Violences post-électorales en Guinée : El hadj Ousmane Baldé ‘’Sans Loi’’ lance un appel…

Guinée
El hadj Ousmane Baldé "Sans Loi"
El hadj Ousmane Baldé "Sans Loi"

CONAKRY-Les violences postélectorales qui ont commencé depuis le lendemain du scrutin du 18 octobre ont fait une vingtaine de morts à travers le pays et plusieurs blessés. Le président de la Coordination Haali  Poular, Elhadj Ousmane Baldé vient de briser le silence pour dénoncer les agissements des forces de l’ordre qu’il accuse de tirer sur les citoyens. Ce notable lance également un appel aux hommes politiques et à la population.

 

AFRICAGUINEEE.COM : Quel regard portez-vous sur la situation qui prévaut en Guinée ?

ELHADJ OUSMANE BALDE : Les quatre coordinations se sont entretenues, mais puisque notre parole n’est pas prise en compte, nous n’avons pas fait de déclaration. Nous, nous défendons le peuple. Nous ne défendons pas un dirigeant ou quelqu’un qui aspire à diriger. Nous défendons les populations. Ceux qui cherchent le pouvoir sont déterminés et ceux qui sont au pouvoir ne veulent pas quitter. Dans ce bras de fer entre les deux camps, celui qui a la force publique oppresse le bas peuple. Voilà la situation qui prévaut.

Vous avez vu depuis avant-hier (mardi) jusqu’aujourd’hui, le nombre de personnes tuées, arrêtées et blessées. La population ne peut pas se défendre elle-même. C’est les médias qui peuvent aider et aussi les 4 coordinations si seulement le Gouvernement pouvait les écouter. Quant aux partis politiques, ils écoutent ce que nous leur disons.

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Je vous rappelle qu’à cause de notre prise de position par rapport à ce qui se passe dans notre pays, nous avons été pris en otage et gazés durant 24 heures avec 325 grenades lacrymogènes. Si nous gardons le silence, on dira qu’on n’a pas été capables de proposer des pistes de solutions face à la crise alors que si nous faisons des propositions cela fait qu’on nous attaque, on nous violente. Dans ce cas à quoi bon de faire des propositions ? Chacun d'entre nous fait la différence entre sa main gauche et sa main droite. Celui qui refuse de manger avec sa main droite pour manger avec sa main gauche, personne ne va l'en vouloir puisqu’à chacun son éducation.

Comme vous avez eu à le souligner, il y a eu nombreuses victimes dont des enfants. Quelle est votre réaction ?

Ceux qui tuent doivent arrêter. Ceux qui sont ciblés, il faut quitter l’endroit où on les tue.

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Hier nuit, les forces de l’ordre sont rentrées dans les concessions pour tirer sur des gens, arrêter d’autres, piller et voler. C’est vraiment un abus de pouvoir ça. Quelqu’un qui a la charge de défendre son peuple ne peut pas faire cela. Tu peux ne pas offrir quelque chose à quelqu’un, mais le dépouiller de ses biens, le violenter et le tuer, je ne sais pas si cela va permettre la paix sociale.

Certains craignent que les violences ne prennent un relent ethnique.  Qu’en dites-vous ?

Ce n’est pas un affrontement interethnique. Ce sont des hommes en tenue dont certains déguisés en civils qui sont en train de faire les violences. C’est clair qu’ils veulent affaiblir ou anéantir un candidat qui cherche le pouvoir. C’est ce qui a fait qu’on les a chassés à Kankan, violentés à Faranah, Kissidougou et maintenant c’est ce qui est en train de se reproduire à Conakry. 

Quel message avez-vous à l’endroit des Guinéens notamment aux opposants et aux dirigeants ?

Je leur demande de suivre la vérité et de laisser le mensonge et de respecter la vérité des urnes.

 

Interview réalisée par Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com  

Tel : (+224) 669 91 93 06

Créé le Jeudi 22 octobre 2020 à 19:08