Libérée après trois mois de prison, une militante du FNDC fait des révélations…

Echo de nos régions
Oumou Bah et ses codetenues
Oumou Bah et ses codetenues

MAMOU-Arrêtée en marge du double scrutin controversé du 22 mars, jugée ensuite condamnée à trois (3) mois d’emprisonnement ferme mademoiselle  Oumou Barry fait des révélations fracassantes, après sa libération. Cette militante du FNDC à Timbo a été  libérée ce mardi 23 juin avec deux de ses collaboratrices. Ce mercredi 24 juin, elles ont été accueillies en héroïnes à Timbo par une foule compacte d’admirateurs de leur combat.

Ces trois femmes ont été accusées d’avoir empêché le vote du 22 mars. Après avoir purgé leur peine, elles ont accepté de témoigner. Interrogé par notre correspondant dans la région de Mamou, Mademoiselle Oumou Bah a fait des révélations, avouant qu’elle a bel et bien part à l’incendie et au saccage des bureaux de vote à Kegneko. Comment ont-elles passé les trois mois en prison ? Cette militante du FNDC raconte…

« Vous savez qu’il n’y a pas eu de vote à Timbo parce qu’on avait empêché. Quand on a appris que le vote  se déroule à Kegneko, nous nous sommes rendues là-bas. On les a menacés tout en disant que cela ne va pas marcher. On a agressé les gens dans les bureaux de vote et brulé le matériel électoral. Entretemps, des bérets rouges sont venus nous arrêter. Tous les Hommes avaient échappés. On n’a arrêté que 3 femmes. C’est nous-mêmes qui avons brulés le matériel électoral à Kegneko le 22. Les bérets rouges sont venus nous embarquer pour Mamou.

On est venue à la gendarmerie et on nous a interrogées. Là-bas on a nié les faits car on risquait  d’aggraver notre situation. Plusieurs jeunes allaient être inculpés. On a changé de version en disant  qu’on était venu à une cérémonie. Nous avons été  jugées et condamnées. En première position ils avaient prononcé 6 mois de prison contre nous. Mais les avocats se sont battus et ils ont maintenu 3 mois de prison ferme. On n’a accepté cela. Ils nous ont enfermés et c’est hier qu’on a recouvré notre liberté. On était à la maison centrale de Mamou, mais on n’a pas été maltraitée en prison plutôt on nous consolait là-bas. L’antenne régionale du FNDC à Mamou nous avait bien soutenus là-bas, idem que nos familles.

Moi je ne regrette rien. Je suis toujours derrière le FNDC.  Je sortirai toujours mais je ne gâterai plus rien. On a payé 3 millions d’amende avant de sortir. Je demande aux citoyens de prendre courage. Que personne ne se décourage. Incha Allah la lutte va payer  un jour », témoigne Mademoiselle Oumou Bah.

Au lendemain des élections du 22 mars, le maire de la commune rurale de Kégneko et plusieurs de ses proches avaient été arrêtés pour les mêmes faits. Ils avaient fait plusieurs semaines en prison avant d’être libérés plus tard. Pendant ces manifestations, un jeune avait reçu une balle qui lui a été fatale. Le maire de Kegneko avait ouvertement accusé le commissaire de police de Kégnéko. Une accusation qui lui a coûté la prison.

Habib Samaké

Correspondant régional

D’Africaguinee.com à Mamou

Créé le Mercredi 24 juin 2020 à 17:45

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