Sanctions contre la Guinée : Dr Faya assène ses vérités et pointe la responsabilité de certains Politiques

Guinée
Dr Faya Milimono, président du Bloc Libéral
Dr Faya Milimono, président du Bloc Libéral

CONAKRY- Les lourdes sanctions infligées à la Guinée par les dirigeants de la Cedeao font très mal à Dr Faya Milimono.  Au micro d'Africaguinee.com, le leader du Bloc Libéral dénonce des mesures « disproportionnées », qui auront des impacts négatifs sur la Guinée. Mais au-delà, cet acteur politique pointe la responsabilité de certains politiciens qui selon lui, ont tout fait pour entretenir la crispation.

"Les sanctions visent principalement les membres du gouvernement et les membres du CNRD mais elles visent également le pays parce que le fait que tout transaction en faveur de la Guinée dans l'espace CEDEAO soit visée, je trouve que c'est sévère. Je trouve que la Guinée ne mérite pas ça de la part de la CEDEAO parce que le processus qui est en cours dans notre pays s'il y a un retard, c'est beaucoup plus au niveau des acteurs politiques et sociaux où se trouve le problème. Depuis le début de cette période transitoire, nous avons demandé un dialogue pour le refuser tout de suite après. Nous avons demandé un dialogue, on a commencé à nous inviter au ministère de l'administration du territoire et de la décentralisation, on a dit que ce n'était pas suffisant, on a dit qu'on veut une rencontre directe avec le CNRD, cette rencontre a eu lieu au Camp Samory.

C'est à l'issue de cette rencontre qu'en fin de compte, le cadre de concertation y compris les concertations qui avaient été faites avec les coalitions avaient permis la prise du décret du 6 avril 2022. Tout de suite après la publication de ce décret, une partie de la classe politique et une partie des acteurs sociaux l'ont refusé pour des raisons diverses. On a passé 5 mois et après on a réclamé un cadre de dialogue au lieu d'un cadre de concertation et on l'a obtenu.

On a réclamé un médiateur international nommé par la CEDEAO, on l'a obtenu, on a réclamé que le dialogue soit placé directement sous l'autorité du Premier Ministre, on l'a obtenu. En fait, tout ce qui a été demandé pour l'instant a été obtenu. Mais à chaque fois que ce qui a été demandé est obtenu, on sort d'autres revendications", a déploré le président du BL.

Dr Faya Milimouno rappelle que le médiateur après son deuxième séjour en Guinée, avait demandé à ceux qui avaient refusé d'aller au cadre de concertation d'y revenir. Thomas Boni Yaya a demandé au gouvernement et au CNRD de faire évoluer le cadre, cette évolution elle est là aujourd'hui, selon M. Milimouno qui précise qu'au lieu d’un cadre de concertation, on parle de cadre de dialogue placé directement sous l'autorité du Premier Ministre.

« Même si le décret reste muet sur la question du médiateur, il est implicite dans la mesure où et le CNRD et le gouvernement et la classe politique dans son ensemble, chacun avait déjà accepté la nomination du médiateur de la CEDEAO. Donc, je me demande aujourd'hui si ce n'est pas les non-dits réellement qui sont en train de mettre les bâtons dans les pieds de cette période transitoire. Si la CEDEAO à travers ses chefs d'Etat avait bien lu ou si le rapport du médiateur l'avait aussi reflété, je crois que la Guinée ne méritait pas ces sanctions qui vont nous impacter.

Est-ce que cela permettra l'évolution positive des relations avec la CEDEAO ? Est-ce que cela ne va pas amener les positions à se radicaliser ? Ce sont des questions qu'il faille se poser parce que nous ne sommes pas à la première période transitoire mais la troisième. Si on arrive aujourd'hui à une radicalisation des positions on va compromettre l'avenir de ce pays. Tout ce qu'il faut faire à ce stade, ce qu'au niveau des acteurs politiques et sociaux que nous sommes, au moment où la volonté est manifeste du côté du CNRD et du gouvernement d'aller autour de la table et que toutes les questions soient sur la table, je crois que ceux-là qui ont des préalables ils peuvent les poser autour de la table.

Parce que lorsque les fils et filles de la Guinée vont se retrouver face à face dans le respect mutuel, chacun avec un esprit patriotique, je crois qu'on pourra faire bouger les choses. Mais tant aussi longtemps que quand on réclame quelque chose, au moment où ce quelque chose est fait le lendemain c'est un autre discours qui est fait, je vous assure qu'on tournera en rond. Et, plus on tourne en rond, plus on donne l'opportunité à l'étranger de mettre davantage des sanctions qui vont compliquer la situation à l'interne », a averti le leader du Bloc Libéral. 

A suivre...

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com 

Tel : 00224 666 134 023

Créé le Samedi 24 septembre 2022 à 10:50