Manifestation du 20 juillet : le FNDC annonce 20 blessés dont 5 par balles, la police conteste…

Manifestations du FNDC
Manifestation du 20 juillet à Conakry
Manifestation du 20 juillet à Conakry

CONAKRY-Le Front National pour la Défense de la Constitution vient de dresser un premier bilan de sa manifestation, qui avait pour but d’exiger le départ d’Alpha Condé, accusé de « haute trahison ».

Alors que le FNDC dénonce l’usage des armes de guerre  par les forces de l’ordre, et  déplore 20 blessés, 5 par balles dont 2 dans un état critique, le département de la sécurité a contesté ce bilan indiquant qu’aucun civil n’a été blessé dans les échauffourées.

« Malgré le caractère pacifique de la manifestation, le sens élevé de civisme et de responsabilité des manifestants, les forces de défense et de sécurité ont, à nouveau, réprimé les citoyens en faisant usage des armes de guerre. Le triste bilan provisoire de cette répression féroce est d’au moins 20 personnes blessées dont 5 par balles et 2 dans un état très critique. Plusieurs dizaines d’arrestations ont également été enregistrées dont un groupe de femmes à Lansanaya », indiquent les opposants dans un communiqué publié dans la soirée de ce lundi 20 juillet 2020.

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Le FNDC « félicite et salue le courage » des populations de Conakry et de ses alentours qui, selon lui, malgré une pluie diurne et une forte une forte militarisation des villes, ont répondu à son appel.

« Il résulte de cette mobilisation la paralysie totale ou partielle selon les lieux  à Conakry, Coyah et Dubréka », indique l’opposition qui accuse le Ministre en charge de la Sécurité de vouloir occulter le lourd bilan de la manifestation et de nier l’évidence de l’usage des armes de guerre contre les manifestants. 

Annonçant la poursuite de la mobilisation jusqu’au départ du Président Alpha Condé, le FNDC a condamné la récidive dans la violation flagrante des droits humains par le régime en place.

A chacun son Bilan

A l’opposé, le gouvernement dresse un bilan tout à fait contraire à celui du FNDC. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le ministère de la Sécurité a indique que l’appel du FNDC n’a pratiquement pas été suivi ce lundi 20 juillet 2020. « Quelques groupes de loubards se sont livrés à des actes d’incivisme et de troubles à l’ordre public entrainant le ralentissement par moments de la circulation et la fermeture des commerces dans certaines parties de Conakry, Coyah, Dubréka et Mamou », minimise le gouvernement.

Le mouvement n’a été suivi dans aucune des trente (30) autres préfectures du pays où les populations ont vaqué librement à leurs affaires, ajoute le gouvernement, qui souligne que les forces de l’ordre déployées très tôt le matin sont intervenues promptement dans chaque circonstance pour rétablir l’ordre dans les secteurs affectés.

Six interpellations pour troubles à l’ordre public

 « A Hamdallaye-Concasseur dans la Commune de Ratoma, l’adjudant de police Turpin YATTARA a été grièvement blessé par jets de pierres et admis dans une structure hospitalière. Plusieurs autres policiers et gendarmes ont également subi des blessures », selon la note de la police, qui précise qu’aucun cas de blessé civil en lien avec les échauffourées n’a été constaté ou rapporté par les services de sécurité ou hospitaliers

 « A Friguiadi dans la sous-préfecture de Manéah (Coyah), le Président du district a été caillassé à bord de son véhicule. Certaines tentatives d’atteinte aux biens privés ou publics ainsi que de poses de barricades ont été purement et simplement repoussées. Au cours de la journée, six (06) individus ont été interpellés pour troubles à l’ordre public dont trois (03) à Friguiadi et trois (03) à Taouyah petit-Lac », indique le ministère de la Sécurité.

 Affaire à suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Créé le Lundi 20 juillet 2020 à 21:08