Etats-unis: Innocenté d'un meurtre après 34 ans de prison

 

WASHINGTON- Pendant 34 ans, il a porté le matricule C11693. Bientôt, Kash Delano Register pourra de nouveau être appelé par son nom. Condamné pour meurtre en 1979, il a toujours affirmé son innocence. La justice américaine a fini par l'entendre, aidée par Sharon Anderson, la sœur du principal témoin oculaire de l'époque, Brenda. «Merci Jésus de me rendre mon fils !», a crié, émue, Wilma Register, juste après l'annonce de la juge jeudi soir.
 
C'est le Los Angeles Times qui relate cette longue erreur judiciaire. Le 6 avril 1979, Jack Sasson, un homme de 78 ans, est victime de cinq coups de feu devant chez lui à West Los Angeles. Il meurt trois semaines plus tard. Sa jeune voisine de 19 ans, Brenda Anderson, déclare alors aux policiers avoir vu un africain-américain fuir les lieux en courant. Elle identifie Kash Delano Register, qu'elle connaît du lycée.
 
Même si le procureur la considère comme «l'un des pires témoins qu'il ait jamais vu», la déposition de Brenda motive la condamnation de Register à 27 ans de prison. Car il n'existe pas de preuve matérielle irréfutable. La petite amie de Register assure qu'il était avec elle au moment des faits. L'arme du crime n'a jamais été retrouvée et aucune des 7 empreintes digitales relevées sur le véhicule de la victime ne correspond. Le sang retrouvé sur un pantalon de Register est du même groupe que celui de Sasson mais c'est aussi...le sien.
 
Surtout, à l'époque, les deux sœurs de Brenda, Sheila et Sharon, confient à la police leurs doutes sur son témoignage. Elles étaient en train de cacher des produits de beauté volées à une voisine lors des coups de feu. Par conséquent, impossible de voir clairement le tireur. «Le détective a placé son doigt sur sa bouche et m'a fixée. Il a été très clair, sans dire un mot. Il fallait que je reste en dehors de cela», raconte Sheila. La police aurait menacé de les arrêter pour le vol, ajoute Sharon.
 
D'où ce silence pendant toutes ces années. Jusqu'à ce que Sheila découvre sur Internet que Register était toujours derrière les barreaux fin 2011. «Il semble qu'on m'a systématiquement refusé la liberté sur parole uniquement parce que j'ai toujours maintenu mon innocence», explique-t-il dans les archives de la Cour rapportées par le Times. Sheila contacte alors les avocats du prisonnier. Sharon prend le relais et convainc la juge Katherine Mader.
 
Register saura d'ici un mois si le procureur fait appel. Et comme le tribunal se situe tout près d'Hollywood, l'histoire de cette injustice sera peut-être bientôt contée sur grand écran comme celle de Hurricane Carter avec Denzel Washington ou de Conviction avec Hilary Swank.
 
 Source:franceusamedia.com
Créé le Samedi 09 novembre 2013 à 17:32