L'interview choc d'Ibrahim Diallo du FNDC: " tout parti qui sera candidat contre Alpha Condé…"

Interview
Ibrahima Diallo, responsable des opérations du FNDC
Ibrahima Diallo, responsable des opérations du FNDC

CONAKRY-Ibrahim DIALLO, le responsable des opérations du front national pour la Défense de la Constitution ne mâche pas ses mots. Alors que plusieurs formations politiques membres du FNDC annoncent leur candidature à l'élection présidentielle du 18 octobre, l'opposant avertit que tout parti qui sera candidat à ce scrutin contre Alpha Condé, sera combattu au même titre que les autres. Dans cette interview, M. Diallo parle également des prochaines manifestations mais aussi de l'avenir du FNDC. Ce n'est pas tout. Il a également été question de l'action de la communauté internationale, notamment la CEDEAO sur la crise guinéenne. Entretien exclusif !

AFRICAGUINEE.COM : Le Fndc bat le rappel des troupes depuis quelques jours. Dites-nous qu'est-ce qui est en train d'être fait pour la reprise des manifestations ?

IBRAHIMA DIALLO : La trêve prend fin le 31 août. Donc dans la perspective de nos prochaines manifestations nous avons élaboré un plan global de sensibilisation et de remobilisation de la population pour la phase décisive qui arrive. Parce que vous vous souvenez que nous menons ce combat depuis plus d’une année et nous avons que la nouvelle constitution n’a qu’un seul objectif.  Pour Alpha Condé, c’est de lui permettre de briguer un 3ème mandat. Dès lors qu’il est sur la voie d’officialiser sa candidature et qu’il n’y a plus de doute, je pense c’est la nouvelle opportunité que la direction des opérations entend saisir pour pouvoir remobiliser cette partie de la population qui était dans le doute, qui ne croyait pas que monsieur Alpha Condé après avoir mené un combat de 40 ans et après avoir dit haut et fort qu’il est le Mandela de la Guinée,  pouvait emprunter ce chemin. Ce chemin qui consiste à faire comme les dictateurs africains, changer la constitution pour se maintenir au pouvoir. Donc, nous comptons remobiliser cette partie de la population pour qu’elle puisse rejoindre la majorité de la population dans le combat pour l’empêcher de briguer un 3ème mandat.

Voulez-vous dire que vous comptez rallier les indécis dans vos rangs pour mener cette phase décisive de votre lutte ?

Bien-entendu c’est sûr ! Sauf s’il y a des personnes, qui, de mauvaise foi, laissaient présager cette statut d’indécis alors qu’en réalité, c’est des personnes qui accompagnent le projet du coup d’Etat constitutionnel. Nous, à notre avis à cette phase où Alpha Condé annonce sa candidature, il y a deux camps qui s’affichent à présent : c’est le camp qui est pour son troisième mandat et l’autre camp qui continue de se battre contre son projet de troisième mandat. Il n’y a plus d’indécis à la phase actuelle où il est engagé sur le chemin de briguer un 3ème mandat. Donc nous pensons tenir des discours en rappelant à toutes ces personnes surtout à cette partie de la population pour, soit lui demander de rejoindre le combat que nous menons, ou bien de se lever indépendamment de la structure du FNDC, de faire le combat à part à travers des structures parallèles pour concourir au même objectif celui de l’empêcher de briguer un 3ème mandat.

Pendant la période de trêve vous avez continué de faire des lobbyings auprès de la communauté internationale, pour obtenir un fléchissement du pouvoir de Conakry. Espérez-vous un dénouement de la crise grâce à l'implication de ces institutions ?

Je pense que la communauté internationale notamment la CEDEAO commence à prendre la mesure de la situation liée à ce qui se passe dans notre pays. Surtout avec le dernier développement de la situation du Mali, les peuples des Etats de la CEDEAO ont clairement affiché leurs intentions de se battre contre les dictateurs et de se battre pour préserver les acquis démocratiques. Je pense que la CEDEAO a pris aujourd’hui la mesure de la situation et est en train de comprendre les motivations des peuples des Etats de la CEDEAO. En ce qui concerne la Guinée, comme nous l’avons toujours dit c’est un coup d’Etat constitutionnel qui a été perpétré depuis le 22 mars 2020. Donc les peuples de la CEDEAO disent clairement qu’un coup d’Etat est égal à un coup d’Etat. Que ce soit un coup d’Etat militaire ou un coup d’Etat constitutionnel. Donc le dernier développement de l’actualité au Mali est en train aujourd’hui de faire en sorte que la CEDEAO est en train de se bouger et de prendre la mesure de la situation guinéenne pour éviter un effet de contagion en Guinée et même plus loin en Côte d’Ivoire.

