Assises : Pourquoi les partis de Cellou et Sidya ont "tourné le dos" à Doumbouya?

Guinée
Cellou Dalein Diallo, Mamadi Doumbouya, président de la Transition  et Sidya Touré
Cellou Dalein Diallo, Mamadi Doumbouya, président de la Transition et Sidya Touré

CONAKRY-Les assises nationales guinéennes s’ouvrent officiellement ce mardi 22 mars 2022 au Palais Mohamed V de Conakry. Elles seront lancées par le Président de la Transition, colonel Mamadi Doumbouya en présence des membres du Gouvernement, des leaders religieux, des dirigeants de partis politiques.

Bien qu’ayant été invités par le Gouvernement à prendre part à l’ouverture officielle de ces journées dénommées « vérité et pardon », les partis des anciens premiers ministres Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré n’y prendront pas part, a appris Africaguinee.com. L’union des forces républicaines (UFR) et l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), deux grandes formations politique du pays, ont opté pour le boycott. Pour quelle raison ? Explications.

Interrogé par Africaguinee.com, le secrétaire exécutif de l’UFR Saikou Yaya donne les raisons de leur boycott. "On a décidé de ne pas prendre part aux assises nationales parce qu'il n'y a aucune lisibilité. La lisibilité devait être connue en amont. De quelle manière seront-elles organisées ? Si nous devons participer nous devons le faire sur toute l'étendue du territoire national. Nous devons pouvoir informer nos bases pour qu'ils participent. Cela n'a pas été fait. Nous n'avons ni les thèmes, ni le cadre organisationnel de ces assises.

C'est pourquoi nous avions réclamé un cadre qui allait permettre d'introduire ce genre de discussions afin de formaliser de manière efficace pour que ça soit admis par l'ensemble des forces vives de la nation. Nous avons vu fuiter un TDR (termes de références) qui est plagié. Tout ça en dit long sur le manque de sérieux dans la gestion de ces genres d'activités qui sont quand-même très importantes. 

Lire aussi-Assises Nationales : le parti d’Alpha Condé et ses alliés y prendront part…

Les assises appellent à la justice, la vérité, le pardon et la réconciliation nationale. Pour qu'il ait ça, il faudrait bien qu'il y ait une organisation en amont. On ne peut pas nous présenter quelque chose comme par la presse, et nous dire venez alors qu'on ne sait pas dans quoi nous sommes. Il faudrait qu'on soit sérieux dans ce que nous faisons. Ce genre d'activités doit concerner l'ensemble des fils du pays. Mais ça là c'est du n'importe quoi".

Interrogé sur le même sujet, Joachim Baba Milimouno a précisé que 58 partis politiques se sont retrouvés ce 21 mars et ont décidé unanimement de ne pas aller à ces assises. Mais pourquoi ? Le vice-coordinateur de la Cellule de communication de l’UFDG explique :

« Dans ce pays, on aime trop le perpétuel recommencement. Il y a quelques années on a parlé de réconciliation nationale. Une commission Provisoire a été mise en place. Les Nations-Unies ont mis l'argent, une assistance technique dans ce travail, des enquêtes ont été menées sur l'ensemble du territoire national. Un rapport a été produit sous les auspices de Monseigneur Vicent Coulibaly et le grand Imam Elhadj Mamadou Saliou Camara. Ce rapport-là, qu'est-ce que les nouvelles autorités en ont fait ?

Le CNRD est venu, les deux religieux sont allés présenter ce rapport au Président de la Transition, qu'est-ce qu'il en fait ? Au lieu de rentrer dans des imitations inutiles pour ne pas s’approprier du rapport qui existe ? Est-ce que la Guinée a connu la même situation que la Sierra Leone et le Libéria, du Burkina ou Mali ? On dit assises nationales, d'accord. Mais nous, on va prendre part en tant partie prenante ou tant que qui ? 

Ils ont fixé une date de début des assises nationales sans terme de référencement. C'est quand on a parlé ils ont sorti un document plagié pur et dur du copier-coller d'un document Sénégalais. Il n'y a pas de sérieux ", explique M. Milimouno.

Toutefois nous avons appris ce matin que certaines formations politiques membres des « 58 » ont fait un revirement et ont finalement décidé de participer à l’ouverture des assises. C’est notamment le cas de la CORED, bloc politique dirigé par Mamadou Sylla. « Si la Présidence en tant que première autorité t’invite à l’ouverture officielle des assises, par respect, je crois qu’il faut venir marquer ta présence. Donc, la majorité des partis membres de la Cored a décidé d’aller répondre à l’invitation par respect et courtoisie. Donc, on a décidé d’aller assister à la séance d’ouverture », a confié Elhadj Mamadou Sylla, le président de la Cored.

A suivre…

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mardi 22 mars 2022 à 11:17