PARJU: Terre des Hommes organise un atelier de capitalisation des expériences…

Programme d'appui à la réforme de la Justice
Atelier de capitalisation du Parju organisé par Terre des Hommes
Atelier de capitalisation du Parju organisé par Terre des Hommes

CONAKRY- Dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’appui à la réforme du secteur de la justice (PARJU) fiancé par l’Union Européenne, l’ONG Terre des hommes (Tdh) a été sollicitée sur le volet de l’amélioration des conditions de vie et l’appui à la réinsertion socio-professionnelle des détenus dans 9 établissements pénitentiaires du pays.

Au terme de 36 mois de mise en œuvre, Terre des hommes organise un atelier de capitalisation des expériences les 11 et 12 mars 2020 au Ministère de la Justice. L’ouverture dudit atelier présidée par le ministre de la justice garde des sceaux a réuni ce mercredi 11 mars 2020, les principaux acteurs ayant contribué à la réalisation des activités sur les 9 sites ainsi que les partenaires de collaboration et de financement.

Conscient de l’enjeu majeur que revêt l’activité, Terre des Hommes se fixe comme objectif principal, la mobilisation de tous les partenaires et acteurs impliqués en vue de présenter, partager, apprécier et analyser l’ensemble des activités réalisées ainsi que les résultats obtenus. La rencontre va également permettre de poser les jalons des perspectives en termes de recommandations/suggestions pour favoriser une pérennisation des actions portées en faveur des bénéficiaires.

Le ministre guinéen de la justice qui a présidé l’ouverture de cet atelier, a dans son discours de circonstance a rappelé que ce programme a d’une importance capitale pour le gouvernement notamment la formation des magistrats, la révision du code l’enfant et la santé carcérale.

« L’organisation de ce présent atelier s’inscrit dans le cadre de la capitalisation des acquis du PARJU sur la mise en œuvre de la subvention accordée à Terre des Hommes pour l’amélioration des conditions de vie des tenus dans les neufs (9) prisons pilotes du pays. La mise en œuvre du programme porte essentiellement sur l’amélioration des infrastructures, l’appui et la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes à l’intérieur et à l’extérieur des prisons dans plusieurs métiers. L’amélioration de  l’accès à la justice notamment la formation des magistrats, la révision du code de l’enfant, la santé carcérale notamment la réhabilitation et la dotation en matériel de certaines infirmeries comme celles de Conakry, la dotation des médicaments essentiels, la formation du personnel médical et du pénitencier et l’amélioration de l’hygiène et la distribution de nombreux kits d’hygiènes », a expliqué Mohamed Lamine Fofana.

Financé par l’Union Européenne pour une durée de 36 mois, les neufs (9) établissements pénitentiaires pilotes qui ont bénéficié de ce projet sont Conakry, Coyah, Boké, Kindia, Mamou, Labé, Kankan, Siguiri et N'Nzérékoré.

Dans son intervention, David Bridier, le représentant pays de l’ONG Terre des Hommes en Guinée, a indiqué que plusieurs efforts ont été fournis dans le cadre de la réalisation de ce programme. Mais insiste-t-il, de nombreux points restent à améliorer afin de répondre aux besoins des détenus.

« Aujourd’hui nous sommes conscients qu’après ces 3 ans de travail nous sommes au milieu du gué. Il y a encore beaucoup de points d’amélioration à accomplir pour répondre aux besoins des détenus et accroître les capacités des ex-détenus dans leur réinsertion socioprofessionnelle. A titre d’exemple, sur le volet infrastructure nous sommes inquiets quant à l’entretien et à la maintenance des bâtiments. Concernant la réinsertion socioprofessionnelle et de jugement des détenus, il serait important aujourd’hui que des dispositifs puissent se mettre en place comme par exemple la possibilité aux juges d’applications des peines de proposer des peines alternatives. Dans ce même registre, la création d’un tribunal pour enfant serait une solution qui permettrait de réduire de manière conséquente le nombre de prévenus et d’accélérer les peines alternatives. Au niveau de la santé, nous nous inquiétons de la disponibilité du personnel de santé et des médicaments au sein des établissements pénitenciers ainsi que la réactivation du protocole d’accord entre le ministère de la santé et de la justice à l’issu du projet », a déroulé le représentant pays de l’ONG Terre des Hommes en Guinée.

Le PARJU vise à appuyer les efforts du Gouvernement en matière de consolidation de l'Etat de droit, de gouvernance, de promotion des principes démocratiques et de respect des droits humains, en particulier dans le domaine de la justice et de la lutte contre l'impunité en République de Guinée.

Au cours de cet atelier de deux jours, plusieurs points  inscrits à l’ordre du jour seront débattus. A savoir : présenter le projet PARJU dans son ensemble par la Délégation de l’Union Européenne (DUE) en Guinée, présenter l’axe 3 du PARJU réalisé par Tdh (Volet de réhabilitation des infrastructures pénitentiaires et la réinsertion socioprofessionnelle des détenus et ex détenus), présenter les résultats du projet PARJU/Tdh, présenter les défis post projet et faire le plaidoyer auprès des bailleurs (UE, USAID, BM, UK...) de la nécessité de poursuivre l’appui au Ministère de la Justice dans les lieux de détention.

Avant de proposer d’autres solutions qui pourront, selon lui,  améliorer les actions de ce programme, le chef de cabinet du ministère de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, a formulé des remerciements à l’endroit de l’ONG Terre des Hommes pour son appui au gouvernement guinéen. 

« Au nom de la ministre de l’action sociale, je remercie Terre des Hommes pour son appui aux efforts du gouvernement en matière de la consolidation de l’état de droit, de la gouvernance, de la promotion des principes démocratiques et du respect des droits humains en particulier dans le domaine de la justice et de la lutte contre l’impunité en Guinée. En dépit de ces efforts, il me semble plus que fondamental d’insister sur les points qui vont se poursuivre pour l’avenir des enfants incarcérés. Il s’agit entre autres, de développer la médiation pénale pour les enfants et les femmes pour éradiquer l’incarcération pour des délits, mettre en place des peines alternatives à la détention pour les mineurs et les femmes, assurer des formations tant à l’interne qu’à la sortie de prison des mineurs et les femmes pour une meilleure insertion socioprofessionnelle », a proposé Idrissa Sané.

Crée en 1960, Terre des Hommes est une organisation suisse qui construit un avenir meilleur pour les enfants démunis et leurs communautés grâce à des approches novatrices et des solutions concrètes et durables. Terres des Hommes est active dans plus de 35 pays à travers le monde. Elle développe et met en place des projets qui permettent d’améliorer la vie quotidienne des enfants et leurs proches notamment dans les domaines de la santé et de la protection. En Guinée, Terre des Hommes travaille dans ce but depuis 1987.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

Créé le Mercredi 11 mars 2020 à 17:31