Il y a 10 jours, vous avez échangé avec le Président de la commission monsieur Jean Claude Kassi Brou mais aussi des représentants de l’Union Africaine, de l’ONU. Peut-on dire que les lignes sont en train de bouger ou bien c’est toujours le statuquo ?

En ce qui concerne la CEDEAO et ses partenaires notamment l’Union Africaine et les Nations Unies, on peut dire que les lignes sont en train de bouger parce que déjà, prendre l’initiative comprendre qu’il y a une crise en Guinée et faire des démarches auprès de toutes les parties en vue de trouver des voies et moyens de sortie de crise, ça c’est déjà une avancée du côté de la Communauté Internationale. Maintenant en ce qui concerne les parties c’est-à-dire le FNDC et la mouvance présidentielle, je crois qu’à ce niveau je ne peux pas vous dire quelle est les revendications de la mouvance présidentielle. Mais je peux vous dire qu’en ce qui concerne le FNDC nous avons réaffirmé notre position : c’est-à-dire nos revendications qui consistent à ne pas reconnaitre le double scrutin du 22 mars. Nous demandons la dissolution du parlement mais aussi le retour à la constitution de mai 2010. Aussi nous avons réaffirmé notre opposition à la candidature de monsieur Alpha Condé au projet de 3ème mandat et à cela s’ajoute les problèmes catégoriels qui sont en relation avec les prochaines élections c’est-à-dire le problème du fichier électoral.

Voilà ce que nous avons réaffirmé à la CEDEAO. Le président de la commission a dit qu’il a pris note au nom des participants. Je rappelle que les chefs d’Etats étaient représentés par les ministres des affaires étrangères du Niger, du Burkina et du Nigéria. Donc ils ont pris note de nos revendications et ils ont dit déjà que pour eux l’avancée de leur côté, c'est que les deux côtés, il y a le principe du dialogue qui est acquis. Nous sommes ouverts au dialogue et les autres étaient également ouverts au dialogue. Mais de notre côté nous sommes ouverts au dialogue mais ce n'est pas pour remettre en cause les principes démocratiques et nous l’avons réaffirmé.

Dans le cadre de ce dialogue est-ce que vous seriez prêts à laisser du lest sur certaines exigences ? Si oui lesquelles ?

C’est prématuré de pouvoir conclure l’issu du dialogue. Mais soyez rassurés qu'au FNDC, nous sommes prêts et ouverts au dialogue. Mais pas au détriment des principes démocratiques c’est-à-dire pas pour permettre à monsieur Alpha Condé de briguer un 3ème mandat. Sur cette question nous ne sommes pas prêts de reculer. Pas du tout. Et nous demandons également la dissolution de l’Assemblée Nationale c’est-à-dire que ne reconnaissons pas le double scrutin du 22 mars 2020. Maintenant sur les conditions du départ de monsieur Alpha Condé, éventuellement sur ces questions-là, nous pouvons discuter pour voir comment trouver un terrain d’entente. Parce que comme vous le savez, il y a des procédures judiciaires qui sont ouvertes contre monsieur Alpha Condé et son gouvernement. En tout cas tous ceux qui sont complices des tueries pendant les manifestations en Guinée des procédures sont ouvertes auprès des juridictions sous régionales et auprès de la cour pénale internationale. On peut discuter sur toutes les questions de son départ, mais on ne va pas au dialogue pour accepter les conclusions au détriment des principes démocratiques. C’est-à-dire l’accompagner à son 3ème mandat.

Quand vous dites que vous pouvez discuter des conditions de départ vous avez rappelez cette questions des poursuites qui sont engagées. Est-ce qu’une éventualité d’un abandon des plaintes est envisageable ?

