A la rencontre Gneypou Lamah, qui excelle dans le lavage automobile : "Il n’y a pas de sot métier…"

N'Zérékoré
Gneypou Lamah
Gneypou Lamah

N’ZÉRÉKORÉ- « Il n’y a pas de sot métier », enseigne le dicton.  Âgée de 29 ans, Gneypou Lamah, a vite cerné le sens de ce proverbe populaire. Cette jeune fille au physique « masculin » a décidé d’embrasser une activité généralement réservée aux hommes en Guinée. Le lavage automobile.

Célibataire de son état, elle serait la seule femme dans la commune urbaine de Nzérékoré, qui exerce le lavage automobile, pour subvenir à ses besoins. Notre correspondant dans la région forestière est allé à sa rencontre au quartier Burkina.

Faut de soutiens, Gneypou a abandonné ses études en 10ème année. Elle décide alors de se lancer dans le commerce au grand marché de N’zérékoré. N’ayant pu prospérer dans le commerce, elle décide cette fois de faire un « travail d’homme ».

"J'ai étudié jusqu'en 10ème année. Par manque de soutien j'ai abandonné. Je me suis lancée dans le petit commerce. Comme ça n'allait toujours pas, je me suis dirigée par là. Je fais le lavage automobile. Lorsque suis venu trouver mes amis (hommes) et j'ai exposé mon problème au responsable, au début, il avait des doutes sur ma capacité de tenir le travail là. Lui, il pensait que c'était de la blague. Nous avons fait deux jours d’activités, il a compris que je tenais", explique-t-elle, rencontrée sur son site de travail.

 

Gneypou lave des motos et véhicules. Le coût de la prestation varie entre 8.000 à 30.000Gnf, selon l'engin. Ici, elle gagne son prix de pain après avoir retiré le pourcentage de son employeur. Même si elle a d'autres rêves, elle préfère pour l'instant, s'accrocher à cette activité.

Il n’y a pas de sot métier

« Le prix du lavage des engins varie. Par exemple, on lave les motos entre 8 et 10.000Gnf. Et sur chaque moto le patron reçois 2000Gnf. Les véhicules, c'est entre 25 à 30.000Gnf. Sur chaque véhicule également, le patron a 5.000Gnf que nous lui déposons. Mais pour dire vrai, il y a beaucoup de femmes qui ne peuvent pas faire ce boulot-là. Rares sont celles qui pourront tenir. Tout simplement parce qu'elles ont honte. Mais pour moi, il n’y a pas un sot métier, j’arrive à tirer mon épingle du jeu », confie-t-elle.

Gneypou Lamah nourrit un autre rêve. Faire une formation pour pouvoir conduire les poids lourds. "Si j'avais du soutien, j'aimerais faire une formation en poids lourds. Mais pour le moment, je suis là pour joindre les deux bouts », dit-elle, appelant les bonnes volontés à lui venir en aide pour faire de ses rêves une réalité.

La préfecture de Nzérékoré est depuis un moment dépourvu de grandes entreprises pouvant employer un nombre important de personnes. Dans la région, l’arrêt des activités minières -Zogota, Simandou (Préfecture de Beyla), Nimba (Lola)- pendant le régime d'Alpha Condé a plongé de nombreux jeunes dans le chômage.

La Soguipah aussi située à Diécké, dans la préfecture de Yomou traverse une crise sans précédent ces dernières années. Le lancement du courant électrique issue de l'interconnexion il y a près d'un mois, suscité un grand espoir chez plusieurs citoyens qui pensent que c'est le début d'un développement dans la zone.

A suivre...

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : (00224) 628 80 17 43

Créé le Samedi 30 avril 2022 à 10:12