Dianrougha Diallo du MENA: "Pourquoi Labé a eu le plus faible taux d'admis au BEPC…"

Résultats du BEPC
Abdoulaye Dianrougha Diallo, Directeur Nationale de l'Enseignement sécondaire
Abdoulaye Dianrougha Diallo, Directeur Nationale de l'Enseignement sécondaire

CONAKRY-Les résultats du brevet d’études du premier cycle 2020 ont démontré un faible taux de réussite. Sur 134 345 candidats qui ont composé, seuls 47 814 ont été déclarés admis, soit un taux de réussite de 35,59%. Le taux d’échecs sur toute l’étendue du territoire nationale dépasse 60%.

Dans la région administrative de Labé, les résultats sont encore plus catastrophiques. La région a enregistré un record historique d'échecs. La préfecture de Koubia n’a enregistré aucun admis. Une situation qui n’était arrivée en Guinée qu’en 2007. Interpellé sur cet échec ce mardi, par un journaliste d’Africaguinee.com, un cadre du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation a donné quelques raisons qui expliquent cet état de fait.

 Selon le directeur national de l’enseignement secondaire général, dans les statistiques des résultats du BEPC, Labé et Faranah ont eu les taux les plus faibles. « Alors, si le taux le plus faible s’enregistre à Labé, ce n’est pas surprenant qu’une préfecture comme Koubia puisse avoir une situation comme ça. Mais qu’à cela tienne, il faut savoir que cette année a été très dure, une année très perturbée. Le ministère a fait tous les efforts possibles pour que les cours soient diffusés et publiés, mais ça dépendait aussi du courage des enfants, de se battre avec les parents, et les enseignants qui étaient sur place. Mais pour ce qui est de zéro admis, ce n’est pas nouveau, en 2007, dans dix établissements il y a eu zéro admis au baccalauréat », a expliqué M. Diarouga Diallo.

Selon lui, il y a d’autres facteurs sur le terrain dont il faut en tenir compte. Parce que depuis quelques années il n’y a pas eu un nombre suffisant d’enseignants qui ont été embauchés.  Ce sont des contractuels qui évoluent dans certains établissements, précise-t-il indiquant que même s’il y a des efforts de formation continue, mais des lacunes restent encore.

« Quand les enfants restent deux à trois mois sans suivre un cours, ils désapprennent. Ça a un impact négatif sur leur formation. Sinon, les trois premiers mois de l’année, tout le monde sait que les cours étaient tenus. Il faut savoir également que dans la région de Labé, généralement ils observent la grève. Quelques rares élèves acceptent d’aller à l’école. C’est dire qu’on est en train de confondre la grève aux problèmes politiques qui est très mauvais. Ensuite, les enseignants ne comprennent pas qu’on fait un service minimum à l’éducation. Si l’enseignant faisait 4heures de cours, il va pour 2 heures ou il diminue son volume, mais eux ils ferment carrément les écoles. Et l’impact dévient très important, l’enfant est complètement coupé de la chaine d’apprentissage, et là ça amène l’oubli, et à reprendre pratiquement toutes les connaissances apprises", a expliqué ce haut responsable de l'Education.

Il annonce que le département va tirer les leçons de cet échec. "De tout ça nous nous allons tirer les leçons pour savoir qu’est-ce qui explique que dans telle école il n’y a pas eu d’admis et dans d’autres il y a eu. On va savoir quelles sont les performances de chaque établissement, et on réagira conséquemment. Il y a une analyse des résultats qu’on va faire, et à partir de là on va réagir", a-t-il promis.

Ce cadre du MEN-A a rejeté les allégations selon lesquelles les copies des candidats de la préfecture de Koubia seraient perdues dans les mains des autorités préfectorales de l’éducation. Ce lundi des manifestations ont été enregistrées à Koubia pour exiger le départ des autorités de l'Education. Interpelé, notre interlocuteur a indiqué que le ministère de l’éducation nationale n’a pas encore pris une décision.

A suivre…

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 664-72-76-28  

Créé le Mardi 15 septembre 2020 à 15:00

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