Conakry : Clôture des 16 jours d'activisme sur les violences basées sur le genre…

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CONAKRY- L’Entreprise Tattou Group créateur d’événement en partenariat avec l'AFD (Agence Française de développement) et ENABEL (Agence Belge de Développement) a organisé ce jeudi 10 décembre, un évènement inédit qui vient clôturer les 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre en Guinée.

Cet événement développé par Nanette Touré Entrepreneure et militante, Directrice de Tattou group l’agence spécialisée en Communication et évènementiel a réuni de nombreux officiels dont les ministres de la sécurité et de la protection civile, des droits et de l’autonomisation des femmes, l’ambassadeur de la Belgique en Guinée, les Représentants résidants de l’AFD et ENABEL ainsi que quelques organisations de défense des droits de la femme. Cette cérémonie qui clôture les 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre en Guinée, s’est tenue jeudi soir dans un réceptif hôtelier de la place.

C’est par une exposition de lettres des victimes de ce fléau intitulée : ‘’Confession d’une femme brisée’’ que les activités ont démarré. Dans ces lettres de témoignage sous-anonymat, des femmes racontent les violences qu’elles ont subies et la façon dont certaines d'entre elles s’en sont sorties. Des témoignages qui décrivent le quotidien dramatique que vivent plusieurs femmes et filles de Guinée.

La cérémonie a été également marquée par une table ronde. A cet effet, huit panelistes ont débattu du thème : « quel processus d’assistance d’urgence peut-on mettre en œuvre pour prendre en charge les personnes victimes des VBG en Guinée ? ». On notait la présence du Professeur Hassane Bah, chef de la médecine légale à l’hôpital Ignace Deen, une représentante du ministère de l’action sociale, la Directrice de l’OPROGEM, le chef de la brigade de répression contre les violences sur le genre, les enfants et les personnes vulnérables ainsi que d’autres panelistes issus de la société civile guinéenne.

Au cours des débats, les différents intervenants ont mis l’accent sur les faiblesses actuelles qui caractérisent la lutte contre les violences basées sur le genre. Ils ont cité entre autres : le Faible soutien, le vide juridique sur certains types de violences, la faible sanction des auteurs reconnus de VBG, le faible moyen pour les Officiers de la Police Judiciaire, la lenteur dans le traitement des dossiers des présumés auteurs, le manque de synergie d’actions, la forte pesanteur sociale, le manque de sensibilisation au niveau de la communauté.

En termes de propositions de solutions, le professeur Hassan Bah a préconisé la mise à disposition des moyens nécessaires comme un fonds d’assistance aux victimes. D’autres comme la représentante du club des jeunes filles leaders de Guinée, ont préconisé la mise en place d’un système de collecte de données pour mieux identifier les victimes ainsi que les bourreaux. Aussi, mettre en place un système de centralisation, de codification des données et surtout redynamiser l'actuel système déjà mis en place par les autorités, a insisté Marie Touré, représentante de la ministre de l’action sociale.

La tenue de cet événement a permis d’exposer toutes les formes de violences basées sur le genre. Des violences qui n’auraient pas lieu si le gouvernement avait mis tous les moyens nécessaires pour sanctionner les auteurs des VBG en Guinée, a déclaré le ministre de la sécurité et de la protection civile. C’est pourquoi au nom du chef de l’Etat, il a pris des engagements fermes.

« A partir du moment où les femmes ou les filles ont pris le courage de dénoncer, je pense qu’il faut les accompagner. Je prends l’engagement ici pour que ces cas de viols soient punis. Je peux vous dire que le président de la République est engagé dans ce sens. Je suis ouvert à tous pour qu’on mène ce combat et on change la manière dont on gère ce phénomène dans notre pays », a promis Damantang Albert Camara, ministre de la sécurité et de la protection civile.

De son côté, la ministre des Droits et de l’Autonomisation des Femmes a rappelé dans son discours que le Président de la République et son premier ministre sont déterminés à promouvoir et à protéger les femmes et filles de Guinée dans cette lutte. A cet égard, dira la ministre Hawa Béavogui, le gouvernement, à travers le ministère des droits et de l’autonomisation des femmes est déterminé, à promouvoir les droits et l’égalité des sexes et surtout la promotion du développement économique et social.

En Guinée, suivant l’enquête démographique et de santé de 2018, 95% des femmes de 15 à 49 ans et 39% des filles de 0 à 14 ans ont subi la pratique de mutilation génitale féminine. Ces moyens économiques et statistiques sur les violences faites aux femmes et filles constituent une atteinte morale et physique à l’égard de la femme, a ajouté Hawa Béavogui. Elle assure que son département usera de la prévention, la sensibilisation et la sanction comme moyens pour lutter contre les violences faites aux femmes et filles.

Pour clôturer l’événement, une pièce de théâtre écrite par Nanette Touré et mise en scène par Sow Pédro Intitulée ‘’Chronique du 25 novembre, une journée sans femme’’ a été interprétée avec brio par des comédiennes guinéennes avec la participation exceptionnelle de Soul bang’s et Sira Condé. Les jeunes comédiennes ont démontré le calvaire de certaines femmes victimes de violences conjugales. Elles ont, à travers leur art montré aux femmes qu’elles ont le droit de dénoncer leur situation chaotique et surtout réclamer leurs droits comme le leur reconnait les lois du pays.

Dans son discours de clôture de l’évènement, La Représentante Résidente ENABEL Mme Krista VERSTRAELEN s’est dit fière d’avoir contribué à cette collaboration et permis ainsi à Tattou Group de présenter un événement qui œuvre pour l’élimination des violences basées sur le genre et surtout la promotion et la protection des droits des femmes guinéennes. Elle a réitéré l’engagement de Enabel à être toujours un partenaire engagé pour la cause des femmes en Guinée.

« Il nous faut continuer à appuyer au travers d’un partenariat solide et nous devons ensemble repenser le système de prise en charge. La lutte doit aboutir à vaincre l’échelle de violence » a-t-elle déclaré.

Le représentant de l’AFD à quant à lui réitéré l’engagement de son organisation à toujours accompagner des initiatives qui visent à donner plus de places aux femmes et à réduire les inégalités entre les genres.

La campagne "Tous Unis, d’ici 2030", pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes du Secrétaire Général de l’ONU marque les 16 jours d’activisme contre la violence. Elle s'étend du 25 novembre au 10 décembre de chaque année.

Pour rappel, c’est le 23 février 1994 que l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté la déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Et le 25 novembre de chaque année est décrété journée mondiale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Mais bien avant cette date, l’Organisation des Nations-Unies a adopté le 10 décembre 1948, la déclaration universelle des droits de l’homme.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 11 décembre 2020 à 16:13