Diaspora : Ces guinéens "exclus" du vote du 18 octobre…

Diaspora guinéenne
Image d'illustration
Image d'illustration

PARIS-Plusieurs guinéens vivant à l’étranger ne pourront pas participer à l’élection présidentielle prévue le 18 octobre prochain. Ces citoyens font part de leurs frustrations.

Selon eux, ils sont tout simple exclus du vote par les autorités en charge de l'organisation des élections. Kalil Kourouma est un citoyen guinéen vivant en France. D’après ses explications, il voulait bien prendre part à ce rendez-vous décisif pour la vie de sa nation. Mais faute de carte d’électeur, il ne pourra pas voter le 18 octobre prochain.

« Le 18 octobre 2020, certains guinéens sont appelés à voter pour l’élection présidentielle. En effet, il est évident que tous les guinéens ne sont pas égaux aux yeux du gouvernement actuel. Sinon, comment expliquer l’exclusion pure et simple de la diaspora guinéenne du processus électoral qui plus est une élection présidentielle où découle le destin de toute une nation ? Déjà pour voter, il faut avoir une carte d’électeur. Mais à ce jour, on n’a pas cette carte. On se sent donc exclu du processus. Les politiques guinéens doivent savoir qu’ils sont censés représenter le citoyen lambda et agir en conséquence. Quand on est représentant du peuple, on doit agir en conséquence, c’est à dire se sacrifier pour la cause commune et non l’intérêt personnel ou familial », dénonce ce citoyen guinéen.

Exclusion, abandon, pertes des droits civiques

« Aujourd’hui, être guinéen à l’étranger en général et en France en particulier est synonyme d’exclusion, d’abandon, de perte de droits civiques tout ceci par le truchement des pouvoirs publics successifs. Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? Je suis navré de vous dire cela mais on ne demande rien aujourd’hui au gouvernement concernant ces élections. Croyez-vous vraiment à un mois des élections qu’ils puissent faire la révision de la liste électorale, l’affichage et la distribution des cartes ici Europe ? On est tout bonnement exclu du processus », fustige Kalil Kourouma.

En Sierra Leone, c’est la même frustration. Dans ce pays frontalier à la Guinée, plusieurs ressortissants guinéens, disent n’avoir pas été recensés. Donc ne pourront pas voter. Ce citoyen qui a voulu garder l’anonymat nous a expliqué que peu des personnes ont pu récupérer leurs cartes d’électeurs dans ce pays.

« Le problème qu’on a ici en Sierra Leone c'est que les gens sont recensés mais disons que c’est seulement 1% qui a pu récupérer leurs cartes d’électeurs. En plus, lors du recensement ils n’ont pas accepté d’enrôler tout le monde. Sinon les guinéens sont motivés à participer à cette élection présidentielle mais faute de cartes d’électeurs beaucoup ne pourront pas voter », nous a confié ce ressortissant guinéen.

Dans un courrier adressé aux présidents des CEAMI (Commission Electorale Ambassade Indépendante) à travers le monde, le Président de la CENI a autorisé l’organisation du scrutin dans 25 pays. « Tout en vous remerciant pour le travail accompli, j’ai l’honneur de vous inviter de bien vouloir prendre toutes les dispositions utiles en collaboration avec nos représentations diplomatiques et/ou consulaires pour faire faciliter la tenue de l’élection présidentielle dans vos circonscriptions respectives », peut-on lire dans ce courrier signé par le Président la CENI à la date du 16 septembre 2020 à Conakry. Faute d'interlocuteurs à la CENI, pour le moment, nous ne savons pas quels sont ces pays. Toujours est-il que l'organisation du scrutin à l'étranger dépend de la décision des pays d'accueil. Car, frappés par la Covid-19,  beaucoup de pays imposent des restrictions, tous les grands rassemblements sont interdits.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

Créé le Lundi 21 septembre 2020 à 23:56