Non ça dépend ! Je n’ai pas dit qu'on va garantir l’impunité à tel. Il y a plusieurs schémas de départ. Donc je pense que c’est dans le dialogue qu’on pourrait étudier les schémas-là pour que vraiment le pays puisse sortir gagnant. Mais ce qui est sûr et certain les crimes commis en Guinée ne seront pas impunis. Maintenant il y a des solutions politiques. Monsieur Alpha Condé a dit pendant qu’il était dans l’opposition et pendant sa présidence il a tenu à affirmer si les présidents africains refusent de quitter le pouvoir, c'est qu’ils n’ont pas de garanties de sortie honorable. Donc nous pensons que c’est une question qui le préoccupe beaucoup. Nous sommes ouverts à toutes les discussions liées à cette question de sortie et ça dépendra maintenant du schéma proposé.

Beaucoup ont aujourd'hui le sentiment que le FNDC a perdu de sa superbe et qu'elle n'a plus la capacité de mobilisation d'antan. Qu'en dites-vous ?

C’est très simple. Quand le FNDC appelle à la manifestation, à chaque fois qu’on a appelé à manifester et de l’autre côté l’Etat n’a pas été prédisposé à la répression et que l’Etat accepte de respecter la loi pour encadrer les manifestations vous avez le monde qu’on déverse dans la rue. Maintenant quand on appelle à une manifestation et que le gouvernement oppose la répression, vous comprendrez bien-sûr qu’on est obligé de ne pas suivre le schéma d’une marche de masses et qu’on ait opté pour la résistance contre cette décision anticonstitutionnelle prise par le gouvernement qui consiste à priver les citoyens de leur droit de manifestation. Je crois qu'on pouvait comprendre cette analyse des observateurs quand ils disaient que le gouvernement a autorisé l’encadrement de la marche et que voilà vous n’avez pas pu mobiliser plus de 100 mille personnes. On peut comprendre ces analyses-là. Mais face aux appels à manifestations du FNDC, le gouvernement oppose la répression en faisant sortir toutes les unités : l’armée, la police, la gendarmerie et à chaque 200 mètres il y a des forces de défense et de sécurité, je pense qu'on doit vraiment reconnaitre la force du FNDC. Nous avons réussi quand même à secouer le gouvernement et aussi à troubler la quiétude du président de la république et les membres de son gouvernement. Parce qu’il y a l’image qui est renvoyée de la Guinée, c’est l’image d’une capitale militarisée où il y a les forces de défense et de sécurité partout. Je pense que dans un Etat normal, on ne peut pas se glorifier de ça. Au FNDC, nous disons tout simplement qu’on respecte de la loi et qu’on nous laisse manifester. Lorsqu'on sera dans la rue, les citoyens et ces observateurs peuvent dire qu’on ne mobilise pas.

A chaque fois qu'il y a des manifestations il y a des morts. Beaucoup estiment qu’il temps de changer de stratégie pour amoindrir les victimes humaines. Est-ce que cette éventualité est à l’étude au niveau du FNDC ?

Je le dis et le redis encore : Ce qu’on n’a pas fait pendant plus d’un an dans notre combat, c’est de prendre des armes. Nous n’allons pas nous engager dans cette voie bien qu’il y a d’autres qui ont emprunté ce chemin pendant qu’ils étaient dans l’opposition pour troubler la quiétude et atteindre l’intégrité du territoire de notre pays. Nous n’allons pas prendre des armes, nous allons toujours continuer de faire ce que la loi nous dit et nous autorise de faire. C’est-à-dire manifester pacifiquement pour exiger le respect de la loi et pour également exiger la non candidature de monsieur Alpha Condé au 3ème mandat. Nous comprenons vraiment toutes ces interpellations de changement de stratégie et autres mais nous n’allons jamais faire ce que la loi ne nous autorise pas de faire. Nous n’allons jamais prendre l’arme contre notre pays, nous allons toujours continuer à manifester de façon pacifique pour exiger le respect de la loi.

La question de la participation ou non à l'élection présidentielle divise les partis politiques membres du FNDC. Comment ce sujet est-il traité au sein de la coalition ?

