Violences à Conakry, mission de la Cedeao, recours : Cellou Dalein Diallo parle…

Guinée
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG

CONAKRY-Déguerpi de sa résidence située à Dixinn, Cellou Dalein Diallo est loin d’avoir « baissé les armes ». Le leader de l’UFDG annonce un recours au tribunal pour examiner son dossier au fond, espérant que cette fois-ci, la juge saura rendre justice conformément à la Loi. L’ancien premier ministre qui a répondu aux questions d’un pool de journalistes cet après-midi, s’est aussi exprimé sur la mission conjointe « ONU-CEDEAO » qui a été « sommée » par les autorités à ne pas rencontrer les acteurs politiques. M. Diallo s’est également exprimé sur les violences ayant éclaté dans certains endroits de la capitale. Synthèse.

Du verdict du tribunal et du recours…

Je suis déçu par cette décision. Parce que je sais que mes avocats ont présenté des arguments pertinents au regard de la Loi. Mes avocats ont décidé de saisir le même tribunal par rapport au fond. Parce que la propriété a été acquise dans le strict respect des règles et des procédures en vigueur au moment de cette acquisition. Je suis surpris que le patrimoine bâti qui a représenté l’Etat dans cette acquisition envoie cette demande de libérer. C’est lui-même qui a encaissé le chèque qui a permis d’acheter le terrain et les bâtiments qui l’abritent. Nul n’était mieux placé que le patrimoine bâti public pour savoir que ce domaine est ma propriété au regard de la Loi.

 Je suis déçu aussi par la méthode. Je voulais que les guinéens se respectent davantage. Le traitement violent qu’on a infligé à Sidya et moi, qui avons été Premiers ministres (…) frise la haine. J’ai vu le chef d’État-major des armées, le haut commandant de la gendarmerie, entourés de soldats, de gendarmes, dans ces concessions, se réjouir. La méthode, la procédure, la violation de la Loi, tout cela n’est pas de nature à favoriser la cohésion, l’unité des guinéens (…). Mais nous attendons que le tribunal fasse son travail en espérant toujours qu’il y aura un sursaut patriotique du juge pour rendre la justice conformément à la Loi.

Des violences à Conakry…

Je déplore les violences. Je ne suis pas un homme violent. J’ai toujours prôné la paix, non pas par l’exhortation et en rappelant ses vertus. J’ai prôné la paix des fois en acceptant l’inacceptable pour éviter que ce pays ne soit engagé dans des violences. Je déplore toute violence et je revendique le respect de la Loi. Je lance un appel à ceux qui dirigent le pays pour le respect des droits et des libertés des citoyens. Je souhaite que la Guinée vive en paix, mais la paix se construit par la justice et le respect des droits des autres.

J’ai opté pour la justice même si j’avais des doutes quant à sa capacité de dire le droit parce qu’il y a toujours son instrumentalisation par les gouvernants. Je rappelle que le colonel avait invoqué cette instrumentalisation de la justice pour justifier sa prise de pouvoir le 05 septembre. Je souhaite que la présomption d’innocense soit respectée, je souhaite que la paix continue de régner au moins jusqu’à ce que tous les recours judiciaires soient épuisés.

Familles épargnées…

J’ai appris que ceux qui ont bénéficié de décrets qui datent au temps de la première république du président Sékou Touré sont exonérées de justifier leur acquisition. Par contre ceux qui ont bénéficié des décrets à partir de 1984, doivent le justifier. Ceci dit, je pense que la plupart des gens interpelés dans cette affaire, en dehors de Sidya Touré et moi, j’ai le sentiment que ce sont des victimes collatérales. Au départ, on disait que c’est du petit bateau à Landréah. Même si on n’a pas annulé pour les autres, la médiatisation, la mobilisation de la force sont dirigés contre les deux leaders politiques.

Mission de la Cedeao

Nous avons un problème dans ce pays. Il y a un refus de dialogue, il y a un mépris des autorités vis-à-vis de la classe politique. On refuse carrément de mettre en place un cadre de dialogue pour qu’on échange en tant que guinéens. La Cedeao, les Nations-Unies arrivent, on nous écrit pour nous transmettre une demande de rencontre, on la programme. Les autorités du pays disent qu’il ne faut pas rencontrer la classe politique. Où avez-vous vu ça ? La crise est là. Ils ne veulent pas que ceux qui sont susceptibles de nous aider, rencontrent les acteurs politiques…Il faut juger. Ceux qui auraient pu faciliter le rapprochement des positions pour que la transition soit conduite dans la paix, on refuse. Il faut qu’on se respecte.

En dehors des responsabilités qu’on a occupé, comment peut-on sortir Cellou Dalein et Sidya Touré dans les conditions qu’on a vécues ce matin. Pourquoi ne pas dialoguer ?  Nous considérons ces militaires comme nos frères. On peut s’assoir, discuter, trouver un consensus. Mais par l’exclusion et la violence des autres, on ne peut va construire la paix. Il faut que ça change".

A suivre...

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Lundi 28 Février 2022 à 18:37