Fodé Baro répond à ses détracteurs: "Salif Keita se tresse, il fait des locks…."

Interview
Fode Baro
Fode Baro

CONAKRY-Au centre de vives critiques depuis qu'il a dévoilé ses nouveaux locks, Fodé Baro répond à ses détracteurs. Le célèbre artiste de l’afro-manding parle de sa nouvelle coiffure et de son nouvel album "coup fatal". Dans cette interview exclusive accordée à africaguinee.com, Fodé Baro fait d'autres révélations sur sa carrière et ses projets.

AFRICAGUINEE.COM : Parlez-nous de votre nouvel album qui va sortir en mars prochain ?

FODE BARO : C’est un album composé de 10 titres qui sont déjà presque tous signés. Maintenant, nous sommes en train de faire les finitions.  Nous avons déjà les singles «Personne n’est Dieu» et «Rebébé».  Je reviens avec une autre couleur de musique avec notre propre tendance. Sortir de la monotonie et créer notre propre danse afin de conquérir la scène panafricaine comme toujours. C’est revenir pour que les guinéens se sentent aussi fiers de nous. C’est important.  Je pense déjà que les gens commencent à comprendre la couleur et savoir que ce n’est pas une blague.

Jusque-là, Fodé Baro était un artiste avec un mode vestimentaire et une coiffure simples. Cette fois-ci, c’est un nouveau style, une nouvelle coiffure. Pourquoi ?

Nous avons ce gros problème en Guinée. Dans les autres pays, les gens trouvent cela normal. Un artiste c’est comme un artisan. Un artiste n’a pas de style particulier. Il peut changer. Il peut être en caméléon tout comme il peut être en tortue, en crapaud ou en cheval. Vous savez, aujourd’hui, nous sommes à un temps où la musique est commerciale. De nos jours, pour conquérir la scène panafricaine, c’est la création.  Prenez l’exemple sur mon grand frère, Koffi Olomidé, il y a presque plus de 16 ans entre lui et moi. Mais, il s’habille comme il veut. Il se coiffe comme il veut. Plus, il crée, plus il plait aux gens. Plus, il crée, plus il s’adapte. La musique c’est une question de temps. A des époques passées, la musique c’était un autre temps. Aujourd’hui, c’est un autre temps. Je fais comme les icones africaines, on se met dans le temps.

C’est surtout votre coiffure qui n’a pas été appréciée par certains de vos fans. Que leur dites-vous ?

Pourquoi Fodé Baro ne peut pas se teindre les cheveux ?  Pourquoi Fodé Baro ne peut pas faire des locks ? Salif Keita, il se tresse, il fait des locks. Ça n’a jamais fait de bruit au Mali. Ils ont trouvé normal puisque c’est un artiste. Il faut que les Guinéens comprennent qu’on vend l’image de ce pays. Ils doivent nous laisser faire notre travail. Tout ce qui peut vendre notre pays, c’est ce qui sera intéressant pour notre pays. C’est ce qui apportera plus de vision et vendre le pays. J’ai changé, ce n’est pas que je veux être jeune ou vieux. Cela n’a rien à voir. Aujourd’hui, je viens avec une autre couleur, un autre ton. Il faut que je change pour correspondre à ce que je veux donner. Ce que je veux donner, c’est ça le mondialisme culturel.

C’est ça qui marche aujourd’hui. Dans ce ton, j’ai créé l’Afro. L’Afro c’est pour la Guinée.  C’est pourquoi, j’ai dit aux jeunes d’arrêter d’imiter l’afro. C’est pour vous. Il y a 3 rois dans la musique. Quand tu vas sur Google, ce n’est pas pour me vanter, mets seulement roi de l’Afro. Il y a Michael Jackson qui est le roi de la Pop music. Il y a Bob Marley qui est le roi du reggae. Et il y a Fodé Baro, le roi de l’Afro.  Ce n’est pas moi qui ai écrit cela. C’est les grands médias du monde. L’Afro, on l’a créé, tout ce qu’on fait dans l’Afro aujourd’hui, Fodé Baro l’a déjà fait auparavant. J’ai fait de l’Afro RnB, l’Afro Zouk, j’ai fait tout. Aujourd’hui, c’est le même Afro qui revient. L’Afro, on l’a créé, mais on n’a pas été accompagné. Les autres se sont inspirés de cela pour apporter une autre couleur à eux. L’Afro est devenu une tendance. Je n’ai pas changé de style, mais je suis revenu dans mon style dans le temps d’aujourd’hui. C’est ce que les gens ne comprennent pas. Vous voyez, c’est facile pour moi de le faire par rapport à toute ma génération. C’est parce que je suis dans mon même monde et demain ça peut changer encore. Les enfants d’aujourd’hui ne pourront pas faire.

