Jean-Yves Ledrian interpelle Alpha Condé: "Il lui revient de poser des gestes d'ouverture…"

Crise postélectorale en Guinée
Jean Yves Le Drian, ministre français de l'Europe et des affaires étrangères
Jean Yves Le Drian, ministre français de l'Europe et des affaires étrangères

PARIS-Le Chef de la Diplomatie Française s'est exprimé sur la situation politique en Guinée, qualifiée récemment de "grave" par Emmanuel Macron. Jean Yves Ledrian a marché sur les platebandes du dirigeant français accusant son homologue guinéen, d'avoir fait modifier la constitution pour garder le pouvoir.

Il a été interpelé par des députés français en commission des affaires étrangères sur le double langage qu'entretient la France sur les cas Guinéen et Ivoirien. Pour lui, les deux situations sont diamétralement opposées. Jean-Yves Ledrian ne les assimile même pas d'ailleurs. Alors que plusieurs figures de l'opposition guinéenne arrêtées au lendemain de la réélection du président sortant, sont en détention, le chef de la diplomatie française indique qu'il revient au président Alpha Condé de poser des gestes d'ouverture pour apaiser la tension en Guinée.

"Je n'assimile absolument pas la posture concernant la Côte d'Ivoire avec la posture concernant la Guinée. Il faut être très clair : en Guinée Conakry, il y a eu une réforme de la Constitution pour permettre au Président Alpha Condé de se représenter au-delà des deux mandats. Les élections ont eu lieu, il y a eu quelques complications, il y a eu des difficultés à la suite de ces élections. Le référendum qui avait abouti au changement de constitution lui-même avait été marqué par des violences. Donc, nous considérons qu'il revient au Président Alpha Condé de poser des gestes d'ouverture pour apaiser la tension qui existe toujours en ce moment dans son pays", a déclaré le ministre des affaires étrangères de la France.

Et d'ajouter : "En ce qui concerne la Côte d'Ivoire, le Président Ouattara avait annoncé publiquement et très concrètement sa volonté de se retirer au terme de deux mandats. Il se trouve que celui qui était susceptible d'être candidat du parti de monsieur Ouattara pour l'élection est décédé alors qu'il était en campagne. On ne peut pas suspecter M. Ouattara d'avoir organisé tout ça pour lui-même. Ça s'est passé avant un mois et demi de l'élection. Je suis allé à l'enterrement de M. Koulibaly qui était Premier Ministre. Le président s'est représenté devant cette situation particulière. C'est son choix. Ce n'est pas du tout le même dispositif constitutionnel qu'en Guinée", a-t-il martelé.

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Jeudi 03 décembre 2020 à 19:54