Meurtre de N'Famoussa Soumah à Coyah: Ce qui s'est réellement passé...

Société

COYAH-Que s'est-il passé ce week-end dans la préfecture de Coyah ? Alors qu'une prétendue découverte de corps d'albinos momifiés chez un douanier fait grand bruit, Africaguinee.com a mené une enquête sur cette affaire.

Tout est parti de la découverte du corps de N’Famoussa Soumah à Léfourédagha, un quartier péri-urbain de la préfecture de Coyah, le mercredi 25 novembre. Trois jours plus tôt, le dimanche 22 novembre, explique le commissaire Ibrahima Traoré, le jeune a été coopté ainsi d’autres en tant que travailleurs journalier pour faire le coulage d’une dalle dans un chantier appartenant à un douanier, contre le paiement d'un montant arrêté unanimement par les parties. « Le jeune avait travaillé chez le douanier de 19 h à 4 heures du matin. D’après les témoins, au moment de la paie, il y a eu des discussions entre lui et l’officier. Des jours après, c’est le corps du jeune-là qui a été retrouvé dans une fosse septique après 3 jours, près du chantier », explique le commissaire.

C’est ainsi, ajoute-t-il, « Des citoyens se sont soulevés contre le douanier pour dire qu’il est responsable de la mort du jeune. Nous avons sécurisé son domicile pour éviter le pire et on a conduit le douanier à la police. Bien avant ça, les gens se sont introduits à son domicile pour dire après qu’il a des corps de deux albinos séchés chez lui. Mais, c’est archi-faux puisque c’est mon service qui a fait le constat là-bas», dément le commissaire.

Selon une source proche du dossier, il existerait un conflit domanial entre le douanier et le chef dudit secteur. « Après le travail, il y a eu une discussion entre les jeunes chacun voulant être payé. Comme le petit proférait des injures, le douanier est sorti voir. Quand il a compris que c’est une question d’argent, il a augmenté 20 mille sur les 50 mille qu’il devait au jeune. Mais, l’argent est resté avec le chef du groupe. Ensuite, tout le monde s’est séparé et le douanier a fermé sa porte. Trois jours après, suite à cette découverte de ce corps, le chef secteur qui a des antécédents avec le douanier autour d’un domaine, a commencé à inciter la population à la violence. C’est ainsi, la maman du petit est venu se jeter sur les pieds du douanier en pleurant et disant tu as tué mon enfant. Les gens sont sortis massivement pour s’attaquer au domicile du douanier. Jusqu’à preuve de contraire et sur les deux seins de ma maman, je n’ai aucun intérêt à mentir, c’est archifaux. Ils n’ont même pas voulu que le corps soit mis à la disposition d’un médecin légiste pour connaître la cause du décès », a révélé cette source proche du dossier.

La police a-t-elle été corrompue ?

Du côté de la famille de Nfamoussa, on accuse les responsables de la police d’avoir reçu de l’argent de la part du douanier pour taire cette affaire. Elle rappelle que la victime a été porté disparue depuis le jour de son altercation avec le douanier.

«Son corps a été retrouvé non loin du domicile du douanier.  C’est la personne avec laquelle il a travaillé le jour de sa dispute qui a découvert son corps. On lui a demandé comment tu as su qu’il y a un corps ici ? Il a dit qu’il était de passage et que c’est le vrombissement des mouches qui a attiré son attention alors qu’il n’y a même pas de route là-bas. Il nous a dit qu’il a travaillé avec le petit toute la nuit et qu’il lui a remis 50 mille, mais le petit a insulté en disant que ce n’était pas ça leur convention. Le douanier est sorti de la maison pour demander qui a insulté ici. C’est ainsi ses gardes sont sortis pour chasser le petit. Quand on chasse quelqu’un avec lequel tu travailles, tu dois suivre pour voir s’il est bien rentré chez lui.  Quand on lui a demandé s’il a cherché à connaitre ses nouvelles, il a dit non. Il ajouté qu’il a passé la nuit chez le douanier et que le douanier devrait les payer 100 mille chacun. Le corps de Nfamoussa n’a été retrouvé qu’au 3e jour de sa disparition. On a retrouvé son cadavre qui a commencé à se décomposer», explique un proche de N'Famoussa.

A date, 4 personnes accusées d’être impliquées dans ce meurtre ont été déférés devant le parquet de Coyah dont le douanier et son neveu. Les enquêtes sont en cours…

Bah Aïssatou

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 01 décembre 2020 à 21:53

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