Nous suivons avec beaucoup d’attention les débats au sein des différents partis politiques par rapport à leur participation ou non à la présidentielle. Nous considérons que ces débats-là relèvent du fonctionnement normal d’un parti politique qui se veut démocratique. Cependant pour nous au FNDC quiconque choisi de prendre part à cette élection avec Alpha Condé comme candidat, je le dis bien avec Alpha Condé comme candidat, ce parti se rendra complice du 3ème mandat et il sera combattu au même titre que les auteurs du coup d’Etat constitutionnel, ça c’est évident. Au niveau du FNDC notre ligne directrice est très claire : lorsqu’il s’est agi d’aller aux élections législatives et référendaire nous avons eu la même position. Tous les partis qui ont accompagné le coup d’Etat constitutionnel du 22 mars ont été combattus par le FNDC. Donc au niveau du FNDC également, notre ligne est très claire. Nous avons encore sur la conscience ces nombreuses victimes tombées dans le combat contre le 3ème mandat en faveur de monsieur Alpha Condé. Pour leur mémoire et pour la sa survie de la démocratie nous allons continuer à mener la lutte jusqu’à la victoire finale.

Ceux qui seront candidats vont-ils être exclus du FNDC ?

Pour le moment c’est les annonces qui continuent, le dépôt des candidatures est ouvert du 19 août au 8 septembre. Donc tout parti politique qui fera acte de candidature pour déposer sa candidature contre Alpha Condé ce parti-là s’auto exclu définitivement du combat du FNDC. Ça nous sommes clairs là-dessus. Je dis encore une fois tous les partis politiques sont libres : que vous soyez membres du FNDC ou non de candidater. Mais ce, à quoi le FNDC est opposé c’est de candidater contre Alpha Condé qui n’a plus le droit de se porter candidat. C’est pourquoi quand vous voyez que jusqu’à présent on n’a pas pris des décisions formelles et autres, c’est parce que cette question n’est pas aboutie. Donc les candidatures seront déposées et Alpha va certainement déposer sa candidature et le 8 septembre la cour constitutionnelle va déclarer la liste définitive des candidats qui ont déposé. A partir de là, nous prendront des actes officiels. C’est évident.

Le sujet a-t-il été abordé lors de votre visioconférence d’aujourd’hui ?

Toutes les questions ont été abordées au cours de notre visioconférence d’aujourd’hui. Mais on s’est entendu de ne pas faire des commentaires là-dessus. Parce qu’il y aura une suite logique à cela. Mais ce que je sais : à partir de la semaine prochaine le comité de pilotage fera une annonce et tiendra un discours sur la prochaine phase de la lutte.

D’aucuns craignent cette question ne fasse l’objet d’un clash qui va fragiliser votre coalition. Ces craintes sont-elles fondées à votre avis ?

Oui mais bien-entendu !  Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre que des défections dans une entité ne soient pas sans conséquences. Bien-sûr nous sommes conscients de cela mais nous sommes aussi conscients de notre détermination à continuer le combat jusqu’à la victoire finale. Même s’il reste deux ou trois entités au FNDC le combat doit continuer. Nous sommes sur un combat de principe, nous ne sommes pas dans une course de vitesse. Le temps est avec nous aussi, c’est un combat de la cohérence, un combat pour l’histoire. Donc en aucune manière ce combat ne doit s’arrêter. Je suis entièrement d’accord avec vous et nous sommes conscients que toute défection au FNDC ne sera pas sans conséquences mais rassurez-vous : comme nous avons pu résister face à l’Etat, face au gouvernement, nous allons résister également face à ces défections-là pour continuer la lutte.

Donc quel que soit le scenario cela ne signifierait pas la fin du FNDC ?

Non pas du tout. Je rappelle que ce mouvement, c’est pour l’histoire, il faut que les gens le sachent. Le mouvement a été créé à l’initiative de la société civile notamment les forces sociales. Les organisations qui étaient engagées dans les forces sociales, nous avons pris le temps de pouvoir assainir la société civile après ce qui s’est passé pendant les manifestations contre l’augmentation du prix du carburant. Vous avez observez, nous avons appelé la presse quand on a fait l’état des lieux pour assainir la société civile, nous avons lancé un appel à tous les acteurs de la société civile membres des forces sociales de venir pour qu'on prête serment sur le Coran et la Bible. Pour défendre les acquis démocratiques, pour ne pas trahir le combat citoyen que nous menons et le combat citoyen future que nous devons mener, pour ne pas aller prendre de l’argent ailleurs ou bien accepter de capituler pour être nommer à un poste. Moi j’ai mis ma main sur le Coran et tous les membres de la coordination que ça soit Sékou Koundouno, Abdoulaye Oumou Sow, Fonikè Menguè, entre autres tous ces membres-là ont accepté de mettre la main sur le Coran et jurer. Les autres qui ont refusé de le faire comme les Dansa, mes Abdoul Sacko sont partis. Donc aujourd’hui ils sont où ? Vous le savez.

