Atrocités en forêt : Le conseil des sages de N'zérékoré brise le silence…

Violences du 22 mars
Le patriarche de N'Zérékoré
Le patriarche de N'Zérékoré

NZEREKORE-Le conseil des sages de Nzérékoré s’est exprimé sur la situation des détenus de Kankan arrêtés en marge du double scrutin législatif et référendaire du 22 mars dernier, émaillé par des violences dans le sud du pays.

La notabilité de la ville de Nzérékoré a mainte fois été interpelée par les femmes et proches des détenus, lesquels aussi ont aussi adressé une lettre au patriarche de la ville. Dans leur note, ces 40 citoyens détenus depuis plus de 5 mois à Kankan se disaient abandonnés par les siens. Qu'en disent les sages de N'Zérékoré?

«Vous savez, c’est un problème un peu délicat. Dans ce sens que ce n’est pas un problème social, c’est un problème politique. Dès les premières heures lorsque ces enfants étaient détenus ici, nous avons été voir la justice. Pour solliciter qu’on puisse avoir leur libération ou bien ceux qui sont détenus comme ils sont nombreux, de fouiller voir qui sont réellement coupables des faits qui leur sont reprochés. On nous dit oui on va le faire. Après un moment, nous avons appris que ces gens ont été transférés à Kankan. De là-bas, nous avons toujours cherché le contact de la justice pour que réellement, soit qu’ils soient libérés, ou s’ils doivent être jugés, que le jugement se fasse le plus rapidement que possible afin que ceux qui ne sont pas coupables puissent bénéficier de leur liberté. Ils ont dit qu’ils sont là-dessus. Donc, on s’est réjoui de l’acte. Mais, cela a commencé a duré, nous leur avons posé la question pour savoir où ils en sont ? Ils ont dit que le dossier se trouve devant le procureur général de Kankan. Donc, c’est de là-bas que les choses peuvent marcher. Mais quand nous sommes en train de faire toutes ces courses, nous avons vu que, des fois, les parents sont manipulés ou bien les victimes même de l’autre côté sont manipulées. Parce que la fois dernière, nous avons eu une lettre qui a été adressée au patriarche. Bien sûr qu’ils n’ont pas dit de mauvaise chose, mais ils ont dit qu’on les a oubliés, qu’on les a abandonnés», explique le porte-parole du conseil des sages.

Deux poids, deux mesures

«Il y a eu des manifestations qui se sont produites à Kankan, mais là-bas, les jeunes qui y ont été arrêtés, ont été libérés deux jours après. Moi, je vous demande de rester toujours derrière le conseil. Nous sommes en train de nous battre pour voir ce qui peut se passer. Mais la comparaison n’est pas raison. Parce que ce qui s’est passé à Kankan c’est purement un problème social. Ils réclament le courant, pas seulement pour Kankan, même pour la forêt. Donc, si ce qui s’est passé à Nzérékoré était un problème social, on n'allait même pas vous laisser bouger d’ici. Mais c’est que, quelque part c’est politique. Et nous, en tant que vieux, nous ne faisons pas la politique. On ne peut pas se jeter dans ce fleuve dont nous ne connaissons pas la profondeur», a-t-il expliqué déplorant toutefois, la lenteur de la procédure judiciaire.

Après le travail du pool des juges d’instruction, le conseil des sages de Nzérékoré est au regret de constater le retard du procès. «Je pense que ce qui restait maintenant, c’est le jugement. Nous, on avait même sollicité qu’ils viennent ici. Et les gens nous ont dit que la justice est indépendante. Et que le procureur général dit qu’il va les faire juger là-bas. On a dit d’accord, mais ceux qui sont là-bas ne sont pas tous coupables. Ceux qui ne sont pas coupables, s’ils obtiennent leur liberté, c’est un atout et ça va aussi servir de leçon. On ne va pas baisser les bras, nous sommes toujours en train de plaider afin qu’on puisse connaitre leur sort. C’est-à-dire s’ils doivent être libérés qu’on les libère ou s’ils doivent être jugés qu’on les juge», a-t-il souhaité.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél:  (00224) 628 80 17 43

Créé le Vendredi 11 septembre 2020 à 11:35