Foutah : Le calvaire des usagers de la route Labé-Mali…

Moyenne Guinée
Des usagers de la route Mali-Labé
Des usagers de la route Mali-Labé

LABE-La Préfecture de Mali risque d’être coupée de son chef-lieu régional, Labé. Et pour cause, l'état de la route reliant les deux villes est critique. Nids de poule, trous béants, boue…constituent le quotidien des usagers de cette voie qui avait pourtant bénéficié d’un reprofilage il y a quelques mois. Mais depuis le début de la saison des pluies, la route Labé-Mali s’est dégradée à un rythme accéléré. Certains ouvrages de franchissement risquent céder. L’un des points critiques de cette route se trouve à côté de l’abattoir de Labé. Cet ouvrage de franchissement est envahi par le cours d’eau.

« Nous pratiquons cette route chaque jour pour venir au travail.  Parfois nous venons trouver qu’il y a la crue (…). Ce qui nous fait perdre assez de temps. En plus de ça, des véhicules s'embourbent très souvent. Il y a une contournante, mais la route est glissante de ce côté, ce n’est pas tout le monde qui peut passer par là-bas. La route c’est par là, mais la pluie a complètement détruit cette déviation au pont ici », déplore Thierno Mamadian Diallo.

Mamadou Oury Dalein Diallo, transporteur s’est bloqué au niveau de ce pont de l’abattoir pendant des heures. Il soutient qu’après les averses de pluies il est difficile voire même impossible de traverser. Il relate sa mésaventure.

« Cette route relie plusieurs localités. Mais quand il pleut, tous les usagers rencontrent des problèmes pour traverser à ce niveau. Les usagers sont peinés par cette situation. La plupart du temps après chaque grande pluie les conducteurs sont obligés d’attendre de part et d’autre pendant près de trois heures de temps pour pouvoir traverser. Nous demandons de l’aide aux autorités pour réparer cette partie et réduire le calvaire des usagers. Eux-mêmes ils passent par-là, ils ont vu le problème mais c’est la population qui souffre de plus », s’est lamenté ce transporteur.

Saliou Diouldé Diallo, détenteur d’un engin à trois roues fait la navette entre l’abattoir de Labé et la boucherie centrale chaque matin pour le transport de la viande. L’état de la route et la crue de ce cours d’eau les empêchent parfois d’accéder à l’abattoir pour récupérer la protéine.

« Nous avons beaucoup de problèmes ici…Nous venons des fois mais nous ne trouvons pas de passage. Ceux qui travaillent pour l’électrification de la ville de Mali sont venus faire une déviation ici pour le transport de leur matériel. Mais le hic, c’est qu’ils bloquent le passage de l’eau. Lorsqu’il pleut, l’eau quitte le lit du cours d’eau pour inonder l’abattoir. Les gens qui rentrent vers la sous-préfecture de Tountouroun et environs passent par-là, tu peux venir ici et trouver près de 50 véhicules des deux côtés. Parfois si nous venons, on stationne sur la colline parce que la route est complètement détruite », raconte cet autre usager.

Le président de la coopérative des bouchers de Labé accuse la société ayant fait le reprofilage de la route d’être à l’origine de leur malheur. Chaque matin, avant tout abattage, Boubacar Kanté et son équipe débouchent les égouts et les fosses pour faire évacuer l’eau.

« La société qui a reprofilé la route Labé-Mali a mis une déviation à côté du pont. Ils ont mis deux petits tuyaux pour le passage de l’eau et ont laissé le reste comme ça. Maintenant quand la pluie a commencé à être abondante, l’eau du cours d’eau ne pouvait pas passer par ces deux tuyaux, elle a débordé sur le pont. Actuellement l’abattoir est complètement envahi (…). Les canalisations de fortune qu’on a mises ne suffisent pas, nous demandons de l’aide sinon, c’est la population qui va continuer de souffrir. L’alimentation de toute la population est liée à la viande, donc nous devons avoir un endroit propre pour notre travail », déclare le président de la coopérative des bouchers.

Interrogé, le secrétaire général du syndicat des transporteurs et mécanique générale CNTG Labé a exprimé son inquiétude sur l’état actuel du tronçon entre Labé et Mali reprofilé il y a à peine quelques mois.

« Depuis la construction de cette déviation au niveau du pont, un bourbier s’est créé. Parce que l’eau n’a plus de passage. On ne peut pas mettre des blocs ici pour dire qu’on va réparer. Il n'y a pas une autre déviation par où passer. Vraiment c’est un problème. La route Labé-Mali est complètement gâtée… », dénonce Maître Tanou Nadhel Diallo.

Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le Jeudi 01 septembre 2022 à 16:37