Nous avons vu venir la volonté d’Alpha Condé de briguer un 3ème mandat depuis 2015 à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a eu avec la presse. Du coup nous nous sommes levés pour aller d’abord rencontrer les diplomates pour aller vendre cette initiative. Nous avons rencontré tous les diplomates accrédités en Guinée ou en tout cas des pays de démocratie, nous avons vendu l’idée qui était pour eux honorable. Ensuite, nous avons rencontré les partis politiques, nous avons fait la même démarche auprès des partis politiques qui étaient divisés. Pour que ces partis politiques puissent se mettre ensemble pour qu’on puisse aller dans l’union dans le combat. Nous avons rencontré les syndicalistes aussi. Donc c’est à la suite de ça que nous sommes organisés parce qu’en allant même rentrer ces gens-là nous avions déjà le nom du (Front National pour la Défense de la Constitution).

Donc c’est après tout ce processus-là que nous avons lancé le FNDC et nous avons fait 6 mois après le lancement pour aller installer les antennes du FNDC sur toute l’étendue du territoire national, aller sensibiliser, aller faire adhérer les citoyens au FNDC, aller partager l’idée et les orientation du FNDC pour que ces orientations soient comprises par tout le monde. C’est à la suite de ça que nous avons lancé le mouvement le 14 octobre 2019. Tout ça pour vous dire que : soyez rassurés le FNDC va continuer à se battre jusqu’à la victoire finale. C’est pourquoi au niveau de la coordination du FNDC, malgré tout ce qui s’est passé, vous n’avez pas entendu qu’il y a eu aucune défection. Il n'y a aucune défection au niveau de la coordination parce que nous, nous avons prêté serment et nous avons résisté à toutes les tentations : de l’argent qu’on nous a proposé, les postes ministériels qu’on nous proposé et nous avons été mis en prison plusieurs fois pour nous intimider afin qu’on puisse accepter de collaborer on a refusé. Actuellement là où je vous parle, moi par exemple il y a plus d’un mois que je suis dans la clandestinité, je ne se suis pas auprès de ma famille, Koundouno la même chose, Fonikè Mengué est aujourd’hui en prison. Donc c’est autant vous dire que le combat-là nous allons le mener même si tous les partis acceptent de partir compétir avec Alpha nous allons continuer le combat.

Un mot de la fin ?

Je voudrais juste dire à la population guinéenne, à tous ceux qui ont cru à ce combat que nous sommes en train de mener, que nous resterons fidèles aux principes que nous défendons. Nous avons juré sur le Coran de défendre les principes démocratiques, de ne pas trahir le peuple de Guinée, de ne pas trahir le combat citoyen que nous sommes en train de mener. Ce serment-là nous sommes derrière ce serment, nous n’allons pas trahir le peuple de Guinée. Nous avons aujourd’hui sur la conscience ces nombreuses victimes qui sont tombées en luttant contre la nouvelle constitution, pour un 3ème mandat en faveur de monsieur Alpha Condé. Pour honorer leur mémoire, nous sommes obligés au prix de notre de notre vie de continuer ce combat-là jusqu’à la victoire finale, nous n’allons pas capituler, nous avons résisté face à des milliards, nous avons résisté face aux postes ministériels, nous avons résisté face à l’intimidation, à l’emprisonnement, aux séquestrations et également aux harcèlements judiciaires. Nous leaders du FNDC acceptons aujourd’hui de vivre dans la clandestinité pour mener ce combat-là parce que justement nous ne voulons pas être en contradiction avec notre conscience. Que le peuple soit rassuré que ce combat il sera mené jusqu’à la victoire finale. Donc que chacun reste à l’écoute dès après la fin de trêve le 31 août, nous allons annoncer la date de la prochaine manifestation qui va forcément intervenir dans la première quinzaine du mois de septembre 2020.

Interview réalisée par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 655 311 112

 

Créé le Mercredi 26 août 2020 à 18:40