Kendoumayah : Nouveau rebondissement dans le "bras de fer" entre l’Eglise et la famille Oitty

Coyah
Image d'illustration
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COYAH- L’église catholique dirigée par le père Côme Emmanuel supérieur de la communauté du monastère Saint Jean, est aux prises avec la famille Oitty autour d’un domaine de plusieurs hectares situé dans la sous-préfecture de Wonkifon dans Coyah. Ce conflit domanial qui a éclaté en septembre 2020 est loin de connaître son épilogue.

Accusé par l’église d’être l'instigateur de ce conflit, Richard Turpin, le fils de Joséphine Oitty sort du silence pour, dit-il, faire la lumière sur plusieurs zones d’ombre de cette affaire. Lorsque le conflit a éclaté en septembre dernier, il s'en est fallu de peu qu'il n'y ait pas eu "mort d'homme". C'est grâce à l'intervention des forces de l'ordre que le pire a été évité. A l'époque, l'archevêque de Conakry monseigneur Vincent Coulibaly était intervenu pour demander à l'Etat de prendre des dispositions. Aujourd'hui, les nerfs se sont calmés, mais l'affaire risque d'exploser à tout moment. Car chaque camp campe apparemment sur sa position. Joint par Africaguinee.com, Richard Turpin a balayé d'un revers de la main la position des chefs de l'Eglise.

«Tout ce que le prêtre a dit ne colle pas à la réalité. J’ai la copie du jugement et le titre foncier. A l’époque, les prêtres c’était des blancs. Ils sont venus là-bas en 1992 et ont demandé à ma maman de leur prêter sa plantation de 54 hectares à Kendoumayah. Comme ma maman a grandi en France chez les religieux, elle est croyante, donc elle leur a prêté la plantation. Moi, j’avais dit à ma maman de ne pas le faire. Maintenant quand on a voulu le récupérer, je suis allé là-bas en 2004, j’ai envoyé des colas chez un des cultivateurs de mon grand-père et lorsque qu’il a été sur les lieux, on lui a dit que la plantation a été baillée pour 50 ans. Deux ans après, j’étais revenu et j’avais rencontré l’archevêque et aussi un prêtre blanc qui m’a dit que la plantation a été baillée pour 50 ans. Je lui avais demandé ce qu’il avait donné à ma maman en contrepartie et de me sortir les documents. Il a rigolé et m’a répondu encore que c'est suite au contentieux franco-guinéen que l’Etat leur a donné le domaine. Un prêtre qui vous dit deux versions en même temps dans l’intervalle de 5 minutes, vous imaginez », a expliqué Richard Turpin précisant que sa famille a acquis ce domaine en 1937.

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« J’avais averti monseigneur Vincent Coulibaly en disant que ça ne va pas se terminer comme ça. Comme nous étions tous en France, il pensait qu’on n’avait personne en Guinée. On a été voir les coutumiers, ils ont fait des enquêtes, il y a même certains qui ont travaillé pour mon grand-père parce qu’on a cette plantation depuis 1937 au temps des colons. Ma maman a hérité de cette plantation de son papa qui était Jean Oitty. Les coutumiers les ont convoqués à plusieurs reprises mais ils ne se sont pas présentés. C’est ainsi qu’ils nous ont fait un papier en disant que la plantation est à nous et qu’on pouvait commencer les travaux. Ensuite, dès qu’on a entamé les travaux, ils (les responsables de l’église ndlr) sont allés nous poursuivre au tribunal. Quand on a gagné le procès, pour nous retarder, ils ont fait appel. Maintenant, les villageois les ont poursuivis pour leurs terres et c’est ce qui a occasionné la pagaille à Kendoumayah. L’ancien préfet de Coyah, Sory Dioubaté peut témoigner. Ils ont fait une enquête à l’époque pour que l’Etat leur donne mais l’Etat avait reconnu que ce n’était pas à lui. Le prêtre dit que c’est ma maman qui les a poursuivis, mais en réalité, c’est eux-mêmes qui avaient porté plainte et ils avaient perdu », a indiqué Richard Turpin.

Il a précisé que c’est à la demande du président Alpha Condé que les travaux ont été arrêtés.  « Actuellement, il y a une association qui nous a soutenus et qui a fini de lotir le domaine.  Ils n’ont plus la main mise sur la plantation et c’est le président Alpha Condé lui-même qui a demandé à ce qu’on arrête les travaux pour le moment dans la plantation jusqu’à la fin des élections parce que ça avait pris de l'ampleur et le président était obligé d’intervenir. Ma maman a 78 ans, on ne peut pas les attendre pour aller au tribunal. Ce qui vous appartient, vous appartient. On les a prêtés le domaine et maintenant, ils veulent nous le détourner », a laissé entendre le fils de Joséphine Oitty, qui a joint notre rédaction.

A suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

Créé le Dimanche 10 janvier 2021 à 11:10

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