Conakry : les enlèvements "d'opposants " continuent en banlieue…

Enlèvement à Conakry
Hawaou Sow
Hawaou Sow

CONAKRY-Les enlèvements nocturnes continuent à Conakry ! Des hommes cagoulés habillés en uniformes ont kidnappé trois (3) personnes dans la nuit du vendredi 13 à samedi 14 mars 2020 dans les environs du 2h du matin à Cosa Bantounka 1 dans la commune de Ratoma.

Ces agents encagoulés et armés ont défoncé la porte d’une concession avant d’enlever trois jeunes en plein sommeil. Siradjo Barry 27 ans boulanger, Ousmane Diallo 32 ans, marchand, et Abdourahime Sow 18 ans, mécanicien de profession restent introuvables pour le moment. Après l’arrestation de ces trois personnes, ces agents ont ensuite volé tous les téléphones portables qui étaient dans la concession.

Au domicile de la famille Sow à Bantouka 1, les proches de ces personnes kidnappées sont partagés entre peur et inquiétude. Interrogée par un journaliste de notre rédaction, Hawaou Sow qui a vécu les faits nous a raconté comment ces hommes encagoulés et armés ont pu défoncer la porte de leur concession avant d’arrêter ces trois citoyens.

« Dans la nuit du vendredi 13 à samedi 14 mars 2020 dans les environs du 2h du matin, des agents sont venus taper à notre porte nous demandant d’ouvrir la porte. On leur a demandé qui ils étaient ? Un d’entre eux nous a répondu qu’il s’appelait Saliou, ma maman lui répondu qu’on n’avait pas  quelqu’un qui s’appelle Saliou ici et qu’on ne connait pas non plus quelqu’un du nom de Saliou. Ensuite, notre locateur Ousmane Diallo a demandé à ma maman d’accepter d’ouvrir la porte pour connaitre l’intéressé. Après, ma maman a dit non peut-être que  c’est un soulard. En ce moment l’assaillant était au niveau de la porte de sortie. Ma mère s’est dirigée vers la grande porte mais dès qu’elle l’a ouvert, elle a aperçu les forces de sécurité qui étaient armées. Après elle refermé la porte en criant au secours pour dire qu’on était attaqué par des bandits.

Dans la débandade, ma jeune sœur a jeté coup d’œil par la fenêtre et elle a vu plusieurs d’agents. Elle a dit à ma maman que ce n’était pas des bandits mais plutôt des forces de sécurité. Après, on a ouvert les fenêtres. Les agents nous ont demandé de les refermer sinon il allait tirer sur nous. Et dès qu’on a commencé à pleurer pour appeler des secours, l’un des agents nous a dit qu’ils n’étaient pas des bandits mais que c’était la police qui était venue pour notre sécurité et que si on n’ouvrait pas la porte, eux ils allaient défoncer la porter pour entrer et nous éliminer tous. Je leur ai demandé de m’attendre pour que je puisse prendre mon enfant parce qu’il pleurait en ce moment.  Ils m’ont répondu que c’était déjà trop tard. C’est ainsi qu’ils ont creusé le mur et défoncer la porte et ils sont entrés dans la maison. Ils ont fouillé partout : même nos habits ils ont tout renversé, mais ils n’ont rien trouvé. Après ils ont menotté les jeunes qui étaient avec nous dans la maison et ils les ont emmené avec eux. Lorsqu’ils sortaient ma mère voulait les suivre. Ils nous ont dit que si quelqu’un les suivait, ils n’allaient pas hésiter de tirer sur l’intéressé », a raconté madame Sow.

Où ces jeunes sont-ils détenus ? Notre interlocutrice indique qu’ils ont appris qu’ils seraient détenus à la Direction Centrale de la Police judiciaire DPJ sise à Kaloum.

« Ce matin, mon grand frère a eu des renseignements qu’ils se trouvaient à la DPJ mais on ne nous a rien dit sur les motifs de leur arrestations. Et lorsqu’ils sont entrés dans la maison ils ont pris tous nos téléphones. Le nommé Ousmane Diallo a fait au moins 13 ans dans cette concession mais jamais on a entendu un problème derrière lui et pareil pour Siradjo Barry. Mon jeune frère aussi Abdourahime Sow est mécanicien, il n’a aucun problème qui justice leur arrestation » ,a expliqué Hawaou Sow.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

 

Créé le Lundi 16 mars 2020 à 13:06

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