Gaoual sur le kidnapping de "Gongorê": "Le but est de l’amener à avouer que c’est Hadja Halimatou..."

Enlèvement d'opposants à Conakry

CONAKRY-Lamarana Gongoré Bah, militant actif du parti de Cellou Dalein Diallo, l’union des forces démocratiques de Guinée a été enlevé la semaine dernière à Conakry. Sur une vidéo qui a abondement circulé sur la toile le lendemain de sa disparition, on voit ce partisan du  principal parti d’opposition en Guinée soumis à un interrogatoire pour lui extorquer des aveux.

Interrogé sur l’enlèvement de ce jeune militant de l’UFDG, Ousmane Gaoual Diallo a fait des révélations. Dénonçant des actes de tortures que Gongoré aurait subies de la part de ses ravisseurs, le directeur de la cellule de communication de l’UFDG soutient que le but recherché est d’extorquer à ce jeune des aveux pour incriminer des hauts responsables du parti sur les crimes commis sur l’axe. Explications.

« Le jeune Lamarana Gongoré est un militant de l’UFDG connu, ce n’est pas un délinquant. Il a fait l’objet d’un enlèvement. Il a été kidnappé dans la nuit du jeudi  à vendredi 29 mai. C’est lorsque très tard sa femme, ne le voyant pas rentrer,  nous avons commencé à nous inquiéter. Le samedi on a vu circuler cette vidéo manifestement prise par les forces de sécurité où on voit un garçon qui n’est pas tout à fait dans son état normal. Ce dimanche 31 mai, on  vu d’autres images de lui extrêmement violentes qui sont insoutenables. Il y a des traces de torture, un visage ensanglanté.

C’est quelque chose qui ne laisse aucun doute sur les objectifs recherchés par ce gouvernement qui se livre à des kidnappings des citoyens et à des tortures. Mais il doit savoir que d’un jour ou l’autre, les auteurs et les commanditaires répondront de ces actions. Tout ce qui adviendra à ce jeune comme beaucoup d’autres jeunes qui ont disparu  ces derniers temps, le gouvernement d’Alpha Condé sera tenu responsable.

Pour l’UFDG, nous condamnons cela et nous exigeons que ceux qui ont été arrêtés soient libérés le plus rapidement possible et que ceux qui se sont livrés à leurs enlèvements soient poursuivis. Si la justice a besoin d’arrêter un citoyen quel qu’il soit, les procédures sont édictées dans notre code de procédure pénal et dans le code pénal guinéen. Il faut que le gouvernement arrête d’agir de façon illégale par des méthodes d’un autre âge qui consiste à aller enlever des citoyens, les torturer, les extorquer des aveux qui n’ont aucun fondement et les livrer à des bourreaux. Que ceux qui agissent aujourd’hui que ce soit au niveau de la police, de la gendarmerie, de l’armée, qu’ils aient sur leur conscience que tous ce qu’ils font aujourd’hui va se retourner contre eux demain. La Guinée ne continuera pas à plier le genou sous la dictature. Aujourd’hui tout le visage de Lamarana est boursoufflé, il a fait l’objet de torture. On dirait qu’on l’a cogné avec les crosses des armes ou des matraques sur le visage. C’est extrêmement grave.

Mais il faut le noter, l’objectif c’est de l’amener à reconnaître que c’est Hadja Halimatou Diallo et Ousmane Gaoual qui finançons  les crimes dans  les rues de l’axe. Ils l’ont cuisiné longtemps pour qu’il  dise ça. Si l’Etat guinéen estime que c’est Ousmane Gaoual et Hadja Halimatou qui sont les auteurs de ces crimes, mais nous ne sommes pas des fantômes, nous sommes en Guinée et nous jouissons encore de nos droits civiques. Que la justice nous convoque, on répondra. Ce n’est pas la peine de torturer des enfants pour leur extorquer des aveux. S’ils ont des éléments de preuves, qu’ils nous inculpent. Mais qu’ils arrêtent de torturer des citoyens, de tuer des gens innocemment. Mais le peuple répondra un jour ou l’autre de ces attitudes criminelles qu’ils sont en train de propager dans le pays aujourd’hui », a martelé Ousmane Gaoual Diallo interrogé ce lundi 1er juin 2020 par Africaguinee.com.

 Les cas d’enlèvements et de disparition font légion en Guinée. A Bomboli, un jeune nommé Alsény est perdu de vue depuis quelques temps. Les organisations internationales de défense des droits humains, Human Rigths Watch, Amnesty International, la FIDH ont souvent dénoncé des actes de tortures et des disparitions forcées dans le pays. Les autorités guinéennes sont également accusées d’instrumentaliser la pandémie  de Covid-19 pour régler des comptes sur les opposants. Lesquels d’ailleurs projettent de nouvelles manifestations dans le pays pour exiger la libération de leurs militants arrêtés et détenus dans les prisons du pays, touchées par le Covid-19.

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Lundi 01 juin 2020 à 14:34