Banditisme à N'Zérékoré: Qui a libéré Raphael, un récidiviste "dangereux"?

Criminalité
De présumés bandits présentés par la police de N'Zérékoré
De présumés bandits présentés par la police de N'Zérékoré

NZEREKORE-La ville de Nzérékoré fait face à une montée grandissante de l'insécurité. Les attaques à mains armées se multiplient alors qu'une église a été vidée de son contenu la semaine dernière. Qui est derrière ces attaques ? Le commissariat central de la police de Nzérékoré a présenté deux groupes de présumés bandits qui sont soupçonnés de semer la terreur dans la cité de Holomou Zaly.

Selon le commissaire central de la police, les deux groupes sont tous des brigands, mais leur mode opératoire diffère. Il s’agit de 5 personnes arrêtées, la sixième en cavale. Parmi eux, il y a un récidiviste du nom de Raphael Kalimou qui était en prison, mais qui a été libéré, sans avoir fini de purger sa peine. Il est très connu par les services de sécurité qui se demandent comment il a pu être libéré alors qu'il n'a pas purgé sa peine.

« Il s’agit de deux groupes de bandits qui opèrent de façon différente. Le premier groupe, est spécialisé dans le vol de motos et le vol avec effraction. Quand ils voient des personnes garer leurs motos, ils profitent de l'inattention, ils viennent, ils cassent le guidon et ils prennent la moto et s’en vont. Ou à défaut, ils viennent dans des maisons sachant que les propriétaires sont absents ou se sont endormis, ils cassent la porte, ils rentrent et emportent tous ce qui les intéresse. Mais ils sont beaucoup plus attirés par les motos », confie le commissaire Lamine Komara.

Parmi les membres de ces groupes de malfrats, un cas suscite des interrogations. Il s'agit de Raphael Kalimou, un malfrat qui a été condamné par le tribunal de première instance de Nzérékoré au mois de mars dernier et qui s’est retrouvé libre dans la nature.

« Parmi eux, il y a un certain Raphael Kalimou, alias Dakilé. Ce monsieur, pour la petite histoire, a été un des principaux voleurs avec un de ces grands nommé Kalil Soumaoro. Les deux opéraient en tenue militaire et en tenu de police avec des grades de brigadiers dans la sous-préfecture de Womey et de Koropara. Vu l’ampleur des plaintes des citoyens de la localité, nous avons pris des dispositions et nous avons pu les arrêter. Ils ont été déférés à la date du 27 février pour vol fragrant. Les tenues militaires et de police ont été mises sous scellé. Le jugement a eu lieu dans la première quinzaine du mois de mars. Ils ont été condamnés à un an de prison. C’est pourquoi son collègue est en prison.

Mais c’est surprenant qu’au mois de novembre, que le même monsieur se retrouve dehors. Et que le 14 novembre il soit interpellé pour vol de motos. Il a dénoncé un certains Bernard Délamou alias 2 Pac, à qui il dit avoir confié la moto. Et ce Bernard, est aussi reconnu par notre service comme voleur. C’est pourquoi dès qu’il a été dénoncé, on a fait une perquisition chez lui et nous avons mis la main sur des écrans, des moteurs, une moto et des objets avec lesquelles ils opèrent qui sont des ciseaux, des pinces, des tenailles. Il a aussi dénoncé Cécé Délamou, alias Américain à qui il aurait aussi confié la moto d’une autre victime », relate le commissaire avant de poursuivre :

’Le deuxième groupe, eux ils sont deux puisqu’il y a un troisième qui est en cavale. Généralement c’est la nuit qu’ils opèrent. Dès qu’ils te rencontrent, ils t’attaquent avec des paires de ciseaux ou des couteaux. Dès qu’ils t’attaquent, soit tu leur donne ce que tu as, ou ils te poignardent pour te dépouiller. Ce groupe a été aussi arrêté dans la nuit du 14 au 15 novembre. Il est formé de Habib Nanta Dopavogui et d’Issiaga Condé. C’est Sékou Traoré qui est en cavale. Ils se sont récemment attaqués à deux jeunes dont l’un a été poignardé au niveau du genou, l’autre a reçu deux coups de pairs de ciseaux au niveau de son cou pour lui récupérer ses deux téléphones. Parmi ce groupe également, il y a Habib Nanta qui est un grand bandit. C’est lui et ses collègues qui opéraient ici en 2018.

Dans la nuit du 31 décembre 2018, c’est lui qui avait abandonné ses deux collègues au pont de Gbahana qui ont rendu l’âme dans l’eau. Ils avaient ce jour attaqué une fille. Poursuivi par la foule, comme c’est lui qui conduisait la moto, arrivé au niveau du pont, il a sauté, en laissant ses deux amis plongés dans l’eau où ils ont péri noyés ’’, raconte le commissaire Komara.

Interrogés, les présumés malfrats qui n’ont pas reconnus les faits à eux reprochés, se sont rejetés les responsabilités, s'accusant mutuellement. Face à l'ampleur du fléau du grand banditisme à Nzérékoré, la police demande aux citoyens de collaborer pour traquer les malfrats dans la cité.

A suivre…

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : (00224) 628 80 17 43

 

Créé le Samedi 21 novembre 2020 à 11:51