Guinée : le ministère de la justice répond aux « accusations » d’Amnesty

Guinée
Maitre Mory Doumbouya, garde des sceaux
Maitre Mory Doumbouya, garde des sceaux

CONAKRY-Le ministère guinéen de la justice a répliqué ce mercredi 3 février 2021, aux accusations d’Amnesty International, qui dans un rapport paru hier mardi, a dénoncé les conditions de détention dans les prisons guinéennes, notamment à la maison centrale.

Dans son rapport intitulé « Morts en détention et prison ferme pour des opposants », Amnesty fustige les détentions arbitraires sans procès, les privations de soins et de visite et des conditions d’emprisonnement témoignant, selon l’ONG international de défense des droits humains, du « profond mépris » des autorités pour la vie humaine, et leur « indifférence totale à la déshumanisation des lieux de détention».

Du berger à la bergère, le département guinéen de la justice, a balayé d’un revers de la main les constats d’Amnesty. Merci de lire ci-dessous la note réponse des autorités guinéennes.

C’est avec étonnement que le Ministère de la Justice a pris connaissance par voie de presse du contenu du rapport unilatéral, non contradictoire d’Amnesty International fondé sur des éléments manifestement erronés, n’ayant fait l’objet d’aucun recoupement pour la manifestation de la vérité.

Plus grave, le contenu de ce rapport a été exposé sur Radio France internationale ce jour 03 février 2021 par Monsieur Fabien OFFNER se disant Chercheur en Afrique de l’Ouest à Amnesty International, sans la moindre objectivité.

Le Ministère de la Justice apporte un démenti formel à toutes ces allégations infondées qui dénotent de l’esprit partisan et subjectif d’Amnesty International sur toutes les questions de droits humains concernant la République de Guinée.

Cependant, sans vouloir entrer en polémique avec Amnesty International, le Ministère de la Justice tient à apporter les précisions suivantes :

1- La République de Guinée est signataire de plusieurs conventions Internationales et Régionales relatives aux droits humains, tous ces instruments juridiques ont été internalisés dans sa législation pour être en conformité avec les standards internationaux en matière de détention.

À ce titre, les droits fondamentaux des détenus sont respectés aussi bien dans le domaine de la santé, de l’alimentation, de l’hygiène que de l’intégrité physique et morale.

En outre, ils bénéficient tous de l’assistance judiciaire à travers les prestations des avocats.

Affirmer péremptoirement qu’une telle prison est un « mouroir » où il n’existerait qu’« un médecin pour deux mille détenus environ », relève d’une légèreté déconcertante et méprisante de son auteur.

Par ailleurs, c’est le lieu de souligner que tous les détenus malades sont suivis par une équipe de médecins et bénéficient de soins appropriés dans les deux plus grands hôpitaux de la capitale.  

2-   Tous les cas de décès enregistrés à la Maison Centrale de Conakry, ont fait l’objet de communications du Ministère de la Justice accompagnées de dossiers médicaux délivrés par les médecins traitant avec indication des causes des décès et la possibilité pour les parents ou toutes les structures intéressées de demander d’éventuelles autopsies des corps.

À ce propos, aucune demande d’autopsie n’a été refusée ou restée infructueuse comme le prétend Amnesty International.

3- le Ministère de la Justice rassure l’opinion que les personnes interpelées n’ont fait l’objet d’aucune arrestation arbitraire.

Toutes ces personnes sont poursuivies pour des infractions précises de nature à troubler l’ordre public et la stabilité de l’Etat.

Le Ministère de la Justice, garant des droits et liberté fondamentaux des citoyens, réaffirme son adhésion à la déclaration universelle des droits de l’homme et son attachement aux principes de l’Etat de Droit et de la Démocratie.

 

Fait à Conakry, le 03 Janvier  2021

Créé le Mercredi 03 Février 2021 à 16:32