Simandougate : Beny Steinmetz rattrapé par son passé sulfureux en Guinée…

Guinée
Beny Steinmetz
Beny Steinmetz

GENEVE- C'est un nouveau chapitre de Simandougate qui s'ouvrira en Suisse, la semaine prochaine. Le procès du milliardaire franco-israélien et patron de la Société BSGR (Benny Steinmetz Group Resources) s’ouvre, ce lundi 11 janvier 2021, devant le Tribunal correctionnel de Genève. 

L’acte d’accusation évoque un «pacte de corruption» impliquant des millions de dollars de pots-de-vin qui a été scellé en 2005 entre l’homme d’affaires Beny Steinmetz et Mamadie Touré, l'une des épouses de feu président Général Lansana Conté au pouvoir en Guinée de 1984 à 2008.

Les blocs 1 et 2 de Simandou seront au cœur du procès. Le patron de BSGR est accusé d’avoir versé 10 millions Usd de pots-de-vin à l’épouse du feu président Lansana Conté, afin de faire main basse sur les licences de prospection et d’exploitation minières des gisements en question au détriment de Rio Tinto.

Parmi la dizaine de personnes convoquées, le mercredi 13 janvier, figure Mamadie Touré, dont la venue reste très improbable, et qui n’a jamais été entendue en présence des prévenus. Celle qui fut la quatrième épouse du président Conté, aurait reçu environ 2 millions de dollars en cash, selon ses propres déclarations, et environ 8,5 autres millions sur ses comptes à Conakry et à Miami, contre la promesse (tenue par le chef d’Etat peu avant de mourir fin 2008) d’octroyer à Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) les droits miniers sur des secteurs de Simandou, tout en éjectant le géant anglo-australien Rio Tinto de la place”, écrit le média suisse, Le Temps.

Situé dans le sud de la Guinée, Simandou est une chaine de montagnes qui recèle le plus grand gisement de fer encore inexploité dans le monde. La réserve a attiré la convoitise de nombreuses multinationales dans le monde. La Saga de Simandou a fait l'objet d'un long bras judiciaire, d'abord entre la Guinée et BSGR, ensuite entre BSGR et Vale. En avril 2019, un tribunal londonien a condamné BSGR a versé la coquette somme de 1.1 milliards d'euros à son ex partenaire Vale pour fraude et non-respect de garantie.

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A cause des “enjeux politiques et commerciaux”, la Guinée qui, pourtant était partie plaignante au départ dans l'affaire dont jugement s'ouvre à Genève, ce lundi 11 janvier, s’est retirée de la procédure après avoir négocié un accord global en 2019, sous les auspices de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, mettant fin aux poursuites et aux arbitrages. Sans toutefois restituer à BSGR ses droits sur les blocs 1 et 2 de Simandou. Le contenu de l'accord est toujours secret, alors que le verdict dans ce procès qui s’ouvre ce lundi à Genève, est attendu le 22 janvier prochain.

Simandou est désormais dans les mains du  consortium Winning. Suite à un appel d’offres du gouvernement guinéen, en novembre 2019, ledit consortium - qui comprend la société singapourienne Winning Shipping, la société guinéenne de logistique minière United Mining Supply (UMS), le producteur chinois d'aluminium Shandong Weiqiao – avait obtenu le permis de l’exploitation des blocs 1 et 2 de Simandou.

Le gouvernement guinéen a signé, le 12 novembre 2020 à Conakry, avec le consortium Winning, les conventions ferroviaire et portuaire pour le transport et l’exportation du minerai de fer des blocs 1 et 2 de Simandou. Plus de 15milliards de dollars d'investissement est annoncé.

Dossier à suivre…

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 669 91 93 06

Créé le Vendredi 08 janvier 2021 à 12:43