans ce jeu. Parce que je vais vous dire, si nous échouons ces festivités à Mamou c’est tout le Foutah qui aura  perdu.  Puisque c’est une chaine, le Foutah  c’est Mamou, c’est Pita, Dalaba , Labé, Koubia, Mali, Lélouma, Gaoual, Koundara etc.  Alors si dans une préfecture ou  dans une région administrative nous perdons l’engouement, l’impact, alors il est inutile de poursuivre. C’est pour ça, il faudrait que tout le Foutah  se mobilise pour soutenir cette action du chef de l’Etat, pour que l’année prochaine ou les années à venir qu’on vienne fêter  aussi à Labé, Lélouma, Koubia ou à Gaoual. Il faudrait qu’on rentre dans la danse pour qu’on sorte de notre état actuel. Donc, j’ai fais un discours rassembleur, un discours qui devait inviter tout le monde à un sursaut moral.  Et il  ne faut pas politiser tous les actes, même pour boire l’eau il faut dire que c’est l’eau colorée de tel parti ou de tel autre parti. Je crois que c’est un peu exagéré de prendre tout  sur le plan politique mais, le développement n’a pas de couleur.  Un puits, un forage est utile à tout le monde.

-A quoi pourrait t-on s’attendre comme infrastructures dans la région de Labé ?

-Je ne sais pas.  J’attends la dernière décision du chef de l’Etat. De toutes les façons, Labé en a bénéficié,  parce que le simple fait que ça soit dans la ville carrefour c’est déjà beaucoup parce que sur le plan infrastructurel Labé est très  en avance sur  Mamou. Deuxièmement, Mamou c’est  le miroir du pays. C’est un passage obligé. Donc  si Mamou gagne, Labé a déjà gagné. On avait souhaité avoir d’autres infrastructures en plus mais, si les moyens de l’Etat sont réduits, il vaut mieux les orienter là où il y très peu d’infrastructures, là où tout le monde se régale et là où tout le monde passe et regarde la Guinée. A Mamou il n’ya pas que les autochtones il y a tout le monde et il y a des citoyens  de toutes les préfectures qui y vivent. Donc  nous partageons avec ses citoyens qui sont ressortissants chez nous, ce bonheur.

-Revenons  aux  échéances électorales, comment  les  élections communales de 2014 se préparent  au niveau de votre région ?

-Nous sommes à la phase de la sensibilisation.  Nous commençons  toujours  à demander  aux  gens de participer à ses élections dans la paix,  parce que sans la paix, c’est une illusion de croire que nous pourrons aller aux élections.  Donc, nous continuons à sensibiliser pour le renforcement  de  la cohabitation surtout des partis politiques. Chaque jour qui passe nous demandons aux différents partis politiques d’aller à l’éducation de leurs militants  pour que les gens sachent que c’est une compétition. Ce  n’est  pas de l’animosité c’est le meilleur qui va gagner sur le terrain. C’est comme ça on est en train de préparer en attendant qu’on ait une date finale qui va nous appeler à ces élections. Et renforcer constamment l’unité entre  les fils de la région. C’est dans ce climat là que nous pensons réussir des élections apaisées.

-Que répondez-vous aux partis politiques qui vous accusent vous autorités locales de vous impliquer en faveur du pouvoir en place lors des élections ?

-Moi, Je n’ai pas de réaction particulière, ceux qui le disent, c’est eux qui sont engagés à le dire. Ils n’ont qu’à produire des justificatifs. Je sais que nous avons une lettre de mission. Nous avons des instructions de notre ministre  et des recommandations du chef de l’Etat. C’est d’aller à des élections qui vont être le prélude à la construction d’un Etat démocratique. Jamais ces élections législatives passées n’ont révélé qu’il y a eu la fraude dans notre région. Nous sommes allés sur la base équitable et chaque parti  a récolté l’essentiel du combat politique qu’il a fait sur le terrain.   Ce qui fait que vous allez voir que le RPG arc-en-ciel qui est au pouvoir n’a pas gagné mais, il a obtenu six fois le résultat qu’il avait en 2010. On n’a dénoncé nulle part qu’il y a eu de la fraude.  Vous savez le perdant a toujours aussi ses arguments. Dès que l’opposition perd rapidement, c’est l’autorité qui est attaquée.

-Ces derniers temps il y a la recrudescence  de l’insécurité  à Labé, que faites-vous pour  remédier à cela ?

-Quand on parle d’insécurité grandissante dans cette région je suis très surpris.  C’est vrai que quelques fois, il y a des attaques, des vols. C’est à des cadences très espacées mais, ensuite ils ne sont pas d’une ampleur à croire qu’il y a le banditisme dans la région. Mais chaque fois que nous avons été tenu informer d’un cas, nous, nous retrouvons rapidement en comité  de sécurité nous apprécions le cas et nous contrattaquons. Et la plupart des cas, les bandits ont été arrêtés. Les deux derniers, le cas du jeune qui a été tué sur la route de Thianguel Bori alors qu’il revenait du Sénégal.  Ensuite l’attaque du directeur de la ‘’First Bank International Bank’’.  Les bandits qui ont opérés sur ces deux cas ont été arrêtés et ils sont en prison ici. Nous avons même demandé l’autorité centrale de laisser juger  ces gens là à Labé, parce que  jugé  un bandit à Labé a beaucoup d’effet, non seulement en éducation et ensuite à garantir la confiance de nos populations vis-à-vis de nos structures de justice et nos agents de sécurité.  On a jugé nécessaire que cela se passe ici,  pour démanteler le réseau  des bandits.

-Monsieur le gouverneur,  votre mot de la fin ?

-C’est de remercier  très sincèrement les populations de la région pour  avoir convergé dans le même sens de cultiver la paix, l’unité dans notre région.  Il faut reconnaitre que c’est une région aujourd’hui très stable et apaisée. Et je remercie le chef de l’Etat  pour tous les efforts qu’il est en train de mettre en œuvre dans notre région, parce qu’en dehors de ces festivités, il y a des grands projets pour lutter contre la pauvreté.

-Merci, Monsieur le gouverneur !

-C’est moi qui vous remercie.

 

Entretien réalisé par BAH Aissatou  pour Africaguinee.com

Tél : (00224) 664 93 46 23

 

 

Créé le Samedi 01 mars 2014 à 20:02