Damantang Albert Camara: "Des civils disposent d'armes automatiques"

Violences postélectorales en Guinée
Damantang Albert Camara
Damantang Albert Camara

CONAKRY-En Guinée, les violences postélectorales ont fait 21 morts dont un militaire, un policer, quatre gendarmes, selon un bilan officiel dressé par le Gouvernement. Si le calme revient peu à peu dans le pays, une interrogation demeure. Qui tirs sur les manifestants en Guinée lors des opérations de maintien d'ordre ?

Alors qu'Amnesty International dit disposer de preuves que les forces de défense et de sécurité ont ouvert le feu sur des civils, le ministre de la sécurité et de la protection civile lance un défi. Damantang Albert Camara rejette ces "allégations", assurant que la Guinée respecte ses engagements en matière de maintien d'ordre. Le Ministre de la Sécurité soutient qu'il est établi qu'aujourd'hui des civils disposent d'armes automatiques. 

"Il est clairement établi et cela ne souffre d'aucune contestation que des civils disposent non seulement d'armes de chasse calibres douze mais également d'armes automatiques, des PMAK, cela a été démontré. Des policiers et des gendarmes ont essuyé des tirs aux calibres douze mais également aux PMAK. Si vous allez au camp militaire en ville ici, vous verrez au moins trois policiers atteints des tirs au PMAK et à l'intérieur du pays aussi sans compter ceux qui sont atteints de calibres douze.

Beaucoup de citoyens ont été visés par des tirs calibres douze. On a pu déceler certains dès après l'événement mais d'autres à travers les examens qui sont faits dans les hôpitaux. On vient de découvrir à peine 24h, quelqu'un habillé comme un policier avec des grenades voulant exploser un dépôt de carburant, une station Shell.

Ce que je veux dire par là, ce que comme à l'accoutumée, la Guinée respecte ses engagements en matière de maintien de l'ordre et sa loi spécifique sur le maintien de l'ordre. Je dis bien dans le maintien de l'ordre pas dans le cadre de lutte contre la criminalité, c'est très différent. Parce que quand vous avez une horde de personnes qui débarque avec des machettes, des barres de fer, des fusils de calibre douze, vous n'êtes plus dans le maintien de l'ordre, vous êtes dans la lutte contre la criminalité

Nous sommes le seul pays au monde, où le président a interdit, dans le maintien d'ordre, qu'il n'y ait aucune arme. Dans tous les pays au monde, vous avez toujours un agent en retrait qui a une arme à feu dans l'hypothèse où dans les rangs des manifestants il y aurait une personne qui a une arme à feu ou s'il y a un agent qui est en danger de mort. Ça n'existe pas, dans notre dispositif il n'y a aucun agent muni d'une arme à feu.

Et c'est la raison pour laquelle, le pauvre policier qui s'est retrouvé au milieu de la foule à Bambéto n'a pas pu se défendre. Il a été massacré à coups de machettes et jeté dans une poubelle sans que lui ne puisse se défendre ou que son unité ne puisse lui venir en aide parce qu'ils n'avaient pas d'armes. C'est ça la vérité et nous la maintiendrons à qui de droit.

Maintenant qu'il y ait des hypothèses d'incidents isolés d'agents, peut-être qui se livrent à des exactions, nous souhaitons que tout le monde nous en apporte la preuve à commencer par les organisations internationales vers lesquelles se précipitent des témoins pour donner des outils ou des éléments vidéos et imagées pour confondre les forces de l'ordre guinéennes. Nous demandons qu'à avoir ces preuves pour les sanctionner.

Je crois que c'est le 21 octobre, il y a eu, à 14h 30 à Lambangni devant une agence de Vista Banque, un agent qui a tiré en l'air des tirs de sommations devant une foule qui arrivait. Malgré c'était pour se défendre, il a été interpellé pour donner des explications. Il n'est pas exclu que les balles qu'il a tirées puissent toucher quelqu'un comme balle perdue.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, il est en train de s'expliquer. Mais dire qu'il y a des consignes qui sont données à des agents pour tirer sur des manifestants, je m'inscris en faux par rapport à cela. Et les gens devraient avoir un minimum de bonne foi de reconnaitre les travaux qui sont faits par les agents et qui fait qu'aujourd'hui quatre d'entre eux ont été massacrés sur le train de RUSAL sans qu'ils ne puissent pouvoir se défendre, contrairement à ce que certaine presse a dit, qu'ils ont vidé leurs chargeurs. Non, ils n'avaient pas d'armes.

Il y a une manière biaisée d'analyser le maintien de l'ordre et les violences en Guinée. On occulte carrément d'où viennent ces violences. On ignore qu'est-ce qui les a provoquées pour se consacrer uniquement sur ce qu'on appelle une violation des droits de l'homme par le gouvernement ou l'État guinéen et les forces de l'ordre. Il ne nous appartient pas d'exclure là notre responsabilité parce que notre devoir régalien, c'est d'assurer la sécurité des gens et de leurs biens".

 

Siddy Koudara Diallo

Pour Africguinee.com

Créé le Mercredi 28 octobre 2020 à 12:35