Alerte Coronavirus : des risques élevés au niveau des postes frontaliers à Mali…

Coronavirus en Guinée

MALI-Pour lutter contre la propagation de l’épidémie de Coronavirus, le Président de la République a décrété l’Etat d’urgence sanitaire, tout en ordonnant la fermeture des terrestres (entrées-sorties). Cette mesure a du mal à être appliquée sur certains postes frontaliers. Certains citoyens profitent de la porosité des frontières pour aller ou venir, sans faire un test de dépistage ni être suivi. Cette situation expose les populations à la base à de graves risques sanitaires. Dans la préfecture de Mali Yembering qui est ouverte au Sénégal à travers plusieurs postes frontaliers, les risques sont énormes. Certains citoyens traversent la frontière pour aller à des marchés hebdomadaires, des deux côtés de la frontière. Pour contourner la vigilance des autorités, certains citoyens venus d’Europe contournent les postes officiels pour rallier la Guinée en catimini, en empruntant des petits sentiers en brousse. Une situation qui inquiète les autorités sanitaires du pays.

« Nous avons actuellement eu deux personnes. L’une venue de la France et l’autre de l’Angleterre. On s’est intéressé à ces deux cas. Celui venu de la France est passé par l’aéroport avec tous ses documents. Il a fait un mois de séjour en Guinée. En matière d’incubation il est épargné. Cet après-midi on nous a parlé du Monsieur venu de l’Angleterre. Une équipe ira vers lui pour une prise de contact. Nous attendons sa situation avec le chef de centre de Yembering. En dehors de ces deux personnes nous n’avons pas eu un malade chez nous ou un cas suspect. Tous ceux qui viennent des pays touchés par la pandémie, ont reçu des instructions fermes de rester dans le district où ils sont. En cas de symptôme, il leur a été demandé de se présenter au centre de santé le plus proche » a déclaré Docteur Tomou Fangamou, directeur préfectoral de la santé de Mali. 

Il exprime toutefois des craintes par rapport à la porosité de la frontière. 

« Nous avons mis 9 postes de contrôle le long des frontières qui sont parfois contournés à cause des multiples petits chemins pour entrer. Nous avons de gros soucis avec ça. Comme vous le savez, Mali avec ces villages frontaliers, Lougué, Lebekering, Balaki et Touba, le tiers de la population se retrouve à Kédougou (territoire sénégalais, Ndlr). Même si la frontière est fermée, certains peuvent passer. Il y a des petites portes ou des couloirs qu’ils empruntent. Quel que soit notre stratégie locale, nous ne pouvons pas les empêcher de rentrer. C’est des risques mais avec l’appui de l’ANSS (Agence nationale de sécurité sanitaire, Ndlr) de Mali, nous avons formé 124 personnes pour les suivis dans les villages et nous avons 123 postes de santé dont certains le long des frontières. Une fois en territoire guinéen, on suit les gens. En ce qui concerne les postes frontaliers officiels, la décision de fermeture est appliquée à la lettre », explique Dr. Fangamou. 

Le préfet de Mali que nous avons interrogé sur ce sujet a expliqué que des dispositions sont prises pour endiguer les entrées frauduleuses. 

« Nous avons réuni le comité de défense et de sécurité pour veiller davantage à nos frontières parce que depuis un certain moment, nous assistons à un retour massif des ressortissants guinéens vivants au Sénégal.  Vous savez que la frontière est très poreuse. A Mali nous avons 4 postes frontaliers officiellement reconnus, mais en dehors de ces postes il y a d’autres pistes que les revenants empruntent qui sont difficiles à contrôler. Le comité de défense et de sécurité a déterminé certains endroits par lesquels les gens sont obligés de passer pour contrôler davantage ceux qui reviennent du Sénégal.

Du côté de Toubabagadadji, nous avons retenu le poste de Kembouré qui fait immédiatement frontière avec le Sénégal où nous avons mis le nécessaire pour le contrôle. Au poste de Lebekering qui fait aussi frontière avec le Sénégal aussi précisément à GadhaLougguè, à ce niveau il y a un dispositif pour contrôler les entrées et les sorties. Tous ceux qui reviennent sont contrôlés et leurs adresses notées avant qu’ils ne continuent. Ensuite à Balaki , à Foulaya précisément, là aussi les dispositifs sont là, kits de lavage de mains et contrôle des températures des revenants, toujours du côté de  Balaki  notamment dans Niafou qui est à la fois un poste d’entrée de la République du Mali d’une part et du Sénégal d’autre part. Les mêmes dispositifs sont mis en place. Nous avons pensé aux petits chemins, par exemple à Louggué il y a des contours que les gens utilisent même les conducteurs de moto pour éviter les postes de contrôle. Nous avons mis un poste comme base arrière à Lebekering à un niveau qui est un passage obligé pour tous ceux passent par là. A Balaki c’est au niveau du fleuve Gambie que le poste arrière est mis à tous ces points nous avons mis des dispositifs sécuritaires et sanitaires pour veiller au contrôle strict. 

Depuis que ces mesures ont été prises, à Teliré nous avons rencontré quelques cas considérés comme suspects mais après vérification nous trouvons qu’ils ne sont pas porteurs de la maladie. Dans la journée de ce mercredi, nous avons enregistré un décès communautaire d’un Monsieur qui est rentré au pays le jeudi passé à Mali ici il vient de Dakar. Il ne s’est pas présenté mais son arrivé précède la décision du président. Il est décédé la nuit dernière toutes les dispositions sont prises pour vérifier la cause de son décès avant de procéder à l’enterrement » rassure le préfet de Mali, Elhadj Harouna Souaré. 

Il faut noter que la région de Labé a enregistré 19 entrées de guinéens qui vivaient en Europe dont un cas suspect venu de l’Espagne découvert dans la sous-préfecture de Popodara, préfecture de Labé. Il a été évacué à Conakry pour un test, en attendant les résultats ses proches et toute la communauté retiennent leur souffle parce que les contacts sont nombreux dans son village. 

 

Alpha Ousmane Bah (AOB)

Pour africaguinee.com

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Créé le Mercredi 01 avril 2020 à 16:36