Confidences de Damaro : "J’ai dit au Président qu’en partie c’est de sa faute…"

Guinée
Amadou Damaro Camara, Président de l'Assemblée Nationale
Amadou Damaro Camara, Président de l'Assemblée Nationale

CONAKRY-Le président de l'Assemblée nationale entouré des responsables des groupes parlementaires, a fait des confidences ce mardi 26 janvier 2021, lors d’une rencontre avec des représentants des coordinations régionales.

L’honorable Amadou Damaro Camara a saisi cette occasion pour expliquer dans quel cadre son institution a voté la résolution encadrant les activités des coordinations régionales. Le président de l'Assemblée Nationale a précisé qu’une résolution n’a pas force de Loi.

“ Une résolution en soi n'est pas une loi. Elle interpelle, attire l'attention et exprime l'inquiétude. Je crois que l'Assemblée Nationale est bien dans son rôle en s'inquiétant des tournures de certaines relations que notre pays prenait. Nous avons regretté à Macenta qui est le plus récent que des guinéens s'entretuent tout simplement parce qu'on veut la paternité d'une ville. C'est d'autant plus regrettable que Conakry où nous sommes tous, personne n'a encore cherché la case du fondateur.

L'autre motivation de l'Assemblée, c'est l'autorité de l'État que nous avons considéré qu'elle n'est plus respectée. Le préfet est beaucoup plus au boulot que dans son bureau. Le juge ne peut plus appliquer ses décisions de justice si ça ne plait pas au Sotikémo ou au conseil des sages.

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Personne n'est contre les sages, mais aujourd'hui dans la pratique, il y a une différence entre les vieux et les sages. Il y a des vieux qui sont moins sages qui ne devraient être. 

Aujourd’hui même, je suis parti m’expliquer chez le Chef de l’Etat. Je dois avouer qu’avant aujourd’hui, je le lui ai reproché. Je lui ai dit qu'en partie c'est sa faute. Quand il va dans une préfecture, il y a une catégorie de guinéens qui ne viennent pas à sa réception, ils attendent dans leur case, c'est lui qui se déplace pour aller les saluer, accompagné de ses préfets, gouverneurs et ministres. Souvent ils réprimandent ces hauts fonctionnaires devant la notabilité et après lui, ils n'ont plus absolument aucune autorité alors que l'État doit être le seul qui protège tout le monde. Tout le monde doit se référer à l’Etat.

Vous coordinations régionales, vous jouez un rôle extrêmement important pour la cohésion et l'unité nationale, et nous voulons que ça soit votre rôle. (…) Nous voulons demander humblement, on a besoin d'encadrer vos activités, vos idées, c'est-à-dire, on ne veut pas d'organisations basées sur la langue. On veut avoir quatre interlocuteurs qui vont répondre pour régler les problèmes sociaux de la Basse Côte, de la moyenne Guinée, Haute Guinée Et de la Guinée forestière.

Nous à l'Assemblée nous sommes vos fils ainsi que le gouvernement, personne n'est contre ces organisations. Nous voulons les encadrer pour nous aider à ce que vous fassiez le rôle qui vous est dévolu. Malheureusement, au sortir d'ici, d'autres organisations vont dire qu'elles ne sont pas concernées. Il y a des coordinations de la mouvance ou de l'opposition, ce n'est pas ce que nous cherchons. On n’a rien contre vous, mais nous voulons que vous mettiez de l'ordre dans votre travail. 

Nous attendons que vous vous concertiez et nous dire comment vous voulez être organisées. Et comme ça, nous allons nous concerter avec l'exécutif et si on doit prendre une loi nous le ferons. Nous ne voulons pas faire pour qu'elle soit falsifiée. Parce que le jour où on prendra la loi, elle s'appliquera à tout le monde. Et celui qui la violera elle s'appliquera contre sa personne ».

A suivre…

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mardi 26 janvier 2021 à 21:25