Grève des enseignants: le constat dans les principales villes de l’intérieur du pays…

Grève des enseignants
Des élèves sommés de rentrer faute d'enseignants à Labé
Des élèves sommés de rentrer faute d'enseignants à Labé

Le Syndicat libre des enseignants-chercheurs de Guinée a déclenché ce jeudi 9 janvier 2020 une grève générale illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Le mot d’ordre a-t-il été suivi ? Constat dans les principales villes  de l’intérieur du pays. 

Les cours paralysés dans la région de Labé

Dans la région de Labé, la grève générale illimitée déclenchée par le Slecg d’Aboubacar Soumah est largement suivie. Le constat est sans appel dans la commune urbaine de Labé. Les cours sont paralysés dans plusieurs écoles sillonnées dans la matinée par notre correspondant. La psychose qui a gagné les parents d’élèves depuis lundi a eu un effet. Ce jeudi, la plus part  n’ont pas voulu  laisser leurs enfants partir à l’école.

Au collège Konkola, une seule salle de classe contenant une dizaine d’élèves fonctionne. C'est le directeur des études qui donne les cours. Les autres calsses du même établissement sont vides alors que la direction est ouverte mais la morosité est  totale. Au groupe scolaire St André tout près, une trentaine d’élèves qui se trouvait dans quelques classes  du secondaire ont été finalement libérés par les encadreurs de peur d’etre attaqués. La même réalité se dégage au complexe scolaire Yacine Diallo où quelques élèves de la 10ème année  et de la terminale ont répondu présents. Mais l’ambiance  habituelle n’y est pas. L’élémentaire et la maternelle sont complètement fermés.

Dans les principaux lycées de la ville (Hoggo mbouro et lycée Wouro) les classes sont désertes. À Wouro sur 13 classes, deux seulement fonctionnent avec le minimum de service avec quelques élèves. Les enseignants ont déserté les classes. A Hoggo Mbouro aussi une cinquantaine d’élèves ont répondu présents, mais les enseignants ont brillé par leur absence. Des échauffourées ont éclaté dans certains endroits où les élèves du publics se sont attaqués à certaines écoles privées dans lesquelles, les cours étaient suivis.

Le même constat se dégage dans les villes de Koundara, Lelouma, Koubia et A Mali Yembereing.

Constat mitigé à Kindia…

Dans la cité des agrumes, l’appel du secrétaire général du SLECG Aboubacar Soumah est partiellement suivi, a-t-on constaté à travers notre correspondant. C’est le constat qui se dégage au collège Saracoleah, collège Fissa, l'école primaire Kindia 1, le collège Sambaya et autres sont remplis d'élèves mais pas de professeur. Dans certains établissements publics, l'absence des enseignants titulaires et contractuels est visible. Par contre dans d’autres, les cours ont fonctionné normalement.

Interrogé sur cette grève une enseignante qui a abandonné les cours et qui a gardé l'anonymat explique pourquoi elle est restée à la maison : « C'est parce que nous sommes derrière Aboubacar Soumah. Nous luttons pour la même cause. Notre intégration à la fonction publique et l'augmentation des salaires. Nous voulons notre prise en charge par l'État. Depuis l'année passée nous sommes des contractuels non intégrés à la fonction publique. Nous sommes derrière le secrétaire général du SLECG le général Aboubacar Soumah », a lancé cette enseignante.

A Boké, les  enseignants boudent les écoles…

Dans la cité minière de Boké, le suivi du mot d’ordre lancé par le Slecg a été partiel dans certains établissements de la commune urbaine. Au lycée Yomboya  en passant par le complexe Filira  jusqu'à Correrah, seulement quelques élèves et enseignants étaient visibles dans les salles de classe. Dans les écoles privées, élèves et encadreurs, tous ont répondu présents dans leurs établissements respectifs.

Les enseignants désertent les classes à Nzérékoré…

A Nzérékoré, la grève lancée par le SLECG a été suivie par les enseignants. Dans la plupart des établissements publics de la place, les professeurs ont brillé par leur absence. C’est le cas du collège lycée Alpha Yaya Diallo, Général Lansana Conté et du lycée Félix Roland Momié.

A Macenta, si certains professeurs ont répondu à l’appel du SLECG, d’autres par contre se sont rendus dans les écoles pour donner cours. Du coté de Kissidougou, la grève a été suivie à la lettre.

Selon nos informations, seules les écoles privées  ont fait cours dans cette préfecture. A Lola, les élèves qui se sont rendus dans les  écoles ont rebroussé chemin à cause l’absence des professeurs dans les classes.

Mamou s’aligne derrière Soumah…

La grève déclenchée par le SLECG d'Aboubacar Soumah a impacté  le déroulement normal des cours dans la ville carrefour. Plusieurs enseignants du secondaire n'ont pas répondu à l'appel des autorités préfectorales de l'éducation qui pourtant avaient proféré des menaces à l'endroit des enseignants grévistes.

Dans les écoles que nous avons sillonnés, des élèves ont été trouvés mais l'absence de la plus part du corps professoral était visible sur le terrain. C'est pourquoi les élèves du public qui n’ont pas fait cours sont allés déloger les écoles privées par des jets de pierres.

Dans la région de Kankan,  la grève moins suivie…

Dans la préfecture de Kerouané, les cours se sont tenus jusqu’à Midi selon le directeur préfectoral de l’éducation Mamady Camara.

«  Les jeudis les écoles élémentaires n’étudient mais au collège par exemple 4 enseignants sur 6 sont venus enseigner soit 2 absents, au lycée également 9 professeurs sont venus et les élèves sont massivement venus comme d’habitude », explique ce responsable de l’éducation. 

Dans le centre-ville de Kankan tout semble aller sur des roulettes selon un habitant joint dans le Nabaya : «  ici les écoles sont ouvertes comme d’habitude il n’y a pas de problème » a expliqué ISK

A suivre…

Une synthèse de la rédaction avec la coordination des correspondants

Créé le Jeudi 09 janvier 2020 à 14:04

TAGS