Mamadou Sylla révèle : "Ce que Cellou avait dit au président Conté à propos d'Air Guinée…"

Guinée
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG

CONAKRY-Vendredi 21 janvier 22, le procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry, Alphonse Charles Wright, a instruit le procureur spécial près de la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières) d’engager la poursuite judiciaire sans délai, sur certains dossiers d’audits datant de « mathusalem ».

Alphonse Charles Wright a listé une kyrielle de dossiers, mais dit détenir les rapports définitifs de cinq d’entre eux. A savoir : le Fonds koweitien, les chemins de fer-Guinée, la vente d’Air guinée, le projet coton et GUINOMAR.

Le procureur a indiqué que ces audits mettent en évidence des faisceaux d’indices concordantes de faits de détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écriture publique, recel, vols aggravés, enrichissement illicite, corruption, abus d’autorité, blanchiment d’argent et complicité.

En ce qui concerne Air Guinée et l’audit qui en avait été fait au temps de Dadis Camara, sous la supervision de Dr. Ousmane Kaba, Africaguinee.com, a interrogé Elhadj Mamadou Sylla. Comme à ses habitudes, il n’a pas fait dans la langue de bois. Le moins que l’on puisse dire, ce que l’ancien président du Patronat jette un sérieux discrédit sur ce rapport d’audit, qu’il qualifie de chiffon rempli de « haine » et de « mépris ». Il « lave » Cellou Dalein Diallo et précise que c’est feu le président Conté qui lui avait vendu l’avion.

« Il y a eu un audit commandité au temps de Dadis. Des gens se disant docteur ou autre, ont poussé leur mauvaise foi, au point de vouloir m’abattre. Moi, le gouvernement ne peut pas m’auditer, il n’a pas le droit d’auditer un privé. Entre un client et un fournisseur, forcément il peut y avoir des problèmes. Mais s’il y a un problème, il faut un arbitre. Est-ce que l’État qui a l’armée et tout peut-être cet arbitre ? NON. Sinon ce serait brimer le droit d’un citoyen.

Le premier qui a commencé cet audit c’est un ami, Elhadj Cellou Dalein Diallo. On était très d’accord avant qu’il n’y ait une brouille entre nous. Il avait fait un ordre de mission qu’il avait donné à Kerfalla Yansane, (ancien ministre des finances) de venir m’auditer. J’en avais parlé au président Conté qui m’avait demandé si l’État était actionnaire dans mon entreprise (Futurelec Holding).  Je lui avais répondu non. Il a dit dans ce cas, l’État ne peut pas t’auditer.

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J’ai travaillé avec le gouvernement, j’étais fournisseur et l’Etat en était mon client. C’est pourquoi, au niveau international, les gens avaient condamné le fait que je sois arrêté. Car, on ne peut pas être jugé et partie. L’inspection d’État ne peut pas contrôler un opérateur économique. Je connais mes droits et mes devoirs.  En ce qui concerne le paiement des impôts et taxes, si tu ne t’acquittes pas, on peut fermer les locaux de ton entreprise, et on peut aller jusqu’à saisir la justice.

En ce qui concerne le rapport d’audit bidon d’Air Guinée, j’ai dit partout que Elhadj Cellou était un simple ministre des Transports. C’est le président qui m’avait vendu l’avion à un prix exorbitant, le double d’ailleurs. A l’époque, on ne se parlait même pas, mais Elhadj Cellou avait dit au président Conté, c’est difficile qu’une seule personne tienne une compagnie que l’État n’a pas pu gérer. Il avait dit que même dans les grands pays comme la France, c’est l’État qui injecte de l’argent sinon Air France ne peut pas s’en sortir. Quand le président a dit 5 millions d’euros, il a dit que le prix est trop cher et que la Banque mondiale a demandé de vendre l’avion à un prix symbolique.

L’avion était déjà bloqué à Tel Aviv à cause de 2 millions 500 mille Uds environ. L’Etat n’avait pas l’argent pour payer. C’est en ce moment que le président Conté m’a intimé de payer l’avion à 5 millions Usd. Alors que j’ai acheté un autre avion, un Boeing plus neuf et plus grand à 2 millions Usd. Donc, l’épave d’Air Guinée m’avait coûté le prix de deux Boeings et demi.

Mais les gens qui ont fait ce rapport d’audit ne parlent pas de leur propre dossier alors qu’ils sont les nouveaux riches du pays. Ils ne nous disent pas comment ils ont eu leur fortune. Les auteurs de cet audit bidon ce sont des nouveaux riches du pays. Le premier qui avait fait cet audit, un certain Baldé, il m’avait donné raison.

Mais comme ils voulaient m’abattre, ils ont fait un autre audit pour cacher la réalité. Mais le gars (allusion faite à Ousmane Kaba, Ndlr) qui est derrière ça a fait le coup pour remplacer le nommé Baldé. Souvenez-vous qu’on était proche des élections présidentielles, il (Ousmane Kaba, Ndlr) voulait éliminer Cellou et moi de la course pour qu’il se positionne. C’est pourquoi, ça n’a pas prospéré.

Quand Alpha Condé est venu au pouvoir, il avait voulu en savoir plus sur le dossier Air Guinée parce que partout là où il y a le nom de Cellou il s’y intéresse. C’est ainsi que le président Alpha avait appelé certains députés dont celui qui avait supervisé l’audit (Ousmane Kaba, Ndlr). Ça s’est passé devant témoin. Honorable Dembo Sylla était présent.

Le président lui a demandé est-ce que tu peux lire ce rapport à la télé devant tout le monde, il a dit non qu’il ne peut pas. Alpha a pris le rapport et l’a jeté sur sa figure. Il a dit : « ce n’est pas honnête, tu veux poignarder les gens par derrière parce que tu ne peux pas parler devant eux ». Voilà, c’est un rapport chiffon qui n’a aucune valeur juridique. C’est un chiffon plein de haine et de mépris contre les gens ». 

A suivre…

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 669 91 93 06

Créé le Lundi 24 janvier 2022 à 2:36