Comment cette nouvelle tendance a-t-elle été appréciée dans votre famille ?

Effectivement, cela a été la même réaction (rire). Ça a été la catastrophe pour ma famille de voir ça. Fodé Baro c’est un homme de classe, un homme qui doit se cravater, Fodé doit porter des grands boubous. Non, j’ai montré à la famille tout simplement que je suis dans mon travail.  Au début, ma famille avait dit de ne pas faire ce métier parce que je suis issu d’une famille de Waliou (érudit musulman). Je suis parti me former et je suis revenu. Maintenant, vous ne m’interdisez plus de faire le métier, vous m’applaudissez et vous m’accueillez comme votre fils alors que j’avais été rejeté.

 

Aujourd’hui, je suis votre fils, tout le monde m’aime et j’ai réussi dans ça.  Je crée autre chose et vous voulez m’interdire de faire cela. Demain, ça va marcher vous allez m’accueillir avec ça encore. Je dis que ça suffit, je fais mon travail. Ça n’a rien à voir avec mon look, ça ne change pas mon cœur, ça ne change pas ma prière. Même les rastas prient. Il y a des rastas musulmans. Il faut que les gens me laissent faire mon travail. Comme je l’ai toujours fait, je me sens biens dedans.

 

Cette coiffure, je la garde et je vais l’améliorer tous les jours. Je ne suis pas venu pour influencer les jeunes. Je me mets dans le temps comme l’ont fait les Koffi, Alpha Blondi, Flavour. Il faut que les Guinéens comprennent qu’il y a des choses qu’il faut critiquer, mais il y a des choses aussi qui sont logiques qu’on a droit d’accompagner pour l’intérêt de la nation. Parce que nous sommes des personnes qui ont donné une fierté à la Guinée pendant des années en remportant des trophées panafricains. On a travaillé pour apporter cela en Guinée, pour faire honneur à l’Afrique. Aujourd’hui, quand on devient crapaud, ils n’ont qu’à aimer ce crapaud parce qu’il a une utilité pour la nation.

Cette année, il y a la nouvelle danse guinéenne qui va venir. J’ai créé une nouvelle danse et une nouvelle tendance. C’est pourquoi, j’ai dit « Coup fatal». «Coup Fatal» n’est pas la fatalité mais c’est coup fatal qui va faire un exploit énorme sur la planète. Déjà les gens commencent à sentir que c’est sérieux ce qui vient.

Ne craignez-vous pas de perdre vos fans avec cette nouvelle tendance qui selon certains dévalorise la culture guinéenne ?

Je viens juste de dire que ma famille m’a rejeté au départ. Mais, aujourd’hui, je suis leur fils. Ces fans-là, à force de me voir, ils vont adhérer. Le succès c’est une habitude.  Mais, je sais que j’ai plus de fans aujourd’hui qu’hier. Ceux qui disent que cela ne doivent pas se faire, ils sont minimes par rapport à ce qui m’ont cru. Dans certains systèmes, c’est toi artiste qui amène les gens vers toi. C’est ça un artiste. Aujourd’hui, tout le monde parle Fodé. Ça c’est un artiste, l’art de créer. Les deux tendances que j’ai envoyées, c’est de l’afro.

Quelle est sa particularité ?

(...). C’est la création de Fodé Baro. 

Un message particulier aux Guinéens ?

Je suis en train de regarder la Guinée et ça fait presque 11 ans que je suis calme. Mais, je reviens. On a laissé les enfants avancer et aujourd’hui, je suis très content. On a de grandes figures. Mais, ils ne sont pas sur les scènes panafricaines. Les Koffi qui venaient ici on était plutôt exporté jusqu’au Zaïre.  Quand on importe c’est couteux. Il faut qu’on se batte pour ramener la Guinée sur la scène panafricaine. Une fois qu’on est dedans, on va essayer de faire évoluer les enfants et fabriquer des icônes. En tout cas, attendez-vous à un album de malade. Pour d’autre Fodé a fini sa carrière, mais Non. Nous, on n’a pas de fin de carrière. C’est nous qui signons notre carrière parce que c’est un métier qu’on a bien appris. Fodé est un faiseur de hit.

Interview réalisée par Bah Ayissatou

Pour Africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14

Créé le Jeudi 07 janvier 2021 à 1:40