Bah Oury : « Il faut une transition politique en Guinée… »

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Bah Oury
Bah Oury

CONAKRY- Faut-il une nouvelle transition politique en Guinée ? Alors que le bras de fer entre le pouvoir d’Alpha Condé et ses opposants se poursuit, Bah Oury a fait une proposition de sortie de crise. Selon cet opposant, l’instauration d’une transition politique est un passage obligé pour garantir la stabilité du pays. 

« Par rapport à la question de l’évolution politique de la Guinée, à partir du moment où on a la nécessité d’avoir un fichier électoral totalement assaini ; Donc il faut reprendre totalement le fichier électoral, il faut nécessairement revoir les textes, le socle sur lequel les institutions seront bâties, c’est à dire la Constitution, du fait que les autorités actuelles ont dans une certaine mesure semé le désordre au niveau de la Constitution, il est nécessaire d’avoir une transition politique pour remettre tout en ordre afin que le prochain Président de la République qui pourrait être élu puisse gouverner la Guinée dans la stabilité et dans un processus qui permette d’évoluer dans le sens du développement », a indiqué Bah Oury.

Les opposants au pouvoir du Président Alpha Condé rejettent encore le double scrutin du 22 mars dernier qui s’est soldé par l’adoption d’une nouvelle Constitution. Si certains observateurs craignent le retard dans l’organisation de la prochaine élection présidentielle en Guinée à cause de la crise sanitaire liée au Coronavirus, Bah Oury prévient quant à lui qu’aucun glissement ne sera envisagé. 

« Par rapport au régime actuel, à la fin de son mandant, il n’est pas du tout admissible qu’il puisse y avoir un glissement comme si c’est une simple continuité. La Guinée doit nécessairement s’engager dans une transition politique », préconise l’ancien Ministre de la réconciliation nationale qui rappelle certains « fondamentaux » de la transition politique.

« La priorité à l’heure actuelle c’est l’instauration d’une transition politique dans notre pays pour remettre les choses au bon endroit. Nous naviguons à vue. Nous sommes dans un contexte où les institutions ont toutes été corrompues. Nous n’avons pas un système électoral conséquent. Le système constitutionnel est mis en sens dessus dessous », dénonce Bah Oury qui estime que trois chantiers majeurs doivent être la priorité des « futurs » dirigeants de la transition qu’il préconise. 

« En ce qui concerne le temps il y a deux chantiers extrêmement importants qui pourraient être inscrits dans le cadre de la transition. Premièrement, la reprise intégrale du fichier électoral qui permettra de recenser tous les guinéens, aussi bien ceux de l’intérieur que ceux de l’extérieur. Deuxièmement, remettre en forme le système constitutionnel du pays pour remettre au bon endroit les fondamentaux de l’Etat de droit guinéen qui ont été totalement bafoués. Troisièmement, il est indispensable dans le contexte de confusion politique et mentale qui a été instauré afin de sauvegarder les possibilités de réconciliation, de faire émerger les grandes valeurs et les grands principes ; C’est à dire le socle démocratique sur lequel tous les acteurs politiques et sociaux devront s’entendre de manière définitive afin d’assurer la stabilité future de l’Etat guinéen. C’est indispensable. Ça peut prendre le temps que ça pourrait prendre. Mais je pense qu’en douze mois il est possible d’assurer une bonne transition dans le sens de l’émergence des formes institutionnelles assurant la stabilité et la paix dans le pays », a souligné M. Bah qui a été interrogé par un journaliste d’Africaguinee.com.

 

Ahmed Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le Jeudi 21 mai 2020 à 14:47