Guinée : Face aux exigences du barreau, Gaoual et Cie doivent-ils s'inquiéter?

Guinée
Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo et Cellou Baldé
Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo et Cellou Baldé

CONAKRY-Le 16 juillet dernier, le Directeur National de l'Administration Pénitentiaire du ministère de la Justice, Charles Victor Macka, a accordé un régime de semi-liberté aux opposants Chérif Bah, Ousmane Goual Diallo, Cellou Baldé et Abdoulaye Bah, pour des raisons médicales. Ces hauts dirigeants de l'UFDG ont été renvoyés fin avril devant le parquet de Dixinn pour être jugés, mais la date de leur procès n'est pas encore fixée.

Le 10 août dernier, le Directeur National de l'Administration Pénitentiaire, a révoqué sa décision concernant l'ex président de la Délégation spéciale de Kindia, qui avait aussitôt été reconduit à la maison centrale. Abdoulaye Bah séjour en prison.  

Une semaine après sa réincarcération, le barreau est monté au créneau en exigeant l'annulation pure et simple des décisions prises par M. Charles Victor Macka, concernant l'opposant Abdoulaye Bah. Faute de quoi, ils menacent de se constituer partie civile pour engager un procès. Le Barreau dénonce une immixtion du pouvoir exécutif dans le domaine du pouvoir judiciaire.

Ousmane Gaoual (encore à Conakry), Chérif Bah (qui a déjà voyagé) et Cellou Baldé (en séjour à Labé) dont l'acte de libération est signé par le même Directeur qui a ramené Abdoulaye Bah en prison doivent-ils s'inquiéter ? Pas vraiment. Le ministère de la Justice semble montrer qu'il a d'autres chats à fouetter que de revenir en arrière, bien que le risque d'un bras de fer est présent.

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Contacté par notre rédaction, le Directeur National de l'Administration Pénitentiaire n'a pas voulu commenter le sujet. "Je n'ai pas de commentaires à faire sur ce sujet",  a brièvement répondu Victor Charles Maka. 

Du côté du département de la justice, c'est également silence radio. "On n'a rien à dire. Chacun est libre de dire ce qu'il veut. Nous, nous travaillons et c'est sans commentaire", nous a confié un haut cadre du département.

Même son de cloche chez le responsable de communication du Ministère dirigé par maître Mory Doumbouya. "On n'a pas de réaction à faire face cette déclaration. Là où ils (les avocats, ndlr) n'ont pas fait de déclarations quand leurs clients étaient libres, ce n'est pas quand un de leurs clients désobéit à un principe relatif à la liberté conditionnelle qu'ils vont faire une réaction et qu'on réponde. Honnêtement, pour le moment, le cabinet n'a pas de réaction à faire", a indiqué Sékou Keïta. 

Qu'en dit l'UFDG ?

Interrogé, Aliou Condé, le vice-président en charge des affaires politiques a indiqué que pour le moment le parti ne s'est pas retrouvé autour de cette déclaration. "On peut rien dire", a-t-il martelé.    

Un autre responsable du parti de Cellou a été plus tranchant sur le sujet. « Le parti ne donne aucune position. Nous ne commentons pas cette déclaration du Barreau» a-t-il dit.

Dossier à suivre…

 

Oumar Bady Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: 00224 666 134 023

Créé le Mercredi 18 août 2021 à 20:18